Les plaintes contre le maire d’Hir­son sont clas­sées sans suite

Har­cè­le­ment mo­ral et agres­sion sexuelle

Le Courrier de Fourmies - - LA UNE - Be­noît Ta­quet

ALes deux plaintes contre le maire pour agres­sion sexuelle et har­cè­le­ment mo­ral, dé­po­sées

par deux em­ployés com­mu­naux, ont été clas­sées sans suite.

près plu­sieurs mois d’en­quête, et plu­sieurs di­zaines d’au­di­tions me­nées par la bri­gade de re­cherches de la com­pa­gnie de Ver­vins suite au dé­pôt de deux plaintes vi­sant le maire d’Hir­son, Jean-Jacques Tho­mas, un clas­se­ment sans suite a été dé­ci­dé. Contac­té ce mer­cre­di ma­tin, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Laon, Bap­tiste Por­cher, es­time, en ef­fet, « qu’il n’y pas suf­fi­sam­ment d’élé­ments pour une in­frac­tion ca­rac­té­ri­sée. » Et de pré­ci­ser : « J’ai re­çu les ré­sul­tats de l’en­quête fin juin ou dé­but juillet, et j’ai pris ma dé­ci­sion quelques se­maines plus tard. »

QUATRE PER­SONNES VI­SÉES PAR UNE PLAINTE

Rap­pe­lons qu’une pre­mière plainte avait été dé­po­sée, via le célèbre avo­cat pé­na­liste lillois Me Franck Ber­ton, pour har­cè­le­ment mo­ral, mais aus­si pour dis­cri­mi­na­tion et ex­ploi­ta­tion de per­sonne vul­né­rable. La plainte, pro­ve­nant d’un em­ployé com­mu­nal des ser­vices tech­niques, vi­sait aus­si le di­rec­teur gé­né­ral des ser­vices de la mai­rie d’Hir­son, Ber­nard Vi­lain, ain­si que le di­rec­teur gé­né­ral ad­joint, Cé­dric Rei­ter, et le di­rec­teur du Centre com­mu­nal d’ac­tion so­ciale (C.C.A.S.), Vincent Sz­pa­kows­ki. La se­conde plainte, pour agres­sion sexuelle cette fois-ci, pro­ve­nait de la com­pagne du pre­mier plai­gnant, elle aus­si em­ployée com­mu­nale. A no­ter que de­puis la ré­vé­la­tion de cette af­faire, en mars der­nier, il nous a tou­jours été im­pos­sible d’en­trer en contact avec Me Franck Ber­ton, mal­gré plu­sieurs ten­ta­tives. In­ter­viewé ce mar­di, Jean-Jacques Tho­mas confirme qu’il a été « blan­chi. Il n’y au­ra pas de pour­suites ju­di­ciaires ». Puis

d’en­chaî­ner : « J’ai tou­jours eu confiance

en la jus­tice. En re­vanche, j’es­time que la

jus­tice mé­dia­tique a ses li­mites. » Le maire d’Hir­son a été en­ten­du par les en­quê­teurs le 11 juin der­nier. Ses proches col­la­bo­ra­teurs l’avaient été quelques jours plus tôt. Jean-Jacques Tho­mas n’était pas ar­ri­vé les mains vides à son au­di­tion, ap­por­tant un dos­sier de huit pages sur cet em­ployé com­mu­nal re­cru­té le 1er jan­vier 2010 sur un poste de co­or­di­na­teur des ate­liers mu­ni­ci­paux. Dans ce dos­sier fi­gu­raient de pro­fondes dis­sen­sions entre cet em­ployé et sa hié­rar­chie, le maire ayant été ame­né à le re­le­ver de ses fonc­tions en 2012. Le 9 fé­vrier 2017, l’em­ployé com­mu­nal est al­lé jus­qu’à ten­ter de se sui­ci­der dans le bu­reau de Ber­nard Vi­lain, ce der­nier l’ayant convo­qué « afin de lui pré­sen­ter la fiche de poste au sein du ser­vice Lo­ge­ment Ur­ba­nisme. » Il s’était le­vé de sa chaise, avait sor­ti un cut­ter de sa poche et s’était cou­pé les poignets. Aler­tés, sa­peurs-pom­piers et gen­darmes s’étaient ra­pi­de­ment ren­dus sur les lieux ce ma­tin-là. Le pro­cu­reur, au vu d’un grand nombre d’élé­ments recueillis au cours de cette longue en­quête, a donc dé­ci­dé de ne pas pour­suivre le maire, ni Ber­nard Vi­lain, Vincent Sz­pa­kows­ki et Cé­dric Rei­ter.

Jean-Jacques Tho­mas, maire d’Hir­son, ex­pli­quait le 23 mars 2018 que « les faits pré­sen­tés de ma­nière vio­lente et gra­tuite ne cor­res­pondent au­cu­ne­ment à la réa­li­té. »

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