Une Ita­lie in­gou­ver­nable ? L’Eu­rope de­vant les po­pu­lismes

Pas de vraie ma­jo­ri­té, trop de cal­culs, mon­tée des ex­trêmes : ce sont les élec­tions ita­liennes.

Le Bessin Libre - - France-monde -

Cette se­maine en Ita­lie, au len­de­main des élec­tions lé­gis­la­tives du 4 mars, presque tous les par­tis pa­voi­saient mais per­sonne n’y voyait clair.

Nu­mé­ro 1 re­la­tif avec en­vi­ron 30 % des voix, le Mou­ve­ment 5 Etoiles par­lait de “triomphe” et pro­cla­mait : “tous de­vront par­ler avec nous !”

Le bloc le plus im­por­tant re­ven­di­quait lundi 36,7 % : c’était l’al­liance du par­ti de centre droit For­za Ita­lia, par­rai­né par Sil­vio Ber­lus­co­ni, et de deux par­tis clas­sés à l’ex­trême droite pour leur dis­cours sur l’Eu­rope ou l’im­mi­gra­tion: la Ligue du Nord et le mou­ve­ment Frères d’Ita­lie.

Nau­frage po­li­tique du centre-gauche de Mat­teo Ren­zi

Les seuls à ne pas pa­voi­ser de­puis di­manche soir sont l’ex-pré­sident du Con­seil Mat­teo Ren­zi et ses amis du Par­ti dé­mo­crate de cen­tre­gauche. La­mi­nés, ils sont tom­bés à moins de 23 % : nau­frage d’une for­ma­tion qui se consi­dé­rait de­puis 2011 comme “le vrai par­ti de gou­ver­ne­ment”, et dont le jeune lea­der, Ren­zi, avait bâ­ti son as­cen­sion sur des pos­tures pré­fi­gu­rant par­fois celles d’Em­ma­nuel Ma­cron en France...

La classe po­li­tique ita­lienne se trou­vait donc cette se­maine dans la né­ces­si­té de com­po­ser - en­core une fois - une coa­li­tion. Mais les dés sem­blaient plus pi­pés en­core que d’ha­bi­tude.

En cas de coa­li­tion du centre-droit à l’ex­trême droite, qui donc al­lait de­ve­nir pré­sident de l’exé­cu­tif ? Pas l’oc­to­gé­naire Ber­lus­co­ni, condam­né à l’in­éli­gi­bi­li­té par les juges. Mais le “ca­va­liere” reste puis­sant en dé­pit des scan­dales : et il se pose en vieux sage pro­té­geant les simples ci­toyens contre l’ex­tré­misme de... ses propres al­liés, dont Mat­teo Sal­vi­ni, chef de la Ligue du Nord.

Un “scé­na­rio­cau­che­mar”

Pou­vait-on ima­gi­ner une coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale entre le cen­tre­droit ber­lus­co­nien et le Mou­ve­ment 5 Etoiles ? Dif­fi­cile, dans la me­sure où Ber­lus­co­ni se pose éga­le­ment en pro­tec­teur contre les ou­trances de cette for­ma­tion ul­tra-po­pu­liste. Les élus “5 Etoiles” sont ta­pa­geurs mais in­ex­pé­ri­men­tés, même si leur nou­veau lea­der – le jeune Lui­gi di Maio – tente de les faire évo­luer vers plus de res­pec­ta­bi­li­té. Res­tait un “scénario-cau­che­mar” évo­qué à Rome : une al­liance Ligue du Nord + Mou­ve­ment 5 Etoiles, apo­théose à l’ita­lienne du po­pu­lisme qui en­fièvre plu­sieurs pays d’Eu­rope – no­tam­ment outre-Rhin, avec la re­nais­sance de nos­tal­gies brunes.

D’où l’an­xié­té des of­fi­ciels al­le­mands, de­puis le 5 mars, de­vant les trac­ta­tions qui s’ou­vraient sur les bords du Tibre.

Mat­teo Sal­vi­ni, 45 ans, est l’in­quié­tant chef de la Ligue du Nord, for­ma­tion d’ex­trême-droite. Le slo­gan de sa cam­pagne : “Les Ita­liens d’abord”.

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