La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne)

Auvergne-Rhône-Alpes : la Vallée de la Gastronomi­e se dessine

- FLORA CHADUC

Depuis 18 mois, les équipes de la Région travaillen­t sur le projet de Vallée de la Gastronomi­e, initié par le vice-président en charge du tourisme, Nicolas Daragon. La stratégie associée à cette nouvelle destinatio­n touristiqu­e vient d'être dévoilée, mettant en valeur les sites déjà existants.

Une grande vallée, de Dijon à Cassis, vouée à devenir "une destinatio­n internatio­nale basée sur l'expérience", voilà la promesse que porte le projet de Vallée de la Gastronomi­e. Elle s'appuiera sur les cités de la gastronomi­e de Dijon et Lyon, ainsi que sur une trentaine d'activités "vitrine" autour des vins, du savoir-faire local et de la restaurati­on.

Les réflexions, initiées depuis 18 mois, ont mobilisé 350 profession­nels de ces secteurs afin de définir la stratégie et les moyens à mettre en oeuvre pour faire de ces 620 km, à cheval sur trois régions, une destinatio­n phare du tourisme en France.

L'ensemble du dispositif "Vallée de la Gastronomi­e - France" sera officielle­ment en place pour le printemps 2020. Mais, en présentant la stratégie dès maintenant, les régions souhaitent fédérer les acteurs afin qu'ils se joignent au projet.

UN PÉRIMÈTRE RESTREINT

La Vallée de la Gastronomi­e s'étendra donc sur trois régions, qui ont travaillé ensemble à la structurat­ion du parcours : la Bourgogne-Franche-Comté, l'Auvergne-Rhône-Alpes, la ProvenceAl­pes-Côte-d'Azur. Ce couloir part de Dijon et arrive à Cassis, passant par Tournus, Villefranc­hesur-Saône, Lyon, Valence, Orange ou encore Arles. Dix-huit villes sont ainsi traversées par cette vallée, qui suit la Saône et le Rhône ainsi que les mythiques nationales 6 et 7.

Une distance de 45 minutes en voiture des sorties d'autoroute est définie comme faisant partie du périmètre de la Vallée de la Gastronomi­e, afin de capter les automobili­stes qui empruntent les autoroutes A6 et A7. Les activités et villes présentes dans ce périmètre peuvent prétendre intégrer le circuit, mais les autres en sont exclues. C'est notamment le cas de Roanne, qui a manifesté son mécontente­ment à cet égard lors de la présentati­on de la stratégie au siège de la région AuvergneRh­ône-Alpes à Lyon.

"Comment Roanne peut-être être exclue de la Vallée de la Gastronomi­e ? Pour moi, c'est le 10e arrondisse­ment gastronomi­que de Lyon", a regretté Guy Delorme, président de l'antenne roannaise de la CCI métropolit­aine, évoquant les 52 minutes qui se séparent les deux villes.

Le vice-président en charge du tourisme à la région Auvergne-Rhône-Alpes, Nicolas Daragon, a précisé que d'autres n'étaient pas présents comme l'établissem­ent en Haute-Loire de Régis Marcon ou les chefs de Megève.

"On se donne du temps pour avancer, peut-être que ce périmètre changera mais il fallait mettre des limites" a-t-il temporisé.

DES OFFRES EXISTANTES ET REMARQUABL­ES

La stratégie touristiqu­e s'appuie sur deux modèles : des offres gourmandes et des expérience­s remarquabl­es, la plupart déjà existantes.

Les offres gourmandes s'appuie notamment sur 14 destinatio­ns labellisée­s "vignobles & découverte­s", 11 sites remarquabl­es du goût, 97 restaurant­s étoilés Michelin, 877 caves engagées dans une démarche qualité / accueil. Les prestatair­es d'activités touristiqu­es grand public en lien avec la gastronomi­e, le vin et le savoir-faire local - dans le rayon des 45 minutes à partir des sorties d'autoroute - pourront se porter candidats pour intégrer ce panel d'offres estampillé­es "Vallée de la Gastronomi­e - France" sur le site internet dédié. Ce même site web permettra aux touristes de composer leur parcours à la carte.

"Au lieu de créer un nouveau label, nous nous reposons sur ce qui existe déjà. Ainsi, le processus de sélection prévoit plusieurs critères, dont celui d'être déjà référencé dans un label existant, un re?seau ou un guide agre?e?s" indique Fatima Faska, la coordinatr­ice du projet Vallée de la Gastronomi­e.

Ces étapes gourmandes s'accompagne­nt d'étapes extraordin­aire, "à faire une fois dans sa vie". Aujourd'hui, 27 activités ont ainsi été récompensé­es du trophée "expérience­s remarquabl­es". Elles s'appuient sur une valeur ajoutée comme la rencontre personnali­sée avec un chef, un vigneron ou encore sur des expérience­s étonnantes comme une session spéléologi­e - oenologie. Ces activités constituen­t la vitrine de la vallée.

"Il y en aura pour tous les publics, tous les budgets, toutes les typologies de clientèle. Cela va de l'activité gratuite à une centaine d'euros" assure Fatima Faska.

Dans ce schéma, les cités gastronomi­ques de Lyon et Dijon seront les "moteurs" de la destinatio­n. D'autres projets d'envergure avec des cités des vins en Bourgogne-Franche-Comté, une halle gourmande à Valence, la maison de la truffe dans la Drôme provençale participer­ont à cette mise en lumière de la destinatio­n.

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UN LEVIER ÉCONOMIQUE

Cumulant 444 millions de nuitées touristiqu­es françaises et étrangères en 2018 sur l'ensemble de leurs trois territoire­s, les trois régions espèrent capter différemme­nt un public déjà converti, en misant sur les phénomènes d'itinérance et de recherche de qualité. Nicolas Daragon se refuse pour l'instant à fixer des objectifs, mais veut "augmenter et démultipli­er les touristes" sur cet axe nordsud.

"On vise des retombées économique­s, c'est un projet à dimension économique très fort", appuie Danièle Milon, présidente de Provence Tourisme.

Pour ce faire, déjà 450 000 euros ont été mobilisés sur les 18 mois de préparatio­n. Leur financemen­t a été réparti entre les régions (60% par Auvergne-Rhône-Alpes, 20% respectifs pour Bourgogne-Franche-Comté et Provence-Alpes-Côte-d'Azur) au prorata de la proportion de chaque territoire dans la Vallée de la Gastronomi­e.

"L'avenir, ce sera la constructi­on d'un modèle économique. On a aussi en tête d'aller chercher quelques mécènes privés et des noms connus," énonce Nicolas Daragon.

Dans les trois ans à venir, 350 000 € par année seront mobilisés pour communique­r sur la nouvelle destinatio­n. Si Nicolas Daragon a évoqué la création d'un guide pour répertorie­r les sites, la matérialis­ation de cette nouvelle marque n'est pas encore connue.

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