CINQ PRO­PO­SI­TIONS POUR RENDRE VI­SIBLE LES SCIENCES SO­CIALES

La Tribune - - OPINIONS - EM­MA­NUEL TAIEB

À quoi rime une telle ac­cu­mu­la­tion de connais­sances, si elle ne sert pas ? À part pour quelques au­teurs « stars », morts de pré­fé­rence, l’im­mense ma­jo­ri­té des écrits de sciences so­ciales de­meurent in­vi­sibles. Les pro­po­si­tions d'Em­ma­nuel Taieb, pro­fes­seur de Science po­li­tique, membre de l'Ins­ti­tut Uni­ver­si­taire de France (IUF) à Sciences Po Lyon pour y re­mé­dier. Les uni­ver­si­taires ont un rap­port magique à l'es­pace pu­blic. Ils pensent que le livre, la re­vue ou l'ar­ticle qu'ils ont pa­tiem­ment com­po­sé pen­dant des mois, voire des an­nées, va mé­ca­ni­que­ment trou­ver ses lec­teurs une fois pu­blié. La pres­sion se re­lâche donc une fois que l'écrit existe, sauf que c'est là que tout le tra­vail de dif­fu­sion doit com­men­cer... Car l'es­pace pu­blic est sa­tu­ré. L'in­ci­ta­tion à pu­blier mul­ti­plie les tra­vaux de re­cherche, qui entrent en con­cur­rence avec des écrits jour­na­lis­tiques et d'autres « biens cultu­rels ». Si on s'ar­rête, par exemple, sur Wi­ki­pe­dia comme vi­trine en­cy­clo­pé­dique, lar­ge­ment consul­tée, et que Google af­fiche dans ses pages de ré­sul­tats, on constate que le moindre disque ou épi­sode de sé­rie, voire le moindre per­son­nage de fic­tion, y fait fa­ci­le­ment l'ob­jet d'une no­tice sé­rieuse et dé­taillée, tan­dis qu'un tra­vail scien­ti­fique d'im­por­tance n'y se­ra pas men­tion­né.

UNE PRO­DUC­TION TRÈS RICHE MAIS PEU VI­SIBLE

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