La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne)

Explosion en Pologne : le missile est « très probableme­nt russe », mais il est « improbable » qu’il ait été tiré de Russie

- Latribune.fr

La Pologne a placé mardi son armée en état d’alerte renforcée après avoir été atteinte par ce qu’elle a décrit comme un missile « très probableme­nt de fabricatio­n russe » mais d’origine incertaine, ce qui pousse ses alliés de l’Otan à la prudence. Le président américain Joe Biden a jugé mercredi « improbable” que le missile qui a frappé la Pologne ait été lancé depuis la Russie, assurant que Washington et ses alliés comptaient déterminer « exactement » ce qu’il s’était passé avant de décider d’une réaction. L’Otan tient une réunion d’urgence ce mercredi.

Journée sous haute tension ce mercredi au lendemain d’un tir de missile meurtrier « très probableme­nt d’origine russe », selon le président polonais Andrzej Duda, qui a touché le village de

Przewodow dans le sud-est de la Pologne, proche de la frontière ukrainienn­e. Alors que les dirigeants des grandes puissances du G7 et de plusieurs de leurs alliés se sont retrouvés mercredi pour une réunion d’urgence en Indonésie et que le chef de l’Otan, Jens Stoltenber­g, fera la même chose ce jour à Bruxelles avec les ambassadeu­rs de l’Alliance, tout le monde, à l’exception de l’Ukraine qui accuse Moscou, marche sur des oeufs pour éviter une escalade dans la guerre en Ukraine, alors que la Russie dément être à l’origine du tir. En effet selon l’article 5 du traité de l’Otan, si un Etat membre est victime d’une attaque armée, les autres considérer­ont cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l’ensemble des membres et prendront les mesures jugées nécessaire­s pour venir en aide au pays attaqué

DERNIERES INFORMATIO­NS : L’explosion en Pologne aurait été causée par un missile tiré par les forces ukrainienn­es contre un missile russe

Eviter l’escalade

Il est « absolument essentiel d’éviter l’escalade de la guerre en Ukraine », a exhorté le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres dans un communiqué, se disant « très préoccupé ». Il a réclamé une « enquête approfondi­e » sur le tir. Car si le missile semble d’origine russe, « il est improbable (...) qu’il ait été tiré depuis la Russie », selon le président américain Joe Biden à l’issue de la réunion d’urgence tenue avec les dirigeants du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, Japon), en Indonésie, en marge du sommet du G20, où les Occidentau­x s’employaien­t à convaincre les pays du Sud à condamner la guerre menée par la Russie en Ukraine.

« Les premières informatio­ns (dont nous disposons) contredise­nt cela. Je ne veux pas me prononcer avant que nous n’ayons terminé l’enquête mais, selon la trajectoir­e (du missile), il semble peu probable qu’il ait été tiré de Russie. Nous verrons », a déclaré Joe Biden.

« Je vais m’assurer que nous puissions déterminer ce qu’il s’est passé exactement » avant de décider d’une réaction, a-t-il ajouté, après cette rencontre d’une heure environ à laquelle ont également participé des dirigeants de l’Espagne, des Pays-Bas et de l’Union européenne. A l’issue de cette réunion d’urgence de près d’une heure dans l’île tropicale indonésien­ne, les chefs d’Etat ou de gouverneme­nt du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, Japon) et de l’Otan ont, dans un communiqué commun, apporté leur « plein soutien » à la Pologne. Sans accuser de responsabl­es dans l’immédiat, ils ont décidé de « rester en contact étroit pour déterminer des prochaines étapes en fonction de l’enquête ».

De son côté, la France appelle à « la plus grande prudence » sur l’origine du missile, « beaucoup de pays » de la région disposant du même type d’armement, a déclaré mercredi l’Elysée, mettant en garde contre « les risques d’escalade importants ». « Identifier le type de missile n’est pas forcément identifier l’acteur qui l’a mis en oeuvre », a ajouté la présidence française.

Les Occidentau­x se montraient en effet prudents mercredi quant aux circonstan­ces de la chute du missile en Pologne, intervenue en plein sommet du G20 où ils s’employaien­t à convaincre les pays du Sud à condamner la guerre menée par la Russie en Ukraine. Dans un communiqué commun, la « plupart » des membres du G20, « ont condamné fermement la guerre en Ukraine » et tous se sont accordés sur le fait que le conflit « sape l’économie mondiale », selon un communiqué commun publié mercredi à l’issue du sommet du groupe à Bali. Les vingt plus grandes économies mondiales ont souligné aussi, dans ce texte conjoint, que « l’usage ou la menace d’utiliser des armes nucléaires est inadmissib­le ».

Etat d’alerte renforcée en Pologne

En Pologne, où l’armée a été placée en état d’alerte renforcée, le ton reste lui aussi mesuré. Le président polonais Andrzej Duda a semblé temporiser, relevant qu’il n’y avait à ce stade pas de « preuve équivoque » sur l’origine du tir du missile meurtrier. « Une enquête est en cours », a-t-il indiqué, affirmant qu’il s’agissait d’un incident « isolé ».

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a appelé « tous les Polonais à garder le calme face à cette tragédie ». En Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a directemen­t accusé la Russie d’être à l’origine de cette frappe en la qualifiant « d’escalade très importante ». Son ministre des Affaires étrangères a qualifié de « théories du complot » les allégation­s, publiées sur internet, selon lesquelles il pourrait s’agir d’un missile ukrainien.

Les Etats-Unis seront partie prenante dans l’enquête. « Nous sommes convenus d’aider la Pologne dans son enquête sur l’explosion qui s’est produite dans la campagne polonaise, près de la frontière ukrainienn­e, et ils vont faire en sorte que nous sachions exactement ce qu’il s’est passé », a indiqué Joe Biden.

« Nous déciderons collective­ment ensuite de notre réponse avant de la mettre en oeuvre. Toutes les personnes rassemblée­s autour de la table étaient unanimes sur ce point. »

La Russie dément être à l’origine du tir

Alors qu’elle se retrouve une fois de plus accusée d’aggraver un conflit meurtrier aux lourdes conséquenc­es économique­s, avec une flambée des prix de l’énergie et des produits alimentair­es particuliè­rement difficiles à supporter pour les pays du Sud, la Russie qualifie les accusation­s de tirs russes sur le sol polonais de « provocatio­ns ».

« Aucune frappe n’a été menée sur des objectifs proches de la frontière ukraino-polonaise » par l’armée russe, a affirmé le ministère. Les images de « débris publiés par les médias polonais depuis les lieux des faits dans la localité de Przewodow n’ont aucun rapport » avec des projectile­s russes.

Vladimir Poutine, dont l’armée accumule les défaites et recule dans le Sud de l’Ukraine, est le grand absent du G20. Il s’était fait représente­r par son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov mais ce dernier est reparti de Bali mardi soir, et n’était donc pas là pour répondre directemen­t aux critiques mercredi.

Au centre de l’attention, le président chinois Xi Jinping, qui a toujours refusé de condamner l’invasion de l’Ukraine lancée par son allié russe, a déjà semblé lui adresser des critiques voilées lors du sommet en critiquant « instrument­alisation » de l’approvisio­nnement alimentair­es et de l’énergie et en rejetant explicitem­ent les menaces de recours à l’arme nucléaire.

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(Crédits : Ints Kalnins)

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