Le ral­ly­cross, le dé­fi de Peu­geot

L'Automobile - - Sommaire - TEXTE FRAN­CIS MON­SE­NERGUE

APRÈS LE RAL­LYE EN CORSE, L’EN­DU­RANCE AU MANS ET LA F1 AU CIR­CUIT PAUL RI­CARD, LA FRANCE AC­CUEILLE DÉ­BUT SEP­TEMBRE LE PLUS RÉ­CENT DES CHAM­PION­NATS DU MONDE DE LA FIA, LE RAL­LY­CROSS, À LOHÉAC, EN BRE­TAGNE. L’OC­CA­SION DE DÉ­COU­VRIR, EN EX­CLU­SI­VI­TÉ, AU COEUR DE L’ÉCU­RIE PEU­GEOT ET AVEC SON PI­LOTE SU­PER­STAR SÉBASTIEN LOEB, CETTE DIS­CI­PLINE EN­CORE MÉ­CON­NUE. MAIS SÛ­RE­MENT PLUS POUR LONG­TEMPS…

Mais pour­quoi donc Peu­geot s’en­gage-t-il en 2016 dans le cham­pion­nat du monde de ral­ly­cross ( WRX) ? Cette dis­ci­pline, dis­pu­tée sur des cir­cuits mixtes gou­dron­terre, est sur­tout ap­pré­ciée en Eu­rope du Nord. Et c’est un de­mi- en­ga­ge­ment, en par­te­na­riat avec l’équipe du Sué­dois Ken­neth Han sen ,“la lé­gende ”, fort de qua­torze titres eu­ro­péens .“LeWRXs’ ins­critd ans une stra­té­gie de marque, ex­plique Bru­no Fa­min, le pa­tron de Peu­geot Sport. Avec notre pro­gramme Ral­lye-Raid, nous avons ac­com­pa­gné les lan­ce­ments com­mer­ciaux de nos SU V 2008 et 3008 en ga­gnant le Da­kar. Dé­sor­mais, nous sommes en­ga­gés à100%enWRX, qui de­vi end raEWRX en 2020. Nous sou­li­gne­rons alors la tran­si­tion éner­gé­tique de Peu­geot avec une voi­ture de course élec­trique qui va­lo­ri­se­ra la ver­sion routière zé­ro émis­sion de la fu­ture 208. De plus, nous sa­vons que le pu­blic qui as­siste à ces épreuves est beau­coup plus jeune que sur les com­pé­ti­tions tra­di­tion­nelle set qu’ il est très actif sur les ré­seaux so­ciaux .” Et comme les per­for­mances ne se­ront en rien al­té­rées, voire amé­lio­rées, au re­gard de ce que nous avons vu en Nor­vège, le WRX de­ve­nu mon­dial est bien en­ga­gé sur

la spi­rale de la réus­site. Car un mee­ting de ral­ly­cross, c’est comme un concert de Bruce Spring­steen : pas de temps mort ni de baisse de rythme, ça va cres­cen­do avec un sys­tème d’éli­mi­na­tion di­recte. Jus­qu’au bout, c’est à fond, in­tense, et quand ça s’ar­rête on crie “une autre”! Cinq courses de qua­li­fi­ca­tions de quatre tours pour chaque pi­lote, par groupes de cinq, puis deux de­mi-fi­nales et une fi­nale à six pour six tours, toutes agré­men­tées d’un tour obli­ga­toire em­prun­tant une ex­crois­sance du tra­cé, dit “jo­ker”, qui évi­dem­ment pi­mente le spec­tacle puis­qu’il coûte en­vi­ron deux secondes.

La furie du dé­part

Dès le dé­part, le ton est don­né, avec 600 ch sous leurs ca­pots, les 208, Au­di S1 et VW Po­lo officielles bon­dissent et at­teignent 100 km/h en moins de deux secondes ! En­suite, quel ré­gal d’ad­mi­rer les tra­jec­toires pré­cises sur le bi­tume, les glis­sades har­mo­nieuses sur terre quand les té­nors, Loeb, Sol­berg, Eks­tröm, les Han­sen (fils de Ken­neth) et Kris­tof­fers­son, le cham­pion en titre, sont à la ma­noeuvre. C’est vi­ril, ça se fric­tionne, ça passe par­fois au for­ceps, mais ja­mais à la foire d’em­poigne. Sébastien Loeb, lea­der del’ équipe Peu­geot, tou­jours aus­si pas­sion­né et af­fû­té, no­nuple cham­pion du monde des ral­lyes, en est àsa3e sai­son deWRX.“Sit out va bien, on rend six dé parts dans le week-end et chaque fois tout est re­mis en ques­tion, nous ex­plique-t-il. Il y a une forme de bru­ta­li­té, mais si on se tape, c’ est sans gros im­pact set les règles sont as­sez strict es. À part le pre­mier vi­rage où il se passe un peu tout et n’ im­porte quoi après, c’ est as­sez propre. C’ est dif­fi­cile d’ avoir des tra­jec­toires aus­si net tes qu’ en ral­lye parce qu’ on a beau­coup de puis­sance à do­ser mais l’ ef­fi­ca­ci­té vient de la fi­nesse du pi­lo­tage. Pour al­ler vite, les tra­jec­toires doivent être as­sez ten­dues. En tant que pi­lote, on res­sent une certaine frus­tra­tion car les courses sont courtes mais, pour le show, quatre tours avec un jo­ker, ce n’ est ja­mais en­nuyeux, pas de train-train, il se passe tou­jours quel­que­chose, c’ est le but! La dé­ci­sion de s’ en­ga­ger dans la sec­tion jo­ker est gé­rée parles pot­ter, un membre de l’ équipe ins­tal­lé dans une tour d’ où il voit toute la piste. Il prend les écart set me donne le si­gnal d’ y al­ler quand il juge que c’ est le meilleur mo­ment. Il faut faire vite car un tour, c’ est moins d’ une mi­nute! Mon spot terme dit ce qui se passe de­vant, der­rière, il est mon ré­tro­vi­seur. Dans un tel exer­cice, je suis sou­vent en apnée. J’ ai tou­jours eu ten­dance à cou­rir un peu cris­pé, sur­tout dans les si­tua­tions ex­trêmes, les pul­sa­tions car­diaques montent, mais pas de pro­blème parce que c’ est court. Comme on ré­pète les tours, on a ten­dance à op­ti­mi­ser les pas­sages au maxi­mum et, par exemple, lors qu’ il y a une bosse, on veut faire le saut le plus long pos­sible car c’ est un gain de temps, mais, à force, la ré­cep­tion est plus dure àsup­por­ter.”

Sur les cir­cuits de F1

Ces sen sa­ti ons,Loeb veut les faire dé­cou­vrir aux vi­si­teurs du Fu­tur osc op edePoi tiers .“Quand je re­garde des images de ca­mé­ras em­bar­qué es qui ont été prises à des mo­ments vrai­ment chauds, je ne res­sens pas la si­tua­tion telle que je l’ ai vé­cue. Pour cette at­trac­tion, j’ ai fait les ac­tions avec une208WRX, et, grâce aux nou­velles tech­no­lo­gies, on les re­trans­crit pour s’ ap­pro­cher le plus pos­sible de la réa­li­té .” Et quand leWRX pas­se­ra à l’ élec­trique, Sébastien se­rat-il de l’ aven­ture ?“C’ est pré­vu. Je ne connais pas et je ne peux pas dire que je suis su­per fan. Pour moi, les voi­tures de course font du bruit mais le sport au­to­mo­bile est une vi­trine et, en ce sens, le ral­ly cross est idéal car les courses sont courtes, ce qui ne pose pas de pro­blème de ges­tion de bat­te­ries, et comme les au­tos se­ront plus lé­gères et aus­si puis­santes, ce se­ra sym­pa .” En ef­fet, ce­la pro­met. Autre atout pour le dé­ve­lop­pe­ment de la dis­ci­pline, aux cir­cuits his­to­riques ty­pés comme ceux de Hell en Nor­vège, Höljes en Suède ou Lohéac en France, les tra­cés de F1 tels Bar­ce­lone, Sil­vers­tone et Aus­tin (Texas) s’amé­nagent pour ac­cueillir des manches du cham­pion­nat du monde. En 2020, avec la For­mule E, très ur­baine, et le WRX, l’élec­tri­ci­té ne se­ra plus une ex­cep­tion dans le do­maine de la course : une di­zaine de construc­teurs se­ront of­fi­ciel­le­ment pré­sents dans ces deux com­pé­ti­tions zé­ro émis­sion et pour­tant spec­ta­cu­laires. ///

1 Le ri­tuel du ven­dre­di ma­tin : ins­pec­tion à pied sur cir­cuit. Sébastien Loeb en pro­fite pour faire du vé­lo. 2 En fi­nale, fric­tion entre Eks­tröm (Au­di) et Han­sen (Peu­geot). 3 Après le ral­lye (neuf titres mon­diaux), Le Mans et les courses de voi­tures de tou­risme (WTCC) sur cir­cuit, Sébastien Loeb ral­ly­man et pis­tard maî­trise par­fai­te­ment cette dis­ci­pline mê­lant bi­tume et terre, tra­jec­toires au cor­deau et glis­sades. 1

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Dé­part de la fi­nale avec les six meilleurs : Kris­tof­fers­son (Po­lo) a pris les choses en mains.1 En ral­ly­cross, pas d’es­sais seul en piste. Les quatre séances de qua­li­fi­ca­tions sont des courses achar­nées pour réus­sir le meilleur temps pos­sible. 2 Après chaque qua­lif, les per­for­mances sont ana­ly­sées mètre par mètre. Ici, les frères Han­sen, Ke­vin (à droite) et Tim­my (de dos).

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