DÉ­BAT HOU­LEUX SUR LE BUD­GET L’op­po­si­tion rode ses ar­gu­ments

Les élus ont dé­bat­tu des orien­ta­tions bud­gé­taires de 2019. Les taux des taxes restent in­chan­gés. En re­vanche, l’op­po­si­tion s’in­quiète de la si­tua­tion fi­nan­cière de la Ville.

Le Courrier de Fourmies - - FOURMIES - An­toine Pi­sa­no

Le plus gros mor­ceau à l’ordre du jour du con­seil mu­ni­ci­pal du 21 mars était le dé­bat d’orien­ta­tions bud­gé­taires. Et il faut le dire, on a un peu eu l’im­pres­sion de re­vivre la réunion de l’an der­nier. De nou­veau, les élus d’op­po­si­tion ont ap­puyé sur les sub­ven­tions et sur la fonte de l’ex­cé­dent.

L’OP­PO­SI­TION ALAR­MISTE

Il faut en ef­fet sa­voir qu’en 2018, la com­mune a contrac­té deux em­prunts de 2 mil­lions d’eu­ros (mais au­cun em­prunt en 2017). Ain­si, la ville de Fourmies est en­det­tée à hau­teur de 102 %, contre une moyenne na­tio­nale de l’ordre de 85 %. Ce­pen­dant, le seuil d’alerte est fixé à 120 %. Par ailleurs, la ca­pa­ci­té de désen­det­te­ment de Fourmies s’élève à 7,96 an­nées quand la moyenne des villes de même taille est de 7,4 ans. Un ra­tio qui reste lar­ge­ment in­fé­rieur au seuil d’alerte, fixé à 12 an­nées. Franck Ber­teaux, conseiller mu­ni­ci­pal d’op­po­si­tion, lit ces chiffres de ma­nière plus pes­si­miste : « Vous an­non­cez de gros in­ves­tis­se­ments dans les deux ans à ve­nir, de l’ordre de 7 à 8 mil­lions d’eu­ros, alors que les in­di­ca­teurs sont plus qu’alar­mistes. » Le maire Mi­ckaël Hi­raux se dé­fend en com­pa­rant Fourmies à deux com­munes proches : Hir­son, dont la ca­pa­ci­té de désen­det­te­ment est de 9 an­nées et Aul­noye-Ay­me­ries, 15 an­nées. Quant à Be­noît Was­cat, ad­joint aux fi­nances, il mar­tèle à plu­sieurs re­prises que « le ra­tio le plus im­por­tant, ce­lui qui est re­gar­dé par les banques, c’est jus­te­ment la ca­pa­ci­té de désen­det­te­ment. La preuve, au­jourd’hui, les banques nous prêtent sans dif­fi­cul­tés. David Hur­blain, goû­tant peu cet ar­gu­men­taire, re­lance : « Quand on est par­ti, on vous a lais­sé une mai­rie saine, avec 2,3 mil­lions d’eu­ros d’ex­cé­dent. » Be­noît

» Was­cat ba­laye : « Un ex­cé­dent éle­vé si­gni­fie un taux éle­vé d’im­pôts ou un manque d’in­ves­tis­se­ments. Ça ne sert à rien d’avoir de grosses ca­pa­ci­tés d’au­to­fi­nan­ce­ment pour ne pas s’en ser­vir. »

LES TAXES TOU­JOURS GE­LÉES

Pour l’an­née 2018, la mu­ni­ci­pa­li­té avait exi­gé une baisse des charges de fonc­tion­ne­ment de 10% dans tous les ser­vices. Fi­na­le­ment, les éco­no­mies au­ront été de 5 %. L’en­ve­loppe dé­diée au fonc­tion­ne­ment a donc été re­con­duite telle quelle. Suite à la sup­pres­sion par­tielle des contrats ai­dés, la com­mune a éga­le­ment fait d’im­por­tantes éco­no­mies sur les charges de per­son­nel (- 437 000 € par rap­port à l’an­née 2017). D’autre part, l’en­ve­loppe al­louée à la caisse des écoles pu­bliques, en baisse l’an der­nier, est sta­bi­li­sée cette an­née. En re­vanche, l’en­ve­loppe al­louée au CCAS en­re­gistre une baisse : 495 000 € en 2019 contre 505 000 € en 2018. En­fin, comme tous les ans de­puis 2014, la mu­ni­ci­pa­li­té se re­fuse à ac­tion­ner le le­vier fis­cal. Les taxes des mé­nages (taxe d’ha­bi­ta­tion, fon­cier bâ­ti et non-bâ­ti) res­te­ront donc in­chan­gées.

Pho­to d’ar­chive du con­seil mu­ni­ci­pal, avec Be­noit Was­cat, ad­joint en charge des fi­nances, et Mi­ckaël Hi­raux, maire.

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