Il dé­panne 24h/24 sur l’au­to­route A77

La Voix du Sancerrois - - Magazine - ADRIEN MARIDET

Ins­tal­lé rue de Gé­ri­gny à La Cha­ri­té, le car­ros­sier de for­ma­tion, Fran­cis Bon­homme, a la par­ti­cu­la­ri­té d’être dé­pan­neur agréé sur l’au­to­route A77. Un mé­tier in­tense qui né­ces­site beau­coup de pré­cau­tion, au bord de la route. Té­moi­gnage.

◗ Ce jour­là, alors qu’il est plus de 21 h 30 et que la soi­rée a été mar­quée par trois ac­ci­dents consé­cu­tifs im­pli­quant sept vé­hi­cules sur l’A77, à hau­teur de l’aire de Pougues­les­Eaux, le té­lé­phone sonne à nou­veau dans la poche de Fran­cis Bon­homme.

Si­tôt in­for­mé, le dé­pan­neur cha­ri­tois grimpe à bord de sa dé­pan­neuse poids lourds avec grue, qui per­met de « ti­rer tout type de vé­hi­cule lé­ger jus­qu’aux 3,5 tonnes », et part à la res­cousse d’une au­to­mo­bi­liste, tom­bée en panne sur l’au­to­route.

26 ki­lo­mètres d’au­to­route à cou­vrir

« Pour des rai­sons de sé­cu­ri­té, les opé­ra­tions de dé­pan­nage, de re­mor­quage et d’éva­cua­tion des vé­hi­cules sur au­to­route sont stric­te­ment en­ca­drées, et uni­que­ment as­su­rées par des en­tre­prises agréées ( lire par ailleurs). Sur des ac­ci­dents, les gen­darmes et pom­piers passent for­cé­ment avant nous. On in­ter­vient seu­le­ment quand les pom­piers ont fi­ni de prendre en charge les bles­sés », in­siste le gé­rant de la Car­ros­se­rie cha­ri­toise, qui a pris la suite de son beau­père en 2009.

« Mis­sion­né obli­ga­toi­re­ment par le Centre d’opé­ra­tion de la gen­dar­me­rie (COG) », il couvre le sec­teur “Centre” de l’au­to­route A77 (*). Un tron­çon long de 26 ki­lo­mètres, qui s’étend de l’échan­geur 29 (sor­tie La Cha­ri­té­centre, Auxerre par RN 151) à l’échan­geur 34 (sor­tie Gué­ri­gny ­ Cou­langes­lèsNe­vers), dans les deux sens de cir­cu­la­tion.

Sur ce tron­çon au­to­rou­tier, ils sont quatre dé­pan­neurs à se ré­par­tir le tra­vail, de fa­çon à ce qu’il y ait « chaque jour un ti­tu­laire et un sup­pléant dis­po­nibles, à tout mo­ment ». Avec des gardes qui s’éche­lonnent du ven­dre­di, 18 heures, au ven­dre­di sui­vant, même heure, et « des rou­le­ments pro­gram­més tous les quinze jours », pré­cise le pro­fes­sion­nel qui ha­bite sur place, à deux pas de l’au­to­route.

Dé­sor­mais ro­dé au dé­ pan­nage, ce­lui qui a « re­pris l’af­faire en fa­mille » prend cette « mis­sion à bras­le­corps de­puis 1993, et seu­le­ment de­puis une di­zaine d’an­nées sur au­to­route ». Sans comp­ter les dé­pan­nages ef­fec­tués sur les routes na­tio­nales ou dé­par­te­men­tales, « moins fré­quents que sur au­to­route », Fran­cis Bon­homme in­ter vient sur l’A77 « entre dix et quinze fois par se­maine, même si ça reste très aléa­toire ».

Qu’il s’agisse de pannes, de cre­vai­sons ou d’ac­ci­dents plus sé­rieux, ses in­ter­ven­tions, au bord de la route, sont sou­vent ris­quées et doivent être ef­fec­tuées dans un laps de temps im­par­ti de qua­rante mi­nutes.

Alors que le té­lé­phone peut son­ner à tout mo­ment, de jour comme de nuit, Fran­cis doit « in­ter­ve­nir sur place le plus ra­pi­de­ment pos­sible, char­ger le vé­hi­cule im­mo­bi­li­sé afin de dé­ga­ger la voie et ra­me­ner les per­sonnes au ga­rage ».

« Se re­trou­ver coin­cé sur l’au­to­route, au mi­lieu de vé­hi­cules rou­lant à grande vi­tesse, ça im­pres­sionne, ça fait peur ». Bien que sé­cu­ri­sé par le per­son­nel de la DIR Centre­Est, « il faut du temps pour dé­dra­ma­ti­ser la si­tua­tion », re­con­naît sa femme, Syl­vie, en charge de la comp­ta­bi­li­té de l’en­tre­prise, qui a vu leur fille, Ju­lie, les re­joindre de­puis peu au se­cré­ta­riat.

Après avoir pu se ré­chauf­fer et se désal­té­rer dans la salle d’at­tente du ga­rage, le temps de « lais­ser re­tom­ber la pres­sion », le client laisse Fran­cis Bon­homme « trai­ter chaque dos­sier au cas par cas, avec les as­sis­tances, de fa­çon à ce que les si­nis­trés soient pris en charge le plus vite pos­sible » et puissent ren­trer à bon port.

« On part du prin­cipe qu’on pour­rait être à la place des gens. Par­tant de là, on les as­siste au mieux, on es­saye d’être ar­ran­geant. C’est plus que du dé­pan­nage. Tant que l’as­sis­tance ne trouve pas de so­lu­tion de ra­pa­trie­ment, on ne laisse pas les gens de­hors ou sur le bord de la route », af­firme le car­ros­sier.

« Tout le monde peut être con­fron­té à un dé­pan­nage sur l’au­to­route, que ce soit à cô­té de chez soi ou à l’autre bout de la France. Pour ne pas avoir de mau­vaises sur­prises en cas de pé­pins, il est pri­mor­dial de bien vé­ri­fier ses condi­tions d’as­sis­tance dans son contrat d’as­su­rance », con­clut Syl­vie.

« On ne laisse pas les gens de­hors ou sur le bord de la route »

Dans des condi­tions nor­males de tra­fic, Fran­cis Bon­homme a qua­rante mi­nutes pour in­ter­ve­nir et dé­pan­ner un vé­hi­cule im­mo­bi­li­sé sur l’A77.

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