L’in­va­sion de pu­naises doit-elle faire peur ?

De drôles de bes­tioles s’in­vitent chez vous pour l’hi­ver

Le Courrier de Fourmies - - LA UNE - An­toine Pi­sa­no

A l’ap­proche de l’au­tomne, les pu­naises se sont in­vi­tées dans les foyers pour y trou­ver un peu de cha­leur. Il s’agit d’une vé­ri­table in­va­sion. Mais est-elle dan­ge­reuse ?

Des ha­bi­tants de Fourmies et plus gé­né­ra­le­ment de l’Avesnois et de la Thiérache font état d’une in­va­sion de pu­naises chez eux. Le phé­no­mène est im­pres­sion­nant mais de­vrait vite se ré­sor­ber.

Vous ne les aviez pas in­vi­tées et pour­tant, elles ont dé­ci­dé d’élire do­mi­cile chez vous. Elles, ce sont les pu­naises. Contrai­re­ment à ce qui a été re­la­té ces der­niers jours dans la presse, il ne s’agit pas de pu­naises dia­bo­liques, ni de pu­naises des bois et en tout cas, pas de pu­naises in­va­sives im­por­tées par er­reur sous nos la­ti­tudes. C’est ce qu’il en res­sort après avoir consul­té Guillaume Dhuiège, res­pon­sable de pôle au Parc na­tu­rel ré­gio­nal de l’Avesnois, et Gue­naël Hal­lart, res­pon­sable de l’an­tenne Thiérache au CPIE de l’Aisne. Si le pre­mier n’est pas to­ta­le­ment cer­tain, faute d’avoir eu le temps de se frot­ter au ter­rain, Gue­naël Hal­lart, lui, est for­mel : « J’ai lan­cé un ap­pel sur les ré­seaux so­ciaux pour re­cueillir des pho­tos. A chaque fois, ce sont des pu­naises lo­cales. » En ef­fet, elles ont beau être en­va­his­santes, les pu­naises qui s’in­vitent en ce mo­ment dans vos foyers sont bien de chez nous. Cette es­pèce lo­cale s’ap­pelle la

pu­naise né­bu­leuse, ou Rha­phi­gas­ter ne­bu­lo­sa. Il est vrai que cel­le­ci est fa­cile à confondre avec la pu­naise dia­bo­lique, ve­nue d’Asie. Mais notre pu­naise à nous a un trait phy­sique un peu par­ti­cu­lier : le bout de son dos est clair avec des points noirs, tan­dis que sa congé­nère asia­tique est toute noire.

POUR­QUOI UNE TELLE IN­VA­SION ?

Si cette pu­naise est lo­cale, pour­quoi ne pose-t-elle au­cun pro­blème d’ha­bi­tude ? A cette ques­tion, Gue­naël Hal­lard donne

deux ex­pli­ca­tions : « Le prin­temps a été chaud et sec, ce qui a fa­vo­ri­sé beau­coup d’in­sectes et pas seule­ment les pu­naises. Les po­pu­la­tions sont donc cer­tai­ne­ment plus fortes cette an­née. Mais je pense aus­si que les gens y sont plus at­ten­tifs tout sim­ple­ment parce que ça a fait le buzz dans la presse. » Et comme nous, à l’ap­proche de l’au­tomne, les in­sectes cherchent un peu de cha­leur et se ras­semblent donc dans des en­droits plus en­so­leillés. Ce qui ex­plique pour­quoi on les trouve beau­coup à l’angle des fe­nêtres, ou bien même sur les murs des ha­bi­ta­tions.

PEUT-ON S’EN DÉ­BAR­RAS­SER ?

La ques­tion est simple, mais la ré­ponse est plus com­plexe qu’il

n’y pa­raît. « Pour se dé­fendre des at­taques, les pu­naises sé­crètent un li­quide mal­odo­rant. Si on les écrase, on risque de tar­ti­ner ce li­quide par­tout, ce qui est cer­tai­ne­ment plus in­com­mo­dant que leur simple pré­sence », ex­plique l’en­to­mo­lo­giste. Cer­tains in­ter­nautes conseillen­t des dé­coc­tions ré­pul­sives à base de jus de ci­tron ou de vi­naigre. Sur ce point Gue­naël Hal­lart, n’est pas en

me­sure de dire si oui ou non ce­la peut s’avé­rer ef­fi­cace. Quant aux in­sec­ti­cides, lui comme Guillaume Dhuiège les dé­con­seillent : « Ça peut nuire à d’autres in­sectes pré­sents qui adoptent le même type de com­por­te­ment, comme les coc­ci­nelles. » Le mieux à faire c’est donc de

« prendre son mal en pa­tience. Dans quinze jours, on ne les ver­ra plus. De toute fa­çon, elles passent ra­re­ment l’hi­ver au sein même de l’ha­bi­ta­tion. Elles se ré­fu­gient plu­tôt dans les gre­niers, les granges, les murs, les poutres... » D’au­tant plus que cette pu­naise ne re­pré­sente au­cun dan­ger pour l’Homme, n’est pas al­ler­gi­sante et ne pique pas, contrai­re­ment à sa cou­sine la pu­naise de lit. Bien qu’étant plus pré­sente que d’ha­bi­tude, la pu­naise né­bu­leuse ne re­pré­sente pas non plus de dan­ger pour les ré­coltes et les jar­dins des par­ti­cu­liers. En ef­fet, celle-ci fait par­tie de notre éco­sys­tème et est plu­tôt friande de feuilles d’arbres feuillus (noyers, etc.). D’ailleurs, du cô­té du ver­ger bio d’Ohain, on ne s’in­quiète pas non plus. Son ex­ploi­tant Di­dier Du­jar­din a bel et bien consta­té une pré­sence un peu plus forte de la pu­naise à pattes rousses qui elle, pique et dé­truit des poires. Mais pas de quoi mettre en dif­fi­cul­té sa ré­colte. Lui aus­si dit ne pas connaître de « moyen propre » pour se dé­bar­ras­ser des pu­naises.

La pu­naise né­bu­leuse a le bas du dos clair et ta­che­té, contrai­re­ment à la pu­naise asia­tique, toute noire.

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