Le coin du psy

Le Bocage Libre - - Vie Pratique - Ma­rie-Amé­lie Lar­chet

Com­ment ai­der un proche à se sor­tir d’une ad­dic­tion ?

Sor­tir de la dé­pen­dance (al­cool, drogues, jeux, etc.) n’est pas fa­cile : il n’existe pas de trai­te­ment ful­gu­rant ni de for­mule ma­gique pour faire dis­pa­raître ce qui est de­ve­nu un be­soin com­pul­sif de consom­mer. Alors, com­ment peut-on ai­der un proche vic­time d’une ad­dic­tion ?

Voi­ci quelques sug­ges­tions : Re­con­naitre. Les va­ria­tions bru­tales d’hu­meur, la perte d’éner­gie et de mo­ti­va­tion ain­si que le repli sur soi, en fa­mille ou en so­cié­té, sont des signes qui peuvent ré­vé­ler une ad­dic­tion, d’au­tant plus s’ils sont as­sor­tis de pro­blèmes d’ar­gent. Com­prendre. Mieux vaut se ren­sei­gner avant d’in­ter­ve­nir trop vite, pour prendre le temps de com­prendre, sans ju­ge­ment hâ­tif, com­ment la per­sonne concer­née a glis­sé sur cette pente et, si pos­sible, pour­quoi. La dé­pen­dance pro­vient en ef­fet sou­vent, au moins au dé­but, d’un manque psy­cho­lo­gique que la vic­time com­pense en lui sub­sti­tuant un pro­duit consom­mable. Cette frus­tra­tion ini­tiale rentre en compte quand il s’agit de construire un pro­ces­sus de ré­ta­blis­se­ment. En­cou­ra­ger. Il ne faut pas se lais- ser dé­sta­bi­li­ser par le dé­ni ou les ex­cuses : ac­cep­ter qu’une ad­dic­tion est de­ve­nue pa­tho­lo­gique est une épreuve pour la vic­time. Aus­si faut-il per­sis­ter pour la convaincre de se soi­gner, pa­tiem­ment, pour ne pas la bra­quer, sur­tout si elle se sent cou­pable ou honteuse. Mal­heu­reu­se­ment, un pla­ce­ment dans un centre de soin de­vient par­fois né­ces­saire, sim­ple­ment pour pro­té­ger la vic­time d’el­le­même. Une telle dé­ci­sion se mû­rit : l’avis d’un pro­fes­sion­nel de san­té est in­dis­pen­sable. Res­ter pré­sent. Main­te­nir l’écoute comp­te­ra beau­coup dans le ré­ta­blis­se­ment du pa­tient : il faut lui ma­ni­fes­ter que le sou­tien et l’af­fec­tion qu’on lui porte sont in­dé­pen­dants de son ad­dic­tion ou des pro­grès du trai­te­ment. Mais la re­la­tion peut être très éprou­vante et de­mande beau­coup de per­sé­vé­rance, d’éner­gie et de tact. Il ne faut pas hé­si­ter à se rap­pro­cher d’as­so­cia­tions spé­cia­li­sées pour mieux com­mu­ni­quer avec un proche dé­pen­dant.

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