Les trois ri­chesses de Mous­tier- enFagne

L’édi­fice au­rait été fon­dé au VIIe siècle par Saint- Lan­de­lin. Au­jourd’hui en­core, il est oc­cu­pé par les Soeurs bé­né­dic­tines.

Le Courrier de Fourmies - - Moustier-en-fagne -

Lieu in­con­tour­nable du vil­lage, le mo­nas­tère au­rait été fon­dé au VIIe siècle par Saint- Lan­de­lin, éga­le­ment fon­da­teur de l’abbaye de Lobbes. En 844, à la de­mande de Lobbes, l’évêque de Cam­brai pro­cède à la dé­di­cace d’une nou­velle église, consa­crée à SaintPierr­e. C’est au cours du IXe siècle que se dé­ve­loppe le culte à Do­don, re­con­nu pour soi­gner les rhu­ma­tismes. L’évêque de Cam­brai pro­cède alors à la ca­no­ni­sa­tion de l’er­mite, avec exal­ta­tion de ses re­liques, qui sont tou­jours conser­vées au prieu­ré. Les nom­breux conflits qui tra­versent la ré­gion contraigne­nt les re­li­gieux à ef­fec­tuer de nom­breuses ré­pa­ra­tions au fil des siècles. En 1078, le mo­nas­tère est cé­dé par Lobbes à l’évê­ché de Cam­brai, qui y ins­talle des clercs. En 1127, Lobbes re­prend tou­te­fois le contrôle sur le mo­nas­tère. Au fil des siècles, les re­li­gieux conser­ve­ront des pri­vi­lèges : le droit de pêche ou de chasse leur est par exemple exclusif. Au XVIIIe siècle sont réa­li­sés de nom­breux tra­vaux. En 1711 est construit le porche nord, rem­pla­çant peut- être un pré­cé­dent. L’an­née 1711 est d’ailleurs gra­vée sur le porche, par Marc Col­lins. En 1747, deux ans après la construc­tion du cal­vaire, le prieur Abel Bras­sart dé­cède. C’est la seule tombe où l’ins­crip­tion est en­core li­sible en l’église, les autres ayant été bu­ri­nées lors de la Ré­vo­lu­tion. L’an­née 1777, in­di­quée sur la fa­çade du Prieu­ré, est celle des tra­vaux d’agran­dis­se­ment. Une cui­sine est construite. De même, le su­perbe es­ca­lier de chêne est construit à cette époque. Après les évé­ne­ments tra­giques de la Ré­vo­lu­tion, le lieu est ven­du à des par­ti­cu­liers. En 1860, la cha­pelle Saint- Do­don est re­cons­truite contre l’église de Mous­tier, de­ve­nue pro­prié­té pri­vée. 27 ans plus tard, l’on pro­cède à la der­nière trans­la­tion des re­liques de Saint- Do­don, de Baives à Mous­tier. La châsse des re­liques se­ra uti­li­sée plu­sieurs fois lors de pro­ces­sions, par­tant de Mous­tier pour ar­ri­ver à Lobbes, comme en 1954. Plu­sieurs chan­tiers sont or­ga­ni­sés par de jeunes jé­suites, puis l’église se dote de nou­veaux vi­traux, créés par Ber­nard Pel­tier, ar­chi­tecte de Mau­beuge, en 1966. Le 16 avril 1962, grâce à la vo­lon­té de l’ab­bé Har­dy qui avait ra­che­té le mo­nas­tère, les moines sont de re­tour dans le vil­lage. En 1968, ar­rivent les Soeurs bé­né­dic­tines oli­vé­taines de rite by­zan­tin, connues pour la pein­ture et la confec­tion d’icônes. L’of­fice est ca­rac­té­ri­sé par le rite by­zan­tin- slave et les messes sont au­jourd’hui en­core cé­lé­brées tous les jours. En 1972, la sta­tue de Saint- Do­don est vo­lée dans l’église. Dans les an­nées 60, au cours des chan­tiers, fut dé­ter­ré de­vant le mo­nas­tère un au­tel de plu­sieurs cen­taines d’an­nées. En ef­fet, un ca­pi­tu­laire de Char­le­magne oblige les au­tels à avoir cinq creux ou ca­vi­tés pour la consé­cra­tion : tous les au­tels non conformes ont été en­ter­rés. L’au­tel de Mous­tier com­porte six creux, signe de son an­té­rio­ri­té au ca­pi­tu­laire. Il est d’ailleurs vi­sible lors des Jour­nées du pa­tri­moine.

Il est en­core pos­sible de vi­si­ter le mo­nas­tère de Mous­tier.

L’une des en­trées du mo­nas­tère.

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