LE PLEIN DE CONFIANCE

TROIS ROUES, C’EST À MI-CHE­MIN ENTRE UNE MO­TO ET UNE VOI­TURE, NON ? PAS POUR LA YA­MA­HA NIKEN EN TOUT CAS. LA NOU­VEAU­TÉ JA­PO­NAISE A BEAU DÉ­ROU­TER PAR SON AS­PECT, ELLE SE CONDUIT COMME UNE MO­TO CLAS­SIQUE. LA DOSE DE CONFIANCE QU’ELLE PRO­CURE EST EN RE­VANCHE

L'Automobile - - Quel 2-roues Choisir ? - TEXTE MI­CHAEL TO­RA

Des trois-roues des villes, on en cô­toie tous les jours. Ces scoo­ters, il faut bien l’avouer, sont pra­tiques, sé­cu­ri­sants et fa­ciles d’ac­cès. Un simple per­mis B, as­sor­ti d’une for­ma­tion de sept heures, au­to­rise en ef­fet à prendre le gui­don d’un 500 cm3. Pour ce qui est du plai­sir de pi­lo­tage, ce­pen­dant, on re­pas­se­ra… Ya­ma­ha pro­pose au­jourd’hui le trois-roues des champs. Une vraie mo­to des­ti­née aux sen­sa­tions fortes, ani­mée par un mo­teur trois cy­lindres de 847 cm3 et 115 ch ! Une ma­chine qui exige le per­mis mo­to, avec une boîte de vi­tesses clas­sique, un sé­lec­teur pour le pied gauche et un le­vier d’em­brayage pour la main gauche. Par­tant de ce constat, à quoi bon s’encombrer d’une roue sup­plé­men­taire, du poids qui va avec et du sys­tème de train avant par­ti­cu­liè­re­ment com­plexe qui équipe la Niken ? La ré­ponse n’est pas évi­dente lors des pre­miers tours de roues. Parce que, pour me­ner cet en­gin unique, il suf­fit de faire exac­te­ment la même chose que sur une mo­to

LA NIKEN EST AUS­SI IN­SO­LITE PAR SON AS­PECT QU’ÉVI­DENTE À ME­NER. AU GUI­DON, ON OU­BLIE TRÈS RA­PI­DE­MENT LA PRÉ­SENCE D’UNE ROUE EN PLUS

clas­sique. Les ré­ac­tions de la Niken sont na­tu­relles, la mo­to se ré­vèle plu­tôt agile et les pre­mières courbes sont ava­lées sans hé­si­ta­tion. Quelques mi­nutes plus tôt, de­vant le ga­ba­rit im­pres­sion­nant de la Ya­ma­ha, je re­dou­tais qu’un mode d’em­ploi par­ti­cu­lier soit à ap­pli­quer pour ne pas se lais­ser em­bar­quer par le trois-roues. Mais rien de tout ça une fois en selle. On ou­blie ra­pi­de­ment la par­ti­cu­la­ri­té de la Niken et on prend juste plai­sir à rou­ler. Ce pre­mier constat est donc très po­si­tif, mais la pre­mière in­ter­ro­ga­tion de­meure: à quoi bon ? Si la ré­ponse n’est pas évi­dente dans des condi­tions nor­males, elle saute aux yeux quand la route se dé­grade. Pluie, gra­viers et autres traces de sable sont au­tant de va­riantes d’une même han­tise pour le motard: la chute. Avec la Niken, on re­la­ti­vise le pro­blème. La pré­sence des deux roues avant ras­sure et, sans se croire in­vin­cible, on peut rou­ler beau­coup plus dé­ten­du qu’on ne le fe­rait au gui­don d’un deux-roues clas­sique. Ya­ma­ha ne ré­vo­lu­tionne pas la conduite d’une mo­to mais ap­porte sim­ple­ment au motard une bonne dose de confiance en plus. De quoi pro­fi­ter plei­ne­ment de sa ma­chine, quelles que soient les cir­cons­tances. Et on a pu le vé­ri­fier en ta­qui­nant un peu trop les lois de la phy­sique. Ain­si, on a le temps de re­dres­ser la Niken quand son train avant se dé­robe, alors que cette si­tua­tion se ter­mine sou­vent par une chute sur une mo­to. À 14 999 €, le trois-roues de Ya­ma­ha es­saie de res­ter à la por­tée du plus grand nombre, mal­gré une tech­no­lo­gie in­édite. Reste à convaincre, en ef­fa­çant des a prio­ri par­fois très an­crés. ///

Le train avant à deux roues uti­lise un sys­tème com­plexe de pa­ral­lé­lo­grammes, as­so­cié à une fourche pour chaque roue.

Le 3- cy­lindres dé­livre 115 ch, soit plus du double du plus gros scoo­ter à trois roues du mar­ché. Heu­reu­se­ment, la Niken n’est ac­ces­sible qu’aux per­mis A.

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