Do­ry­phores : la plaie des jar­di­niers est re­ve­nue

Si­tués entre la rue de la Ré­pu­blique et l’Oise, les jar­dins d’in­ser­tion ont été dé­vas­tés cet été par un pe­tit ( mais cos­taud !) ra­va­geur : le Do­ry­phore. D’autres jar­di­niers ins­tal­lés à Hir­son ont as­sis­té, par­fois pour la pre­mière fois, à l’ar­ri­vée de ce c

Le Courrier de Fourmies - - LA UNE - Gué­naël Hal­lart

Le di­rec­teur du Centre com­mu­nal d’ac­tion so­ciale ( CCAS) d’Hir­son, Vincent Spa­kows­ki n’en re­vient tou­jours pas. En une seule soi­rée, dans les jar­dins so­li­daires gé­rés par le CCAS, rue de la Ré­pu­blique, une ar­mée de Do­ry­phores a ra­va­gé une route en­tière d’une ving­taine de mètres de long de pommes de terre ! L’at­taque s’est pro­duite entre la fin du mois de juin et dé­but juillet, ra­va­geant une bonne par­tie des 200 kg de plants culti­vés dans ces jar­dins proches de l’Oise. « Il y avait des cen­taines de Do­ry­phores. C’était im­pres­sion­nant ! confie Vincent Spa­kows­ki. Au dé­but, nous avons es­sayé de les re­ti­rer à la main, mais compte- te­nu du nombre, nous avons aban­don­né. Nous avons vou­lu ache­ter un pro­duit contre ces in­sectes à Hir­son, mais il n’y en n’avait plus en rayon. Nous avons uti­li­sé un autre in­sec­ti­cide, mais il n’a pas été très ef­fi­cace. » Se­lon lui, les orages et par consé­quent J’en ai très peu vu dans ma vie. J’en ai trou­vé un à Ori­gny il y a 2 ans, mais ré­cem­ment deux per­sonnes du Nord et de la ré­gion pa­ri­sienne en ont trou­vé chez elles. Et c’est un peu ras­su­rant, ce­la si­gni­fie que moins de pes­ti­cides sont uti­li­sés. l’hu­mi­di­té ap­por­tée à cette pé­riode a fa­vo­ri­sé le dé­ve­lop­pe­ment de cette es­pèce, mais pas par­tout à Hir­son. Dans son po­ta­ger, Vincent Spa­kows­ki n’a pas en­core ob­ser­vé l’ombre d’un seul Do­ry­phore. En re­vanche, la conseillèr­e mu­ni­ci­pale Claude Lion a eu la désa­gréable sur­prise d’ob­ser­ver l’ar­ri­vée de ces en­va­his­seurs ai­lés, rue Al­fred Be­rhuy, au dé­but du mois de juillet éga­le­ment. « J’ai eu beau­coup de mal à m’en dé­bar­ras­ser, en écra­sant les oeufs, les larves et les adultes à la main, en sou­le­vant les feuilles une à une... ex­plique la jar­di­nière. C’est la pre­mière fois que je vois ça ! » . Vi­si­ble­ment, cette pro­li­fé­ra­tion de Do­ry­phores de la pomme de terre a tou­ché un grand nombre de Thié­ra­chiens. Pour preuve la ruée dans le rayon jar­di­nage de Gamm Vert et de Gé­di­mat. « Je re­fuse une cen­taine de bi­dons chaque se­maine » re­grette le res­pon­sable de ce rayon chez Gamm Vert. « En 10 ans, je n’ai ja­mais vu ça ! » confirme So­phie, chez Ge­di­mat.

Be­noît Taquet

Ré­sis­tant Sur­tout de­puis les an­nées 80, ce co­léo­ptère qu’il convien­drait d’éra­di­quer compte- te­nu, à la fois, des dé­gâts qu’il oc­ca­sionne et de son ar­ri­vée ar­ti­fi­cielle ( à cause de l’Homme), ré­siste de plus en plus aux pes­ti­cides. Gour­mand Un seul Do­ry­phore adulte consomme en­vi­ron 10 cm2 de feuille par jour. Son mets fa­vo­ri est la pomme de terre, mais il aime aus­si les feuilles de to­mate et d’au­ber­gine. En­du­rant Ce pe­tit in­secte de 10 mm de long peut par­cou­rir plu­sieurs cen­taines de mètres en mar­chant, et vo­ler sur plu­sieurs di­zaines de ki­lo­mètres. En­va­his­seur Les pre­miers Do­ry­phores, sur le sol eu­ro­péen, au­raient été ob­ser­vés vers 1875 ou 1876 en Al­le­magne ( Brême), puis en 1922 en France, dans le Bor­de­lais, puis à par­tir de 1935 en Bel­gique. Pro­li­fique La fe­melle Do­ry­phore pond, en moyenne, 800 oeufs par an, sur la face in­fé­rieure des feuilles. Cette pro­li­fi­ci­té lui a per­mis de conqué­rir le conti­nent eu­ro­péen, et au- de­là.

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