L’Ir­lande du nord en Kia Stin­ger

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PAY­SAGES MYSTIQUES, RICHE ET COM­PLI­QUÉ PAS­SÉ, LA VERTE IR­LANDE DU NORD, APAI­SÉE, MÉ­RITE LE DÉ­TOUR, D’AU­TANT PLUS QUE S’Y CACHENT DE PE­TITS CONSTRUC­TEURS AU­TO­MO­BILES AT­TA­CHÉS À LEURS RA­CINES. L’ATY­PIQUE KIA STIN­GER EST LA PAR­FAITE ALLIÉE POUR DÉ­COU­VRIR LES SE­CRETS DE CET ULSTER MÉ­CON­NU.

Si, au sud, la Ré­pu­blique d’Ir­lande, avec son dra­peau na­tio­nal vert-blan­co­range, semble proche de nous (elle a un pré­sident, un Pre­mier mi­nistre et a adop­té l’eu­ro), l’autre Ir­lande, ni­chée tout au nord de l’île, semble moins ac­ces­sible. Consti­tuant l’une des quatre na­tions du Royaume-Uni, celle- ci re­con­naît l’au­to­ri­té de la Reine, au même titre que l’An­gle­terre, l’Écosse et le pays de Galles, et ne fait pas par­tie de la zone eu­ro. L’île an­glo­saxonne, six fois moins vaste que la France, compte donc deux pays dis­tincts, l’Eire et l’Ulster, même si la tran­si­tion n’est pas si mar­quée en fran­chis­sant la “fron­tière” qui n’est ma­té­ria­li­sée par au­cun pan­neau. Au vo­lant de notre Stin­ger 3.3 T-GDi V6, le vais­seau ami­ral de Kia en Eu­rope, je com­mence par faire un re­set et passe des ki­lo­mètres aux miles et miles/hour. Mais je veille sur­tout à ne pas me faire pié­ger – conseil d’un au­toch­tone – par un de ces nom­breux ra­dars tron­çons sur les au­to­routes “M”, ou fixes sur les main­roads “A” (routes prin­ci­pales). Au moins, on n’est pas dé­pay­sés… Après quelques miles de haute concen­tra­tion et mal­gré le ga­ba­rit consé­quent de la routière co­réenne, je me suis vite mis à la conduite “voie de gauche” et au vo­lant pla­cé à droite. La boîte auto. 8, plus proche du flegme an­glais que du ca­rac­tère la­tin, no­tam­ment en mode Confort, gère au mieux et me per­met de me concen­trer à 100 % sur les di­rec­tions or­don­nées par mon co­pi­lote Alex, le pho­to­graphe. Mal­gré quelques mau­vais “pla­ce­ments” et chan­ge­ments de di­rec­tion tar­difs, la tra­ver­sée de Bel­fast, la ca­pi­tale, est une for­ma­li­té et nous ap­pré­cions la cour­toi­sie et la pa­tience des au­to­mo­bi­listes lo­caux. Pas un seul coup de klaxon agres­sif !

Re­tour aux sources

Il y a cer­tai­ne­ment une rai­son à ce­la. Après un pas­sé tu­mul­tueux char­gé d’his­toire, d’in­va­sions bar­bares, de guerres mé­dié­vales et, plus près de nous, de “Troubles” entre ca­tho­liques et pro­tes­tants du­rant trente ans (1969-1998), les Ir­lan­dais du Nord ont cer­tai­ne­ment en­vie de calme et sé­ré­ni­té. Deux dé­cen­nies après le ces­sez-le-feu, la po­pu­la­tion a re­pris goût à la paix, la vie noc­turne anime les rues et le pub­crawl, lit­té­ra­le­ment “ram­per de bar en bar”, est à nou­veau pos­sible. Rap­pe­lons que le Gin­ger Ale, le so­da au gin­gembre, a été in­ven­té ici même par Tho­mas Can­trell, bien avant le Ca­na­da Dry ! À l’écart de la ville, au bout d’une avenue ex­tra-large,

Bel­fast, sur­nom­mée Ti­ta­nic Ci­ty, a vu naître ce pa­que­bot il y a un peu plus d’un siècle et lui voue en­core une dé­vo­tion sans faille

nous at­tei­gnons notre ob­jec­tif : Ti­ta­nic Bel­fast. Ce mo­nu­ment étin­ce­lant en forme d’étoile en alu­mi­nium, baptisé iro­ni­que­ment “l’Ice­berg” par les lo­caux, est un mu­sée in­ter­ac­tif 2.0 consa­cré au cé­lèbre pa­que­bot qui na­quit ici, dans les an­ciens chan­tiers na­vals de Har­land et Wolff et qui som­bra le 15 avril 1912 dans l’At­lan­tique Nord. Ils sont tel­le­ment fiers de leur construc­tion na­vale d’an­tan, ces Ir­lan­dais du Nord, que plus de cent ans après, nous pou­vons lire sur les deux ré­cents por­tiques de le­vage jaunes gi­gan­tesques, si­tués près de la cale sèche – la plus vaste du monde en 1911 – où fut construit le Ti­ta­nic, les ins­crip­tions “H & W”. Ici et aux alen­tours, vous n’êtes plus à Bel­fast, mais à Ti­ta­nic Ci­ty.

Bar­quette à fort po­ten­tiel

Après avoir res­pi­ré le grand air et l’odeur de la mer d’Ir­lande, nous fi­lons par l’A20 en di­rec­tion de Dun­do­nald, dans le comté de Down. Cette ville ne vous dit peut- être rien… Pour­tant, entre 1928 et 1936, s’y est dé­rou­lée l’In­ter­na­tio­nal R.A.C. Tou­rist Tro­phy Race, une course com­pa­rable à l’épreuve mo­to­cy­cliste de l’île de Man, très pri­sée à l’époque. Son cir­cuit en forme de triangle, d’en­vi­ron 14 miles (près de 22 km), pas­sait éga­le­ment par New­tow­nards et Com­ber, pour un re­tour au point de dé­part à Dun­do­nald. Ru­di Ca­rac­cio­la en 1929 (Mer­cedes) et Ta­zio Nu­vo­la­ri en 1930 (Alfa Ro­meo) se sont illus­trés mais per­sonne n’est ar­ri­vé à la che­ville de Re­né Le­begue, qui a bat­tu le re­cord du tour en 1936 sur sa De­la­haye 135 à une vi­tesse moyenne in­croyable pour l’époque de 137,6 km/h. Ima­gi­nez un peu sur des chaus­sées pas tou­jours bien re­vê­tues… Une bonne en­trée en ma­tière avant de re­joindre Paul McMor­ran, le boss de Cross­lé (voir en­ca­dré), qui nous

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1 et 2 Notre Stin­ger comme à la pa­rade du cô­té de Bel­fast- Ouest de­vant les mu­rals, ces fresques co­lo­rées peintes à la mé­moire d’hommes et de femmes qui se sont bat­tus lors des “Troubles” op­po­sant ca­tho­liques et pro­tes­tants du­rant trente ans (1969-1998).

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