Nous sommes leurs chefs…

Le Courrier de Fourmies - - AVESNOIS -

Soixante-douze maires et élus lo­caux de la droite et du centre ont si­gné dans le JDD(1) une tri­bune ap­pe­lant à sou­te­nir Em­ma­nuel Ma­cron et le gou­ver­ne­ment. Après la déroute de la liste LR aux eu­ro­péennes et à neuf mois des mu­ni­ci­pales, on peut évi­dem­ment iro­ni­ser : la ca­saque LR fait fuir et il vaut mieux évi­ter d’avoir un concur­rent de la Ré­pu­blique en marche (REM) face à soi; mais il n’y a pas que ce­la. Les si­gna­taires pointent un réel suc­cès du grand dé­bat et la par­ti­ci­pa­tion en hausse le 26 mai der­nier. Les Fran­çais qui ont joué le jeu du grand dé­bat étaient sans doute d’opi­nions très di­verses mais tous ont sou­hai­té saisir une oc­ca­sion : on nous de­mande notre avis, et bien don­nonsle. Et puis­qu’on nous soup­çonne de dés­in­té­rêt pour la chose pu­blique, et bien al­lons vo­ter ! Quand on est maire, on fait de la po­li­tique de temps en temps (de moins en moins, de­puis le non cu­mul des man­dats), mais pour l’es­sen­tiel, on gère sa com­mune. On prend des dé­ci­sions, on ex­pé­ri­mente, on choi­sit une mé­thode, un style de ma­na­ge­ment. Dès lors, la prio­ri­té est à l’ef­fi­ca­ci­té et à la qua­li­té du ser­vice ren­du, elle ne peut pas être de vi­li­pen­der ma­tin et soir le pou­voir en place. Sauf à y perdre sa cré­di­bi­li­té et toute chance d’ob­te­nir, le mo­ment ve­nu, la dé­ci­sion utile à sa ville ou à son ter­ri­toire. Les maires ne veulent plus dé­pendre d’un par­ti, d’une consigne de vote, d’un ap­pa­reil qui leur im­po­se­rait une ligne. Ils ont dé­cou­vert que leurs par­tis res­pec­tifs dé­pen­daient plus d’eux-mêmes que le contraire. Et ils re­prennent le pou­voir sans at­tendre qu’on le leur pro­pose. Les Fran­çais aus­si re­jettent l’au­to­ri­té des struc­tures par­ti­sanes tra­di­tion­nelles, sur­tout pour un scru­tin municipal où l’on ne vote pas prio­ri­tai­re­ment en fonc­tion de l’éti­quette po­li­tique. La tri­bune des soixante-douze ré­vèle donc bien plus qu’un ma­laise à droite ou qu’une pré­cau­tion élec­to­rale, elle confirme un chan­ge­ment pro­fond dans la re­la­tion des Fran­çais à la po­li­tique, avec moins d’ap­par­te­nance et plus de ré­sul­tats. Les maires l’ont compris et pour­raient dire : « Nous sommes leurs chefs, donc nous les sui­vons ».

(1) jdd.fr. Par­mi eux, les maires de Va­len­ciennes, Amiens, Ar­ras, Rou­baix, Sète…

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