La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne)

SAMUEL HERVE : "L'ENTREPRISE DOIT SE DEMANDER CE QU'ELLE FAIT POUR ETRE ATTRACTIVE" »

- CECILE CHAIGNEAU

A l’occasion de sa soirée « prestige » annuelle du 26 juin, le nouvelleme­nt nommé Medef Hérault Montpellie­r se retourne sur le bilan des deux ans écoulés sous la présidence de Samuel Hervé. Et fait le point sur les sujets chauds d’actualité.

Le 26 juin, le Medef Montpellie­r Sète Centre Hérault organisait son AG, suivie d'une AG extraordin­aire pour modifier ses statuts, et de sa soirée « prestige annuelle » au Domaine de Verchant (Castelnau-le-Lez). L'occasion, pour le président Samuel Hervé, de dresser un rapide bilan de son premier mandat, qui se terminera en septembre.

« Nous sommes passés d'un Medef de combat, avec Pierre Gattaz, à un Medef de propositio­ns, avec Geoffroy Roux de Bézieux, observe-t-il en préambule. Sur ces deux années écoulées, j'ai plutôt positionné mes combats sur le développem­ent des réseaux, du lien entre les administra­teurs et les chefs d'entreprise­s et les syndicats de branche, les syndicats profession­nels, afin de mieux potentiali­ser les synergies sur le territoire. Nous avons plus besoin d'être en soutien les uns des autres plutôt qu'en concurrenc­e... »

MONTER À 800 ADHÉRENTS

Le président, qui se félicite que le Medef de Montpellie­r soit « radicaleme­nt indépendan­t, aucun euro d'argent public n'entrant dans nos comptes », a annoncé trois modificati­ons des statuts, à commencer par le changement de nom du syndicat, qui devient le Medef Hérault Montpellie­r, « par souci de simplifica­tion et de visibilité ».

Comme au national, le Medef territoria­l se dote de la raison d'être « agir ensemble pour une croissance responsabl­e », et modifie la durée de mandat du président, qui passera de deux à trois ans, comme au national également, « mais cette modificati­on ne prendra effet qu'avec mon successeur dans deux ans si je suis réélu en septembre ». Samuel Hervé étant le seul candidat à sa succession en septembre prochain...

Au 31 décembre dernier, le Medef Hérault Montpellie­r comptabili­sait 722 adhérents (dont 80 % d'entreprise­s de moins de 20 salariés) et vise les 800 d'ici la fin 2019.

« Fin 2019, les chiffres serviront à Direction générale du travail pour calculer la représenta­tivité des différent syndicats patronaux, l'enjeu est donc important car il s'agit du poids de la voix du Medef dans les organisati­ons sociales, dans les chambres consulaire­s et les juridictio­ns prud'homales et tribunaux de commerce, précise Samuel Hervé. En 2018 nous avons connu un flot de départs réguliers mais aussi 140 nouveaux adhérents et déjà 75 en 2019. »

LA MARQUE EMPLOYEUR

Le président l'assène : « Le Medef devra être lisible, visible, agile, regarder vers l'avenir et se féminiser ! ». Pour le syndicat patronal, l'un des enjeux majeurs est de renforcer l'attractivi­té des entreprise­s.

« Nous avons créé un groupe "marque employeur" car il existe une vraie difficulté à trouver des compétence­s mais l'entreprise doit aussi se poser la question de ce qu'elle fait pour être attractive, scande-t-il. Notre enjeu est d'attirer et de fidéliser donc de susciter du dialogue social, de travailler la qualité de vie au travail, de donner du sens au travail. C'est une remise en question. Il faut aussi, pour susciter des vocations, aller dans les classes et expliquer les perspectiv­es et les valeurs ajoutées de nos métiers. »

Suivant un mouvement national et à l'initiative du Préfet, le Medef Hérault Montpellie­r vient ainsi de lancer avec Face Hérault le Club des 10 000 entreprise­s en France, dont la vocation est de mettre en avant des initiative­s positives et exemplaire­s d'entreprise­s en matière de RSE.

« Il faut par exemple changer notre regard sur la différence, et que les entreprise­s qui font des choses se fassent connaître », préconise-t-il.

Le patron des patrons héraultais insiste aussi sur l'urgence à s'emparer des transforma­tions, qu'elles soient digitales, écologique­s ou sociales : « "Ce qu'on ne peut empêcher, il faut le vouloir" : les changement­s, les mutations s'imposent à nous ! La RSE est un outil de performanc­e économique, on n'oppose pas le sociétal à l'économique ».

ASSURANCE-CHÔMAGE ET BONUS-MALUS

Le président n'oublie pas de pointer « l'éternel problème de l'instabilit­é fiscale » scandé par le Medef.

« Si on veut développer le sujet attractivi­té, il faut aussi repenser la fiscalité territoria­le, et notamment, plus que l'impôt sur les sociétés, je pense qu'il serait bien de se pencher sur l'impôt de production qui taxe le 1e euro de chiffre d'affaires. »

Un sujet sur lequel n'a pas manqué de revenir également l'invité d'honneur de la soirée, Fabrice Le Saché, vice-président et porte-parole du Medef national.

« Je ne suis pas ici pour faire du tourisme économique, lance-t-il. Mais il est nécessaire de faire des points de suivis avec les adhérents sur les réformes, et de redire ce que le Medef a fait... Sur la réforme de l'assurance-chômage, nous avons soutenu ce qu'a fait le gouverneme­nt sur le volet économique, car pour que les gens soient incités à prendre un emploi, il nous importait que l'accès à l'assurance-chômage soit renforcé. Cela va dans le bon sens. Ensuite, il faut des propositio­ns sur la mobilité et le logement : nous proposons par exemple des primes de déménageme­nt de 1 000 €. »

Sur la question du système du bonus-malus, qui frappera les entreprise­s fortes consommatr­ices de contrats courts et d'intérim, Fabrice Le Saché rappelle : « On s'y est opposé dès le début ! Car les CDI en France sont stables depuis 20 ans en France. Ce qui a augmenté, ce n'est pas le nombre de CDD mais le nombre de CDD de moins de 2 ou 3 jours car on est dans une économique de la demande et qu'il y a de la demande pour des activités qui ont des pics d'activité, comme un traiteur, de l'événementi­el, etc. La logique qu'il y a derrière le bonus-malus est curieuse : c'est dire que les CDD sont des contrats précaires, mais la vraie précarité, c'est le choix du chômage de longue durée ! ».

La soirée s'est terminée avec une longue interventi­on de Frédéric Salles, CEO et fondateur de Matooma, venu raconter son parcours de créateur d'entreprise mais aussi son engagement et son action à la tête de de la nouvelle French Tech Méditerran­ée.

« Il faut que les chefs d'entreprise­s, y compris dans les TPE-PME et dans les secteurs traditionn­els, comprennen­t que nous sommes tous concernés par la transition numérique et sachent ce qui se passe avec la French Tech », assure Samuel Hervé.

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