Au coeur de l’ac­tion, dans l’ob­jec­tif

La Voix du Sancerrois - - Magazine - HER­VÉ MAR­TIN

Mau­rice Ca­mus, re­trai­té à Savigny-en-San­cerre, pho­to­graphe pas­sion­né d’au­to­mo­bile, est l’ami in­time de nom­breux pi­lotes de course. Il évoque l’au­to, les cir­cuits, entre deux courses, de­puis les pad­docks du cir­cuit de Ne­vers-Ma­gny-Cours.

◗ « J’ai com­men­cé la pho­to avec un 6x6, un Ro­ny, à l’âge de 18 ans, puis j’ai fait du la­bo­ra­toire de dé­ve­lop­pe­ment. J’étais dé­jà dans le monde du sport au­to­mo­bile. Avec des amis, on fré­quen­tait sou­vent le cir­cuit de Mont­lé­ry. » Mau­rice Ca­mus se sou­vient de ses pre­mières pho­tos de na­ture, en fa­mille ou de voi­tures de courses, quelques dé­cen­nies plus tard, bar­dé de puis­sants ap­pa­reils re­flex et té­lé­ob­jec­tifs de pro.

De­puis la re­traite, il consacre beau­coup de temps à l’au­to, aux com­pé­ti­tions, sur­tout aux sé­ries VdeV, dont il connaît qua­si­ment tous les pi­lotes, leurs en­gins et im­mor­ta­lise leurs plus belles tra­jec­toires. Il dé­laisse sou­vent sa mai­son de Savigny pour dé­am­bu­ler dans les al­lées des cir­cuits, comme ce­lui de Ne­vers­Ma­gny­Cours.

« Quand j’avais 20 ans, on sui­vait un pi­lote, Etuin, qui a eu la chance de cou­rir les 24 heures du Mans, sur une Alpine, à l’époque de Ra­gnot­ti », se sou­vien­til. Les an­nées ont pas­sé, Mau­rice reste un spec­ta­teur fi­dèle des 24 heures : « Je n’ai ja­mais fait de course car je n’en avais pas les moyens. J’ai rou­lé en F3, en ama­teur, en cir­cuit club et fait quelques courses de côte. Ja­mais celle de San­cerre, mais j’y viens chaque an­née pour faire des pho­tos… »

Pas­sion­né de courses, faute de pou­voir dis­po­ser d’un vo­lant, Mau­rice a tout de même connu des sen­sa­tions fortes : « Mon pre­mier en­gin à quatre roues fut une planche avec quatre rou­le­ments à billes ! » Son ga­rage a en­suite vu dé­fi­ler une in­croyable col­lec­tion d’en­gins : « Ma pre­mière voi­ture fut une 4 CV, vite rem­pla­cée par une Triumph Spit­fire. Sui­virent une Triumph GT6, la « type E du pauvre », avec un six cy­lindres en ligne. Mes co­pains avaient des R8 Gor­di­ni… Puis j’ai eu une Ber­li­nette, ache­tée au ga­rage du construc­teur, Jean Ré­dé­lé, à Épi­nay (93) ; une Alpine 1.300 S Gor­di­ni pré­pa­rée, une Fer­ra­ri Di­no cou­pé, une Alpine A310 1.600cm3, avec ban­quette ar­rière pou­vant ac­cueillir les en­fants et une Ja­guar X type sport ». Avec mon fils, on a mon­té une Lo­tus Se­ven à mo­teur Ford 1,2 l (150 cv), pour des ba­lades et concen­tra­tions. Ac­tuel­le­ment, Mau­rice re­tape une Alpine A 310.

L’au­to et la com­pé­ti­tion ne se­ront ja­mais loin de l’ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle de Mau­rice Ca­mus : « J’ai com­men­cé à tra­vailler dans un ate­lier, comme sou­deur, avant de par­tir dans la mi­roi­te­rie et ter­mi­ner dans l’hôtellerie, la res­tau­ra­tion, dans l’hy­giène et le trai­te­ment de sur­face (for­ma­tion et hy­giène) dans un groupe hô­te­lier, où j’ai cô­toyé Paul Bo­cuse. » Au plus fort de la pas­sion au­to, Mau­rice avait mon­té une écu­rie de course avec des amis hô­te­liers et res­tau­ra­teurs, pour soi­gner les re­la­tions pu­bliques et dé­ve­lop­per les af­faires…

Les an­nées passent, l’agen­da des sor­ties au­to ne désem­plit pas. In­con­tour­nables : Le Mans Clas­sic, tous les deux ans, pour faire des pho­tos et rou­ler en Alpine, Lo­tus ou Mor­gan, avec un ami, Jacques Ni­co­let (qui a re­lan­cé la marque Li­gier) ; la Tra­ver­sée de Pa­ris en au­tos an­ciennes, à bord de la De Tho­ma­so Pan­the­ra d’un ami.

Au cha­pitre des ami­tiés fortes nouées sur les cir­cuits, des sou­ve­nirs d’an­ciens pi­lotes, sur­tout de Ray­mond Tou­roule, le sor­cier de la Porsche, « un homme char­mant et ra­pide. À son der­nier Mans Clas­sic, il avait re­fait un mo­teur du­rant la nuit ».

« Je n’irai pas au GP de France au Cas­tel­let ! »

Avis tran­chés sur la For­mule 1 : « J’ai as­sis­té quatre fois au Grand prix de For­mule 1, à Ma­gnyCours. Je n’irai pas au GP de France au Cas­tel­let, mais je se­rai sur ce cir­cuit un peu plus tôt pour des courses VdeV. Je me sou­viens, à Mo­na­co, on al­lait dis­cu­ter avec les mé­ca­nos. Au­jourd’hui, ce n’est plus pos­sible… »

Avec la pho­to, Mau­rice garde une place au so­leil, près des bo­lides et des hommes : « C’est un moyen d’être au coeur de l’ac­tion. On est à deux mètres des au­tos, der­rière les mu­rets. Je fais aus­si de la vi­déo, avec des ca­mé­ras à l’in­té­rieur des au­tos ou au bord du cir­cuit. J’aime faire quelque chose de dif­fé­rent des autres. »

Cô­té cir­cuits, l’homme avoue ses pré­fé­rences : « J’aime bien Es­to­ril, Le Cas­tel­let, Bar­ce­lone, Ja­ra­ma, Spa qui n’est pas top pour la pho­to. Ma­gnyCours est très bien à rou­ler et pour les pho­tos. »

Et Mau­rice aime par­ta­ger sa pas­sion de l’au­to avec le pu­blic : « L’an der­nier, à Savigny­en­San­cerre, on a réuni qua­rante voi­tures dont une For­mule 1, une Ty­rell ! On le re­fe­ra, un peu plus tôt en sai­son, juste après la mois­son. Des pro­prié­taires de voi­tures de course m’ont con­tac­té trop tard, après avoir vu un re­por­tage à la té­lé­vi­sion. On au­ra en­core de belles voi­tures cet été… »

Triumph GT6 : la « type E du pauvre », avec un six cy­lindres en ligne…

Une écu­rie de course pour les re­la­tions d’af­faires

Mau­rice Ca­mus, un ha­bi­tué des pad­docks des cir­cuits, comme ici, à Ne­vers-Ma­gny-Cours, en avril.

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