Ges­tion pa­tri­mo­niale

L'Automobile - - Dossier SUV - /// PIERRE LE­FEBVRE

POUR QUE LA SE­CONDE GÉ­NÉ­RA­TION DE Q5 NE DILAPIDE PAS L'HÉ­RI­TAGE LAIS­SÉ PAR LA PRE­MIÈRE, AU­DI JOUE LES ÉQUILIBRISTES ENTRE CONSER­VA­TISME ES­THÉ­TIQUE ET IN­NO­VA­TIONS TECH­NIQUES. CE SA­VANT DO­SAGE LUI GARANTIRA-T-IL LE SUCCÈS ?

On ima­gine mal un cé­lèbre fa­bri­cant de so­da chan­ger tous les in­gré­dients de son pro­duit phare... Alors pour évi­ter que son nou­veau Q5 ne fasse “pschitt”, Au­di a joué la pru­dence, du moins en ap­pa­rence. Mal­gré une car­ros­se­rie en­tiè­re­ment in­édite et un peu plus longue (+ 3,4 cm), le SUV aux An­neaux ne bous­cu­le­ra pas les 1,6 mil­lion de pro­prié­taires du pre­mier opus: le se­cond lui res­semble vrai­ment beau­coup. C’est en ou­vrant la por­tière que l’écart de gé­né­ra­tion se constate. Ins­pi­rée par la planche de bord des ré­centes A4 et A5, celle de ce nou­veau Q5 ré­pond aux ten­dances ac­tuelles en étant plus épu­rée, plus tech­no­lo­gique aus­si – un écran rem­pla­çant les comp­teurs (en sé­rie à par­tir de la fi­ni­tion S Line) –, mais fi­dèle ce­pen­dant à quelques prin­cipes mai­son. Le pre­mier, c’est qu’Au­di reste pour le mo­ment hos­tile à la dalle tac­tile pour com­man­der l’uni­vers mul­ti­mé­dia, pré­fé­rant confor­ter bou­tons et mo­lette du “MMI” avec la­quelle on peut tout de même, d’un doigt, écrire une adresse ou un nu­mé­ro de té­lé­phone. Le se­cond prin­cipe, c’est que, comme d’ha­bi­tude chez le construc­teur, ma­té­riaux et ajus­te­ments au cor­deau ne font pas “olé-olé”, mal­gré une pro­duc­tion mexi­caine dans une toute nou­velle usine. Afin de plaire à ses fi­dèles et ten­ter de sé­duire de nou­veaux ama­teurs, ce nou­veau Q5 pro­pose un bel es­pace à bord. Avec son grand coffre, sa ban­quette ar­rière 2/31/3 cou­lis­sante et ses dos­siers ré­glables en in­cli­nai­son en op­tion (420 €), il offre un bel ali­bi à ceux qui ont be­soin de place mais sou­haitent aus­si se faire plai­sir. Et c’est jus­te­ment sur ce der­nier ter­rain que l’al­le­mand était at­ten­du au tour­nant : sa­lué pour ses qua­li­tés dy­na­miques, son pré­dé­ces­seur fai­sait par­tie des ré­fé­rences. Le nou­veau va en­core plus loin. Re­po­sant sur la nou­velle pla­te­forme MLB-Evo, étren­née par le Q7 et dis­po­sant no­tam­ment d’un train ar­rière à cinq bras, le Q5 “II” fait en­core mieux, mal­gré un poids qui n’a rien de ce­lui d’une bal­le­rine : près de 2 tonnes. Il est néan­moins plus agile, ce qui ren­force la sen­sa­tion du conduc­teur d’être au vo­lant d’un grand break plu­tôt que d’un SUV, même avec sa nou­velle trans­mis­sion “presque” in­té­grale. En ef­fet, si le Q5 V6 TDI ex­ploite le tra­di­tion­nel dif­fé­ren­tiel cen­tral Tor­sen, tous les autres (sauf la ver­sion d’ac­cès trac­tion) uti­lisent le sys­tème Quat­tro Ul­tra. Ce­lui- ci re­pose sur un em­brayage mul­ti­disque et un sys­tème de cra­bo­tage per­met­tant de désac­cou­pler le dif­fé­ren­tiel ar­rière – on peut ain­si pas­ser de la trac­tion au 4 x 4 sans que ce­la soit per­cep­tible. Da­van­tage que sur le plan dy­na­mique, c’est au ni­veau du confort que le Q5 pro­gresse le plus grâce à un peu de tech­no­lo­gie et des idées simples. Tan­dis que l’in­édite et chère (1 950 €) sus­pen­sion pneu­ma­tique, ma­riée à un amor­tis­se­ment pi­lo­té, “lisse” les ca­hots de la route, le double vi­trage des vitres avant (185 €) rend, à al­lure sta­bi­li­sée, le 2.0 TDI 190 ch presque in­au­dible. Suf­fi­sam­ment per­for­mant et bien se­con­dé par l’ef­fi­cace boîte à double em­brayage S tro­nic à sept rap­ports, ce der­nier n’est tou­te­fois, hé­las, pas aus­si sobre qu’at­ten­du (+ 0,4 l/100 km comparé à l’an­cien Q5 pa­reille­ment mo­to­ri­sé). Pas sûr, ce­pen­dant, que ce “lé­ger” sur­coût ne soit un pro­blème pour la clien­tèle vi­sée, tant le nou­veau Q5 at­teint des som­mets cô­té ta­rifs...

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