Le Pre­mier ministre chez les Ber­ri­chons

La Voix du Sancerrois - - La Une - (PHO­TO : PIERRICK DELOBELLE)

Du­rant trois jours, le Pre­mier ministre et le ca­bi­net de Ma­ti­gnon se sont dé­lo­ca­li­sés dans le Cher. Après des vi­sites à Bourges, Né­rondes et San­coins, Edouard Phi­lippe s’est ren­du à Hen­ri­che­mont et à San­cerre. Au pro­gramme : agri­cul­ture, in­no­va­tion et sou­ve­nirs du Pi­ton.

Après des pas­sages à Bourges, San­coins ou en­core Né­rondes, c’est dans le Cher nord que le Pre­mier ministre a dé­ci­dé de se rendre. Une ma­ti­née au cours de la­quelle les agri­cul­teurs ont pu évo­quer leurs in­quié­tudes concer­nant les zones dé­fa­vo­ri­sées simples.

◗ « Lait, chèvres, mou­tons… Toutes les fi­lières tou­chées par le nou­veau dé­cou­page des zones dé­fa­vo­ri­sées simples étaient re­pré­sen­tées. »

Jus­qu’à 26.000 eu­ros de manque à ga­gner

Jeu­di 3 mai, la ma­ti­née n’avait rien d’or­di­naire pour la fa­mille Lyon, ins­tal­lée au lieu­dit Les­Re­gnières, à Hen­ri­che­mont. Dans la ci­té de Sully, à la Borne, et de­vant chez eux plu­sieurs voi­tures de gen­dar­me­rie filtrent le flux de vé­hi­cules. Et pour cause. Après une vi­site du Creps de Bourges, le convoi du Pre­mier ministre s’est di­ri­gé vers l’ex­ploi­ta­tion agri­cole des Re­gnières pour une ren­contre avec les agri­cul­teurs du Pays Fort.

For­cé­ment, le nou­veau dé­cou­page de la carte des zones dé­fa­vo­ri­sées simples est sur toutes les lèvres. Ils étaient une di­zai­ ne d’agri­cul­teurs à avoir été in­vi­té à cet échange avec le Pre­mier ministre. Cha­cun a pro­fi­té de l’oc­ca­sion pour ex­po­ser avec des exemples très concrets de ce que si­gni­fie la perte des aides fi­nan­cières à leur échelle. « Guillaume a pré­sen­té sa ferme, qui est une grande ex­ploi­ta­tion qui fonc­tionne ac­tuel­le­ment avec un ou­vrier agri­cole à mi­temps, mais ma femme et moi­même ve­ nons de prendre notre re­traite et il nous fau­drait au moins en­ga­ger un ou­vrier sup­plé­men­taire. Seule­ment en sor­tant de la zone d’aide nous per­dons 9.000 eu­ros. Alors, com­ment peut­on faire ? », ques­tionnent Chan­tal et Jean­Fran­çois Lyon, pa­rents de Guillaume Lyon, qui a re­pris l’ex­ploi­ta­tion fa­mi­liale. Pour d’autres, le manque à ga­gner s’élève jus­qu’à 26.000 eu­ros d’aides par an. « Ce sont des per­sonnes qui ont in­ves­ti dans des sta­bu­la­tions, pour pou­voir dé­ve­lop­per leurs ac­ti­vi­tés et qui avaient fixé un plan­ning de rem­bour­se­ment. Mais sans ces aides, com­ment vont­ils faire ? »

Ces té­moi­gnages ont été ap­puyés par Ar­naud Les­pa­gnol, pré­sident de la FDSEA. « Cette vi­site était né­ces­saire pour que ceux qui di­rigent de­puis Pa­ris puissent tou­cher la réa­li­té des com­munes du Pays Fort qui ré­sident dans un sec­teur où il y a du vi­ti­cole, mais cer­taines zones ne vivent pas du tout de la vi­ti­cul­ture. On ne peut pas être gé­né­ra­liste sur ce su­jet », rap­pelle­t­il.

Édouard Phi­lippe, de son cô­té, s’est mon­tré at­ten­tif à cha­cune des si­tua­tions qui lui étaient pré­sen­tées. « Il n’y a pas eu de dé­ma­go­gie, com­mente le dé­pu­té Fran­çois Cor­mier­Bou­li­geon. Il a dit que l’on ver­rait ex­ploi­ta­tion par ex­ploi­ta­tion et qu’il re­gar­de­rait si des le­viers peuvent être ac­tion­nés. »

Pour com­plé­ter cette vi­site mi­nis­té­rielle, un conseiller agri­cole du gou­ver­ne­ment avait éga­le­ment fait le dé­pla­ce­ment et a pas­sé le reste de la jour­née en com­pa­gnie des re­pré­sen­tants de la FDSEA.

« C’était une vi­site im­por­tante pour nous, car l’en­jeu était vrai­ment de leur ame­ner une connais­sance du ter­ri­toire pour qu’ils puissent prendre leurs dé­ci­sions en connais­sance de cause », ajoute le pré­sident de la FDSEA. « Au­jourd’hui, il y a un cer­tain dé­cou­ra­ge­ment chez les agri­cul­teurs, et sur­tout par­mi les jeunes, conclut Jean­Fran­çois Lyon. Sans cette aide, cer­tains éle­veurs vont de­voir ar­rê­ter, et des em­plois, dans les lai­te­ries par exemple, se­ront en dan­ger. Il faut que les choses changent… »

Une ren­contre, qui, les agri­cul­teurs du Pays Fort l’es­pèrent, au­ra trou­vé un écho au­près du chef du gou­ver­ne­ment et des dif­fé­rents ac­teurs lo­caux.

« Pour nous, l’en­jeu était de leur ame­ner une connais­sance du ter­ri­toire »

(PHO­TO : PIERRICK DELOBELLE)

Le Pre­mier ministre Édouard Phi­lippe est al­lé à la ren­contre des agri­cul­teurs par rapport au dé­clas­se­ment du Pays Fort, « un su­jet ac­tua­li­té qu’il ne pou­vait pas omettre en ve­nant dans le Cher », as­sure Ar­naud Les­pa­gnol, pré­sident de la FDSEA.

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