La co­lère gronde dans les ca­sernes des sa­peurs-pom­piers

Le Courrier de Fourmies - - LA UNE -

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ren­contre avec 18 chefs de centre de se­cours du dé­par­te­ment de­vait avoir lieu tôt di­manche 8 no­vembre, à la ca­serne d’Haut­mont. Près de 250 sol­dats du feu ve­nus de tout le dé­par­te­ment étaient aus­si pré­sents, ré­pon­dant à l'ap­pel à la mo­bi­li­sa­tion lan­cé par les syn­di­cats dans le but de sou­te­nir leur hié­rar­chie. A 8h15, ils ral­liaient le centre-ville et se pré­sen­taient aux portes de la mai­rie où la réunion était fi­na­le­ment dé­lo­ca­li­sée. Gar­dant l'en­trée, mé­dia­teurs et po­lice mu­ni­ci­pale se­ront ra­pi­de­ment dé­bor­dés par la dé­ter­mi­na­tion des sa­peurs pom­piers bien plus nom­breux que les forces de l'ordre. Se frayant un che­min tant bien que mal et le vi­sage fer­mé, Joël Wil­motte ga­gnait le pre­mier étage où l'at­ten­daient les vi­si­teurs im­pré­vus. Quelque peu désar­çon­né, mais re­pre­nant ra­pi­de­ment son aplomb, ce­lui-ci don­ne­ra le ton ra­pi­de­ment quand un syn­di­ca­liste s'adres­se­ra à lui par un « Mon­sieur Wil­motte » quelque peu in­ci­sif . « C'estMon­sieur­le­pré­sident » se voyait-il ré­pondre. Une vo­lon­té af­fi­chée de ne pas flé­chir et de gar­der la main dès le dé­but d'un dé­bat qui pro­met­tait d'être hou­leux. Seule l'an­nonce du main­tien jus­qu'en mai 2016 du ré­gime in­dem­ni­taire et des primes, lais­se­ra échap­per des ap­plau­dis­se­ments. Une am­biance apai­sée éphé­mère lorsque le pré­sident lan­ce­ra « Pour la po­pu­la­tion, vous êtes une or­ga­ni­sa­tion pa­ra­mi­li­taire. Cette per­cep­tion n'est pas uni­que­ment la mienne » . Une phrase qui lui at­ti­re­ra les foudres et une mon­tée au cré­neau de la part des syn­di­ca­listes à l'image de Marc De­fauwe, dé­lé­guéCGT. «Nous­ne­som­mes­pas une or­ga­ni­sa­tion pa­ra­mi­li­taire, mais une fonc­tion pu­blique ter­ri­to­riale qui tient à rendre un opé­ra­tion­nel ef­fi­cace et qui res­pec­te­sa­hié­rar­chie.On­ne­vient­pa­si­ci­vous ar­ra­cher­la­che­mise! ».

Une vi­site in­opi­née à Va­len­ciennes. Un dé­to­na­teur ?

Laurent Cau­ter­man, pour la CGT éga­le­ment, s'adres­sait au pa­tron du SDIS par un iro­nique « M. Wil­motte gé­né­ral pré­sident ». « LeDé­par­te­men­tes­ten­dif­fi­cul­té,maisle po­li­ti­que­que­vou­sêtes,que­fait-il?12mil­lions­de­moins,vous­vous­ren­dez­compte? C'est dé­jà com­pli­qué avec les at­tri­bu­tions ac­tuelles. C'est votre rôle d'in­ter­pel­ler les hau­te­sins­tan­ces­del'Etat.Vous­ne­le­faites pas. Vous vous faites le bour­reau et c'est tris­te­de­vo­tre­part ». La goutte d'eau qui au­ra cer­tai­ne­ment fait dé­bor­der le vase et ame­né à une telle mo­bi­li­sa­tion est l'in­ter­ven­tion de Joël Wil­motte la veille à la ca­serne de Va­len­ciennes. Ce der­nier, ju­geant in­ad­mis­sible de faire des vé­hi­cules du SDIS des moyens de com­mu­ni­ca­tions, a in­ti­mé au co­lo­nel, chef du centre en ques­tion, de mettre un terme à l'usage des vé­hi­cules pour la dif­fu­sion des slo­gans. Tous les pom­piers de la ca­serne avaient été réunis dans la cour afin de faire pas­ser le mes­sage. Une at­ti­tude dé­pas­sant son rôle de pré­sident pour cer­tains, du ja­mais vu pour d'autres.

Di­manche 8 no­vembre, à la mai­rie d’Haut­mont.

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