Res­pect

Le Courrier de Fourmies - - AVESNOIS - Jean- Pierre de Ker­raoul

Au mi­lieu de tant de pe­tits ou grands évé­ne­ments qui font ce qu’on ap­pelle l’ac­tua­li­té - et trop sou­vent sa mé­dio­cri­té - sur­gissent des éclairs de gran­deur qui vous ré­con­ci­lient avec l’es­pèce hu­maine. Et, en l’oc­cur­rence, avec l’ar­mée de la France. On pour­ra tou­jours dis­ser­ter sur le com­por­te­ment de deux tou­ristes par­tis pour un sa­fa­ri dans le nord du Bé­nin, près de la fron­tière bur­ki­na­bée. Si ce n’était pas une «  zone rouge  » , leur im­pru­dence en­gage leur res­pon­sa­bi­li­té, in­di­rec­te­ment, dans la mort des com­man­dos Cé­dric de Pier­re­pont et Alain Ber­ton­cel­lo. Mais en les ar­ra­chant, comme aus­si deux autres otages, aux griffes d’un groupe dji­ha­diste qui s’ap­prê­tait à les trans­fé­rer au Ma­li, l’ar­mée fran­çaise a mon­tré qu’elle ne lâ­chait rien. Ni des com­pa­triotes en grand dan­ger, ni sa mis­sion de l’opé­ra­tion Bar­khane. En dé­pit des coups por­tés de­puis cinq ans aux di­vers groupes dji­ha­distes et sou­vent ma­fieux, en par­ti­cu­lier dans le centre du Ma­li, la né­bu­leuse ter­ro­riste mul­ti­plie les at­taques ponc­tuelles et semble s’étendre du Sa­hel vers l’Afrique de l’Ouest. La France peut- elle re­le­ver seule le dé­fi du sou­tien à ap­por­ter à des gou­ver­ne­ments par­fois fra­giles et à des ar­mées in­ex­pé­ri­men­tées ? Sans doute pas. Doit- elle aban­don­ner le ter­rain aux «  fi­liales  » d’Al Qaï­da ou de l’Etat Is­la­mique, prêts à gan­gre­ner en peu de temps tout le centre du conti­nent noir ? Evi­dem­ment non. Ses al­liés et par­te­naires ne se bous­culent pas pour l’ai­der, ne se­rait- ce que fi­nan­ciè­re­ment. Elle ne peut donc que conte­nir dans l’im­mé­diat la me­nace, tout en for­mant les cadres des ar­mées lo­cales et en fa­vo­ri­sant toutes ini­tia­tives sus­cep­tibles de rendre l’es­poir à des jeunes dont la frus­tra­tion est pain bé­nit pour l’is­la­misme ra­di­cal. Tâche d’au­tant plus in­grate qu’il faut convaincre les au­to­ri­tés po­li­tiques lo­cales et non pas ap­pa­raître comme une ar­mée d’oc­cu­pa­tion. C’est dans ce contexte qu’il faut ap­pré­cier les com­pé­tences, la dé­ter­mi­na­tion sans faille et le cou­rage de sol­dats d’ex­cep­tion, mais éga­le­ment des 4 500 hommes de l’opé­ra­tion Bar­khane. Tous me­surent chaque jour ce que si­gni­fient pa­tience et hu­mi­li­té face à une si­tua­tion com­plexe et dan­ge­reuse. C’est pour ce­la que nous leur de­vons re­con­nais­sance et un im­mense res­pect.

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