Faux pa­piers sous le clo­cher

Le Bessin Libre - - La Une -

Cette se­maine, la Pro­me­nade in­so­lite d’Alain Fergent nous em­mène sous le clo­cher de l’église No­treDame d’Alen­çon, qui abri­tait une fa­brique de faux pa­piers pen­dant la Deuxième Guerre mon­diale. C’est là que l’ab­bé Mar­tin, puis l’ab­bé Fer­ré, fa­bri­quèrent, pen­dant les an­nées noires, des do­cu­ments qui ont pro­ba­ble­ment sau­vé la vie à des di­zaines de ré­frac­taires au STO, fa­milles juives, avia­teurs… Ai­dés d’un en­fant de choeur et d’un pe­tit groupe de ré­sis­tants d’Alen­çon, ils ont or­ga­ni­sé, avec l’aide d’une li­brai­rie et d’un im­pri­meur, un vé­ri­table ré­seau qui coû­ta la vie à l’un d’eux. Page 11. Ce qui dé­con­certe dans ces évé­ne­ments de Mai 68 dont on va beau­coup re­par­ler parce que ce­la se pas­sait il y a cin­quante ans et que nous en conser­vons de nom­breux té­moins, c’est leur cô­té pa­ra­doxal. En gé­né­ral les ex­plo­sions de co­lère so­ciale se pro­duisent quand ça va mal, chô­mage en hausse, sa­laires et pou­voir d’achat en baisse. En 1968, ce fut tout le contraire ; on trou­vait du tra­vail du jour au len­de­main et la pros­pé­ri­té était gé­né­rale. D’où ve­nait donc cette “in­sur­rec­tion” ?

Le 15 mars 1968, le chef du ser­vice po­li­tique du jour­nal Le Monde, Pierre Vians­son-Pon­té, pu­blie un ar­ticle res­té cé­lèbre qui s’in­ti­tule : “La France s’en­nuie”. Elle s’en­nuie parce qu’il ne se passe ap­pa­rem­ment rien, que les seules causes cen­sées la faire vi­brer sont loin­taines, la guerre au Viet­nam ou le prin­temps de Prague. Il semble même que le gé­né­ral de Gaulle s’en­nuie, n’ayant plus à inau­gu­rer que les

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