Pri­son ferme pour le père et beau-père violent

Le Courrier de Fourmies - - FAITS DIVERS / TRIBUNAL - So­phie Ra­bot

Mer­cre­di 20 mars, Laurent Mer­cier, Four­mi­sien de 25 ans, a dû ré­pondre de­vant le tri­bu­nal de vio­lences sur mi­neur de moins de 15 ans. Par­mi ses vic­times, les deux pe­tites filles de sa concu­bine et son propre fils, très jeune.

CLAQUES AU VI­SAGE, FESSÉES

Tout com­mence le 29 août 2016. La concu­bine de Laurent Mer­cier dé­nonce et porte plainte au­près de la gen­dar­me­rie de Trélon pour des vio­lences sur ses en­fants. Elle parle de claques au vi­sage et de fessées. Une en­quête dé­li­cate et dif­fi­cile dé­bute car les en­fants sont très jeunes. Néan­moins, la plus âgée des filletts par­le­ra de claques sur la tête, sur les joues. Elle in­di­que­ra éga­le­ment « il était mé­chant, il dit des gros mots à ma­man, il nous met au coin quand on chahute... ».

LES PRO­POS DU PRÉ­VE­NU FONT BON­DIR LA PRÉ­SI­DENTE

A l’énon­cé des pro­pos des en­fants, Laurent Mer­cier re­con­naît « des fessées, quand j’étais vrai­ment à bout parce qu’ils avaient tout ce qu’ils vou­laient ». Et d’ajou­ter : « quand j’étais jeune, j’ai été bat­tu. Alors je ne re­pro­dui­rai pas ça, ex­cep­té des claques édu­ca­tives. Je fai­sais ça pour leur don­ner de l’éducation ». Une ré­ponse qui va faire bon­dir le tri­bu­nal.« Pour vous c’est nor­mal cette fa­çon d’édu­quer ? », lan­ce­ra la pré­si­dente. A la barre, son ex-amie, avec qui il s’est re­mis d’ailleurs, mi­ni­mi­se­ra les faits et dira qu’elle a por­té plainte pour se ven­ger. La pré­si­dente l’in­ter­roge : « vous trou­vez que c’est nor­mal ? Pour­quoi vous n’avez pas dit stop tout de suite ? Et au­jourd’hui vous êtes re­mise avec mon­sieur ? Ça ne vous semble pas plus im­por­tant de pro­té­ger vos en­fants plu­tôt que de res­ter avec lui ? Et vous met­tez en doute ce que disent les en­fants ? ». Et la mère de ré­pondre : « je ne sais pas, j’étais pas là ». Ces ré­ponses la­co­niques ne sont pas pour sa­tis­faire le tri­bu­nal. L’avo­cate des deux pe­tites filles par­le­ra de lâ­che­té de Laurent Mer­cier.

LE PRO­CU­REUR CHO­QUÉ PAR LES PRO­POS PAR LE PRÉ­VE­NU ET LA MÈRE DES EN­FANTS

Le pro­cu­reur se dira af­fli­gé par cette heure d’au­dience et même cho­qué. « Ma­dame, vous de­vriez aus­si être pour­sui­vie car vous avez fi­na­le­ment été com­plice de ces faits ». Il poin­te­ra éga­le­ment le com­por­te­ment du pré­ve­nu, qui n’a même pas eu un seul mot pour ses vic­times. Il de­man­de­ra huit mois de pri­son dont 3 ferme, « pour qu’il ap­prenne et ré­flé­chisse ». L’avo­cat du pré­ve­nu par­le­ra de dé­cla­ra­tions d’en­fants in­fluen­cées car ja­mais de traces de coups n’ont été consta­tées. Par ailleurs, « cet homme a de­man­dé de l’aide, car il a conscience de ses failles. L’homme que vous ju­gez au­jourd’hui n’est pas ce­lui qui a com­mis ces faits en 2014-2015 ». Le tri­bu­nal le condam­ne­ra à 12 mois de pri­son dont 4 avec sur­sis mise à l’épreuve. Le 3 juin 2018, vers 23 h 30, une rixe est dé­clen­chée dans le seul ca­fé du vil­lage d’Ohain, bap­ti­sé « Le Fran­co-Belge ». Par­mi les clients pré­sents, N.D. et C.L. vont pro­vo­quer une rixe al­lant jus­qu’à tout cas­ser dans le bar. En sor­tant, C.L. ira même jus­qu’à en­fon­cer l’aile et le ca­pot du vé­hi­cule d’une ser­veuse. Le mo­tif comme tou­jours, lorsque l’al­cool a em­bru­mé les cer­veaux, re­pose sur des fu­ti­li­tés. L’un pré­texte qu’il vou­lait sim­ple­ment en­le­ver une bar­rière, l’autre pen­sait qu’il se mo­quait de lui. Bref, au­jourd’hui ils sont pour­sui­vis pour dé­gra­da­tions mul­tiples. Le pro­prié­taire de la voi­ture dé­gra­dée ré­clame sim­ple­ment le dé­dom­ma­ge­ment des dé­gra­da­tions de sa voi­ture es­ti­mé à 300 €. Quant au pro­cu­reur de la ré­pu­blique, il fait un pa­ral­lèle avec les ba­garres du far west dans les sa­loons et re­quiert pour N.D. 35 heures de TIG (tra­vaux d’in­té­rêt gé­né­ral) et 3 mois de pri­son ferme, et pour C.L. 70 heures de TIG et trois mois de pri­son ferme. Le tri­bu­nal re­laxe­ra N.D. du chef de rixe en réunion. C.L. se­ra éga­le­ment re­laxé des mêmes faits mais se­ra re­con­nu cou­pable des dé­gra­da­tions dans le bar. Il se­ra condam­né à 35 heures de TIG sur 18 mois et de­vra dé­dom­ma­ger la vic­time à hau­teur de 300 €.

Pho­to d’illustrati­on.

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