Trois ans ferme dans l’af­faire des voi­tures de luxe vo­lées

C’était l’épi­logue ven­dre­di d’une af­faire da­tant de 2011 et dé­jà par­tiel­le­ment ju­gée en juillet der­nier.

Le Courrier de Fourmies - - TRIBUNAL -

Dix- sept pré­ve­nus, un dé­ploie­ment im­pres­sion­nant de forces de l’ordre, le quar­tier bou­clé pen­dant une se­maine. L’af­faire de tra­fic de voi­tures de luxe vo­lées en 2011 et met­tant en cause un grand nombre d’in­di­vi­dus, prin­ci­pa­le­ment sam­briens, avait fait grand bruit à l’époque. Et en ce dé­but juillet 2014, deux peines lourdes avaient été pro­non­cées à l’en­contre des deux prin­ci­paux chefs du ré­seau : 5 et 4 ans de pri­son ferme. Ven­dre­di der­nier com­pa­rais­sait ain­si deux autres pré­ve­nus qui avaient pu bé­né­fi­cier d’une dis­jonc­tion dans ce dos­sier. Bel­gue­bli Bra­him, le frère du chef de ré­seau qui avait pris 5 ans ferme et M.A., qui, lui, com­pa­rais­sait libre, sim­ple­ment sus­pec­té de re­cel et de faux pour un vé­hi­cule ache­té en Bel­gique.

Une mise sur écoute pour des stups

A l’ori­gine c’est une mise sur écoute dans une af­faire de stu­pé­fiants qui per­met de dé­cou­vrir le pot aux roses. Et un vaste ré­seau de voi­tures de luxe vo­lées sur­tout en Ita­lie, tran­si­tant par l’Es­pagne ou l’Al­le­magne. Au moyen de faux do­cu­ments des com­parses al­laient cher­cher les vé­hi­cules à l’étran­ger, afin de les ra­pa­trier sur le ter­ri­toire fran­çais et les vendre, opé­rant par là de fruc­tueuses plus­va­lues.

Deux pré­ve­nus, deux vic­times

Pour le prin­ci­pal pré­ve­nu, Bra­him Bel­gue­bli, c’est tout juste s’il ne de­mande pas à la cour ce qu’il fait là. Son nom qui ap­pa­raît lors des écoutes per­met ce­pen­dant de cer­ti­fier qu’au moins une fois, il a été l’in­ter­mé­diaire dans la vente d’une de ces voi­tures, re­ce­vant en contre­par­tie 1000 eu­ros pour la vente. « Sauf que je ne sa­vais pas qu’elle était vo­lée se dé­fend Bel­gue­bli, je pen­sais que c’était des voi­tures de lo­ca­tion ou en lea­sing. » Une ex­pli­ca­tion un peu juste pour le pro­cu­reur J.F. Creon, poin­tant l’at­ti­tude hautement sus­pecte d’un pré­ve­nu se di­sant in­no­cent. En ef­fet, lors de la per­qui­si­tion à son do­mi­cile, l’homme pren­dra im­mé­dia­te­ment la fuite. En ca­vale du­rant quelque temps, il se­ra re­trou­vé à la fron­tière es­pa­gnole mu­ni d’un faux pas­se­port, par­ti­cu­liè­re­ment bien imi­té se­lon les mots mêmes du pro­cu­reur. « C’est nor­mal que je me sois en­fui, sou­tient en­core Bel­gue­bli, j’ai eu peur, je ve­nais de me ma­rier, j’avais peur de tout perdre.» Et en­core une fois de ten­ter de se faire pas­ser pour une vic­time, fus­ti­geant l’un des condam­nés en juillet J.Bouaz­za qui a éco­pé de 4 ans de pri­son. « Je sa­vais qu’il trem­pait dans des ma­gouilles mais main­te­nant que je sais, je lui en veux il m’a gâ­ché ma vie, tout ça pour mille eu­ros...»

Le deuxième pré­ve­nu est un né­go­ciant en voi­tures

Concer­nant le deuxième pré­ve­nu, même son de cloche, il ne sait pas ce qu’il fait là. Ni pour­quoi il est as­so­cié à cette af­faire. Son seul tort avoir ache­té en Bel­gique un vé­hi­cule qui s’avé­re­ra vo­lé au moyen de faux do­cu­ments qu’il pen­sait lé­gaux en Bel­gique. Ce qui ne man­que­ra pas là en­core d’in­ter­pel­ler le mi­nis­tère pu­blic, M.A. exer­çant la pro­fes­sion de né­go­ciant en voi­ture. « Je ne connais au­cun pro­ta­go­niste de cette af­faire se dé­fend, M. A. J’ai ache­té la Porsche sur un site in­ter­net. On achète tout le temps des vé­hi­cules comme ça en Bel­gique, ça se fait comme ça, on a un do­cu­ment vierge si­gné par le pro­prié­taire de la voi­ture, il ne reste plus à ins­crire le nom de ce­lui qui l’achète.» Peu convain­cu de toutes ces ex­pli­ca­tions le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique re­quer­ra 5 ans de pri­son ferme pour Bra­him Bel­gue­bli, per­sua­dé qu’il for­mait avec son frère la tête du ré­seau. Même chose pour M.A, dont il ne re­con­naît pas la bonne foi, dé­jà condam­né à six re­prises pour dé­jà une af­faire de vol et une de re­cel. 3 mois ferme se­ront re­quis à son en­contre. Plus une in­ter­dic­tion d’exer­cer une pro­fes­sion en re­la­tion avec la vente de vé­hi­cules. Après en avoir dé­li­bé­ré, le tri­bu­nal pré­si­dé par J. S. Jo­ly, dé­cla­re­ra cou­pable Bra­him Bel­gue­bli et le condam­ne­ra à 3 ans de pri­son ferme avec main­tien en dé­ten­tion. M.A. est par contre re­laxé au mo­tif de re­cel. Quant à l’usage de faux do­cu­ments, il de­vra de nou­veau être ju­gé, le par­quet étant en­joint à mieux se pour­voir.

« M. Bouaz­za n’a de cesse de men­tir ou de se faire pas­ser pour le din­don de la farce » JEAN-FRAN­CIS CREON PRO­CU­REUR DE LA RÉ­PU­BLIQUE

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