Volks­wa­gen Toua­reg V6 TDI 286 auto.

QUATRE ROUES MO­TRICES ET DI­REC­TRICES, SUS­PEN­SION PNEU­MA­TIQUE, ET AN­TI­ROU­LIS ACTIF : CETTE TROI­SIÈME GÉ­NÉ­RA­TION DE TOUA­REG SE MONTRE REDOUTABLEMENT EF­FI­CACE SUR LA ROUTE, ET TOU­JOURS AUS­SI AGRÉABLE À VIVRE. MAIS À PRÈS DE 79 000 € DANS CETTE EXÉ­CU­TION, ON

L'Automobile - - Éditorial - TEXTE CH­RIS­TOPHE CONGRE­GA - PHO­TOS BRU­NO PI­CAULT

Sur cette route B164 des Alpes au­tri­chiennes, re­liant Bi­schof­sho­fen à Hin­ter­thal, la pluie est conti­nue. For­te­ment ar­ro­sée, cette route truf­fée de vi­rages plus ou moins ser­rés au­rait pu être dé­li­cate à né­go­cier au vo­lant d’un si gros et lourd SUV. Car, même s’il re­court à 48 % d’alu­mi­nium, ain­si qu’à de très ré­sis­tants aciers for­més à chaud pour des par­ties sen­sibles comme les mon­tants cen­traux, sa caisse al­lé­gée de 106 kg par rap­port à celle de son pré­dé­ces­seur ne l’em­pêche pas de flir­ter avec les deux tonnes. Mal­gré cette masse pé­na­li­sante en courbe – d’au­tant que ce Toua­reg culmine à 1,70 m – il se joue des vi­rages avec ai­sance, épingles com­prises. Certes, il est ici équi­pé de la sus­pen­sion pneu­ma­tique (3 060 €) cou­plée aux quatre roues di­rec­trices, ain­si que de l’an­ti­rou­lis actif. Les roues ar­rière braquent jus­qu’à 4 ° afin d’abais­ser le dia­mètre de bra­quage à 11,2 m contre 12,2 m. En re­vanche, elles ne le font en op­po­si­tion que jus­qu’à 37 km/h (60 à 100 km/h ha­bi­tuel­le­ment), avant de bra­quer en­suite en pa­ral­lèle pour pri­vi­lé­gier la sta­bi­li­té. Mal­gré ces ré­glages lais­sant l’agi­li­té maxi­male à son cou­sin Porsche Cayenne, ce Toua­reg bé­né­fi­cie d’un train avant très ac­cro­cheur et met en confiance grâce à sa di­rec­tion à l’as­sis­tance bien ca­li­brée, qui per­met de sen­tir le ni­veau d’adhé­rence, même s’il pleut. Et puis, de par sa sus­pen­sion pneu­ma­tique à amor­tis­se­ment pi­lo­té, ce SUV avale en dou­ceur les trous et bosses, y com­pris si l’on ac­tive le mode Sport, rai­son­na­ble­ment plus ferme sans ja­mais se­couer. En re­vanche, le 3.0 V6 TDI de 286 ch, tou­jours gron­dant et cla­quant à l’ac­cé­lé­ra­tion, se montre moins à l’aise sur cet iti­né­raire aux dé­ni­ve­lés mar­qués. Non pas que ses per­for­mances soient “justes”, mais mal­gré ses 600 Nm, il manque de ré­ac­ti­vi­té sous 2 000 tr/mn. Entre son manque de couple sous ce ré­gime,

le temps de ré­ponse du tur­bo, et sa boîte auto. 8 qui tarde à ré­tro­gra­der, on at­tend sou­vent un peu trop long­temps quand on veut dé­pas­ser, ou se re­lan­cer en sor­tie de vi­rage. Il y a certes, des pa­lettes fixées au vo­lant der­rière les branches, mais elles sont vrai­ment trop pe­tites pour être ac­ti­vées dans les vi­rages. Et puis, si le mode Dy­na­mic, pri­vi­lé­giant les plus hauts ré­gimes, li­mite le pro­blème, il souffre tou­jours de ré­tro­gra­dages trop lents.

Confort et prix haut de gamme

De re­tour dans la val­lée, nous pro­fi­tons cette fois de la dou­ceur de cette boîte à conver­tis­seur de couple, d’un es­pace à bord géant, y com­pris der­rière où la ban­quette cou­lis­sante per­met, de sur­croît, d’agran­dir en­core un coffre im­mense. Et nous pro­fi­tons de cet im­mense écran cen­tral de 15 pouces, très ré­ac­tif, et to­ta­le­ment pa­ra­mé­trable, jus­qu’à pou­voir y im­plan­ter des rac­cour­cis vers ses fonc­tions pré­fé­rées. Sous mes yeux, un autre de 12,3 pouces, éga­le­ment pa­ra­mé­trable, rem­place les comp­teurs. Mais ces deux larges dalles sont ré­ser­vées aux fi­ni­tions hautes ex­clu­sives. Si­non, c’est une ins­tru­men­ta­tion à ai­guilles der­rière le vo­lant, et un écran de 9,2 pouces au centre, avec bou­tons phy­siques au­tour. Nous no­tons éga­le­ment la ten­dance du train avant à suivre les dé­fauts de la chaus­sée aux basses vi­tesses (en des­sous de 60 km/h). Un phé­no­mène vrai­sem­bla­ble­ment am­pli­fié par les Pi­rel­li P Zé­ro en 20 pouces de dia­mètre, très di­rec­tifs. Les der­niers ki­lo­mètres, tou­jours sous la pluie, mettent en évi­dence l’in­so­no­ri­sa­tion ex­cep­tion­nelle grâce au double vi­trage, et per­mettent d’ap­pré­cier la pré­sen­ta­tion soi­gnée, haut de gamme de ce Toua­reg, avec un jo­li ban­deau de bois clair mat, même si seuls les ma­té­riaux de la par­tie haute du mo­bi­lier sont mous­sés. Reste le ta­rif – très – éle­vé pour un mo­dèle dont le lo­go est connu, mais pas pre­mium. Le pa­ri n’est donc pas ga­gné d’avance. ///

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