Oua­ga­dou­gou : at­ten­tats à double face

Le Bocage Libre - - France-Monde -

At­ten­tats dans la ca­pi­tale du Bur­ki­na Fa­so : après les at­taques du 2 mars, de nou­velles fu­sillades ont écla­té le 4 mars au centre-ville, et une ca­mion­nette char­gée d’ex­plo­sifs a dé­truit la salle d’un bâ­ti­ment mi­li­taire où au­rait dû se te­nir une réunion de la force afri­caine an­ti­ji­ha­diste “G5 Sa­hel”. Réunion dé­pro­gram­mée au der­nier mo­ment, mais seuls les in­vi­tés l’avaient su...

D’où viennent ces vagues de vio­lence ?

L’or­ga­ni­sa­tion is­la­miste ma­lienne GSIM a re­ven­di­qué les tirs du 2 mars. Mais les ser­vices fran­çais et la pré­si­dence du Bur­ki­na s’in­ter­rogent. Il n’y avait ja­mais eu d’at­ten­tats is­la­mistes dans le pays jus­qu’à l’évic­tion en 2014 du pré­sident Blaise Com­pao­ré sous la pres­sion d’émeutes syn­di­cales et étu­diantes. Or Com­pao­ré est per­son­nel­le­ment lié à des ji­ha­distes ma­liens. Mi­li­taire de for­ma­tion, il a de nom­breuses com­pli­ci­tés chez les mi­li­taires bur­ki­na­bés. Et de­puis qu’il a été chas­sé du pou­voir, le pays a su­bi cin­quante at­ten­tats qui ont fait plus de 130 morts. La ca­mion­nette du 4 mars était conduite par des in­di­vi­dus en uni­forme, qui avaient dû bé­né­fi­cier de fuites sur le G5 Sa­hel...

D’où le mes­sage du pré­sident Roch Marc Ka­bo­ré, di­manche, qui n’in­cri­mi­nait pas le ji­ha­disme mais “le dé­sir de pou­voir et de ven­geance” : nette al­lu­sion au clan Com­pao­ré.

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