“Avoir un but dans la vie”, c’est la lo­go­thé­ra­pie

Le Bessin Libre - - Vie Pratique - Ma­rie-Amé­lie Lar­chet, psy­cho­logue

chose qu’ils de­vaient faire avant de mou­rir. Pour le dé­te­nu Frankl ce fut tout simple : ré­écrire le ma­nus­crit qui lui avait été confis­qué lors de son ar­ri­vée à Au­sch­witz. Après sa li­bé­ra­tion, il re­prit ses ac­ti­vi­tés de mé­de­cine. Dans la fou­lée, en 1946, il pu­blia Dé­cou­vrir un sens à sa vie avec la lo­go­thé­ra­pie, dans le­quel il dé­crit son ex­pé­riences du déses­poir et de la sur­vie dans l’uni­vers concen­tra­tion­naire. Il en dé­duit les prin­cipes et les tech­niques de la lo­go­thé­ra­pie, qui eurent ra­pi­de­ment un grand suc­cès, et furent tra­duits en une tren­taine de langues. Il reste pour­tant en­core peu étu­dié en France. Se­lon le doc­teur Frankl, le sens de la vie peut se dé­cou­vrir de trois ma­nières :

- en pro­dui­sant quelque chose : un tra­vail, un ou­til, une créa­tion, ou en­core une simple bonne ac­tion. Il s’agit en somme de re­con­naître nos ta­lents et de les mettre à pro­fit là où nous sommes.

- en fai­sant l’ex­pé­rience de la beau­té et de l’amour. Sa­voir s’en­chan­ter d’un vi­sage, d’un bel ou­vrage, d’un pay­sage. C’est l’émer­veille­ment qui dé­tache l’âme de la noir­ceur qui peut l’en­vi­ron­ner, d’après Frankl.

- en as­su­mant ses souf­frances, car elles sont in­évi­tables : ce­la conduit à les su­bli­mer en voyant à tra­vers elles une oc­ca­sion de gran­dir, de se dé­pas­ser, de se rap­pro­cher d’au­trui. Thé­ra­peute et ob­ser­va­teur éprou­vé, Frankl a ou­vert des voies à nombre de ses pa­tients dans le trai­te­ment de la toxi­co­ma­nie, du stress post-trau­ma­tique, en plus de la dé­pres­sion et de l’an­xié­té.

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