3 ans et de­mi de pri­son pour tra­fic de stu­pé­fiants

Le Courrier de Fourmies - - TRIBUNAL - B.

C’est

en­core grâce à un ren­sei­gne­ment ano­nyme comme c’est souvent le cas en ma­tière de lutte contre les stu­pé­fiants, qu’un tra­fic est en­core tom­bé sur Mau­beuge. Cette fois, deux nu­mé­ros de té­lé­phone sont don­nés, qui ap­par­tien­draient à un cer­tain Ké­vin De Bri­to, char­gé de four­nir en co­caïne et hé­roïne plu­sieurs consom­ma­teurs. Des mises sur écoute sont ef­fec­tuées, des toxi­cos sont en­ten­dus. Ra­pi­de­ment in­ter­pel­lé, le pré­ve­nu re­con­naît les faits et avoue vendre en­vi­ron pour 100 à 150 eu­ros par jour de pro­duits stu­pé­fiants sur la ré­gion de Mau­beuge et ce de­puis le dé­but jan­vier. Le seul hic est qu’opé­rant de­puis un hô­tel sur Fei­gnies, il af­firme être sous la coupe d’une fa­mille qui le ter­ro­ri­se­rait et l’obli­ge­rait à re­vendre la drogue, en par­ti­cu­lier, un cer­tain John K. dont le pré­ve­nu a re­fu­sé de don­ner le vé­ri­table pa­tro­nyme. « Il y a trop de risque, pour moi et ma fa­mille, af­firme Ké­vin De Bri­to à la barre. Je les connais de­puis des an­nées, beau­coup de gens tra­vaillent pour eux, tout le monde a peur d’eux, ils m’ont dé­jà at­ta­ché à un arbre. Même la po­lice dit “on sait que c’est eux, mais on n’a pas de preuves’’. Vous fe­rez quoi quand je se­rai mort ? » Tou­jours est- il que le tra­fic était bien hui­lé sur Fei­gnies. Quel­qu’un ap­por­tait les doses dé­jà prêtes à l’hô­tel où De Bri­to les écou­lait. Quans il n’y en avait plus, l’ar­gent était ré­col­té et de nou­velles doses étaient four­nies. « Mais moi, je n’ai ja­mais fait ça pour l’ar­gent, af­firme De Bri­to à la barre, je “grat­tais’’ un peu sur les doses pour mon ar­gent de poche et payer l’hô­tel ». Bien suf­fi­sant ce­pen­dant pour le sub­sti­tut Bru­no Sau­vage qui émet­tra ce­pen­dant quelques doutes sur la frayeur du pré­ve­nu quant à ses four­nis­seurs. « Le pré­ve­nu avait une in­ter­dic­tion de sé­jour jus­qu’en avril 2014 dans le dé­par­te­ment du Nord, per­sonne ne l’obli­geait à être là. Il n’a pas res­pec­té une dé­ci­sion de jus­tice et en­suite, il nous fait croire qu’il est op­pres­sé, or, il est re­ve­nu à Mau­beuge de son plein gré. Qui plus est pour quel­qu’un de ter­ro­ri­sé, il n’hé­si­tait pas à “ca­rot­ter’’ ses op­pres­seurs pour son ar­gent de poche et son hô­tel ! ». Même doute concer­nant le fa­meux John K. « Les mes­sages re­le­vés sur les té­lé­phones res­sem­blaient plus à des de­mandes de re­nou­vel­le­ment de stock qu’à des me­naces. Et au vu du ca­sier du pré­ve­nu de toute ma­nière, il n’est pas homme à se lais­ser in­ti­mi­der. » Il est vrai que le ca­sier de De Bri­to est élo­quent. De­puis 2006 pas moins de 7 condam­na­tions as­sor­ties par­fois de peines lourdes pour des vols, me­naces de crime, tra­fic de stu­pé­fiants, at­teintes aux biens, éva­sion... Et un sur­sis mis à l’épreuve en­core en cours. La peine plan­cher de 4 ans de pri­son ferme se­ra de­man­dée par le sub­sti­tut, plus un man­dat de dé­pôt et une in­ter­dic­tion de sé­jour dans le nord pen­dant 3 ans. Maître Mai­son ten­te­ra bien à la dé­fense des in­té­rêts du jeune homme de sou­li­gner son rôle de lam­piste et la vé­ra­ci­té des me­naces qui planent sur son client comme sur beau­coup d’autres à Mau­beuge. « J’ai de­man­dé à ce que soit pro­cé­dé l’écoute d’un autre té­lé­phone mis hors pro­cé­dure mar­tè­le­ra l’avo­cate, ce­la n’a pas été fait. Une heure avant l’in­ter­pel­la­tion de mon client, il y avait bien l’ap­pel d’un in­con­nu qui ne plai­san­tait pas... » Peine per­due. Après en avoir dé­li­bé­ré, le tri­bu­nal condam­ne­ra Ké­vin De Bri­to à 3 ans de pri­son ferme, plus six mois de ré­vo­ca­tion de sur­sis mise à l’épreuve, une in­ter­dic­tion de sé­jour de 3 ans dans le Nord et un man­dat de dé­pôt.

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