160 000 € DE BI­JOUX EN OR DÉROBÉS La bi­jou­te­rie vi­dée en 5 mi­nutes

Dans la nuit du mar­di 19 au mer­cre­di 20 fé­vrier, la bi­jou­te­rie du Nou­vion a été cam­brio­lée par un groupe de mal­frats. Une opé­ra­tion ra­pide et pré­cise, qui laisse pen­ser à l’ac­tion de pro­fes­sion­nels.

Le Courrier de Fourmies - - FAITS DIVERS -

Dans le voi­si­nage, les té­moi­gnages va­rient. Tous n’ont pas re­con­nu la même marque de vé­hi­cule, et cer­tains dé­tails sont flous. Mais une chose est cer­taine : tout s’est pas­sé très ra­pi­de­ment. Au pe­tit ma­tin du mer­cre­di 20 fé­vrier, les rues du Nou­vion sont pour­tant très calmes, comme d’ha­bi­tude. Une voi­ture ou un ca­mion passe de temps à autre, quelques chats se dis­putent leur ter­ri­toire, mais le bourg dort à poings fer­més. Ce sont les bruits de chocs vio­lents contre ce qui s’avè­re­ra être le ri­deau de fer de la bi­jou­te­rie, qui vont ré­veiller plu­sieurs ha­bi­tants. D’ici quelques mi­nutes, les mal­fai­teurs se­ront dé­jà re­par­tis, mais pas avant d’avoir dé­ro­bé la somme im­pres­sion­nante de 160 000 €, ce qui re­pré­sente l’in­té­gra­li­té du stock de bi­joux en or du ma­ga­sin. Une opé­ra­tion ci­se­lée, mi­nu­tée et bien ci­blée, qui n’a lais­sé au­cune place à l’er­reur. L’oeuvre à n’en pas dou­ter de pro­fes­sion­nels de tels cam­brio­lages.

RÉ­VEIL EN FRA­CAS

Lorsque les voi­sins sont ré­veillés par les bruits, ils ne peuvent que consta­ter ce qui est en train de se pas­ser sous leurs yeux. Il est un peu après 4 h du ma­tin, plu­sieurs in­di­vi­dus ont sor­ti la par­tie basse du ri­deau de fer pro­té­geant la vi­trine de la bi­jou­te­rie de son rail, à l’aide de pieds de biches, et se sont ai­dés d’un vé­rin pour plier ce der­nier. Per­sonne n’a pu voir la suite des évè­ne­ments, les mal­frats sont alors der­rière le ri­deau de fer. Mais les im­pacts sur la porte vi­trée sont équi­voques : il au­ra fal­lu trois coups de ce qui semble être un bé­lier, ou un ou­til fai­sant of­fice de bé­lier, pour dé­so­li­da­ri­ser la vitre du mon­tant de la porte. C’est la suite des évè­ne­ments qui va lais­ser pen­ser que les mal­frats avaient des in­for­ma­tions très pré­cises sur le ma­ga­sin. En quelques mi­nutes, ils vont ou­vrir à l’aide d’un pe­tit ou­til, pro­ba­ble­ment un tour­ne­vis, toutes les vi­trines conte­nant les bi­joux en or. Pas une seule vi­trine ou ti­roir conte­nant autre chose que de l’or n’a été vi­dé. Les montres, l’ar­gent, et même le pla­qué or n’est pas vi­sé par les cam­brio­leurs. Ils vont alors quit­ter pré­ci­pi­tam­ment les lieux au vo­lant d’une ber­line al­le­mande équi­pée de plaques vo­lées. Mais la pro­prié­taire des lieux, Del­phine Du­pont, va dé­cou­vrir un autre as­pect du cam­brio­lage en ar­ri­vant sur les lieux : pour mas­quer leurs traces, les cam­brio­leurs ont vi­dé le conte­nu d’un ex­tinc­teur à poudre par­tout dans le ma­ga­sin. Là en­core les té­moi­gnages va­rient, mais le cam­brio­lage au­ra pris en tout et pour tout guère plus de 5 mi­nutes. Cer­tains voi­sins ont même par­lé de 3 mi­nutes. Les gen­darmes, aler­tés par les té­moins, sont ar­ri­vés après le dé­part des in­di­vi­dus.

3000 PIÈCES À NET­TOYER

Le len­de­main, la pro­prié­taire est aba­sour­die par ce qu’elle dé­couvre. Plus une seule pièce en or, 160 000 € dis­pa­rus, et un ma­ga­sin dans un pi­teux état «  Il y a de la rage et de la haine en dé­cou­vrant ça. Ce ma­tin je n’avais même plus en­vie de me battre  » té­moigne Del­phine Du­pont. En plus du ri­deau de fer en par­tie dé­truit et de la dis­pa­ri­tion de l’or, la poudre de l’ex­tinc­teur a to­ta­le­ment ra­va­gé la ma­ga­sin «  Il faut re­faire toute la gai­ne­rie et les in­té­rieurs des vi­trines  » ex­plique la ma­man de Del­phine. Toute la fa­mille est en ef­fet sur place pour l’ai­der à net­toyer «  Il y a 3000 pièces à net­toyer à la main  » ra­joute la ma­man. Del­phine sait que l’ave­nir se­ra dif­fi­cile, mais elle veut se battre «  C’était dé­jà au jour le jour, mais main­te­nant ça le se­ra en­core plus  » se dé­sole- t- elle, avant de conclure «  C’est aga­çant, on es­saye de gar­der trois sous et on compte tout, on se casse le c.. et eux ( les cam­brio­leurs, ndlr.) en 5 mi­nutes, c’est tout bé­nef. Mais j’ai quand même en­vie de conti­nuer, pour notre clien­tèle  » .

Le mode opé­ra­toire des mal­frats laisse peu de place au doute. Ce cam­brio­lage est l’oeuvre de pro­fes­sion­nels qui sa­vaient exac­te­ment ce qu’ils ve­naient cher­cher. Une telle ef­fi­ca­ci­té est ra­re­ment ob­ser­vée en Thié­rache.

Les mal­frats ont vi­dé mé­ti­cu­leu­se­ment toutes les vi­trines où se trou­vait l’or. Au­cune autre vi­trine n’a été tou­chée.

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