Ren­contre avec des ex­plo­ra­teurs ur­bains

Le Courrier du Loiret - - LA UNE - MA­RIE JOUS­SEAUME

L’ur­bex, ou ex­plo­ra­tion ur­baine, c’est une fa­çon d’abor­der dif­fé­rem­ment le pa­tri­moine lo­cal. Les ur­bexeurs vi­sitent les friches in­dus­trielles ou les bâ­ti­ments aban­don­nés, pour prendre des pho­tos.

Des van­dales ? Non. Des tou­ristes ? Oui, d’un genre par­ti­cu­lier. Ni­co­las et Fé­lix sont des ex­plo­ra­teurs ur­bains, ou ur­bexeurs. Des sortes d’in­dia­na Jones mo­dernes, en somme, sim­ple­ment ar­més de leurs ap­pa­reils pho­to. Et pour ces ur­bexeurs, il y a ma­tière à vi­si­ter dans le Loi­ret.

Juste prendre des pho­tos

Alors, le week­end, ils partent à la dé­cou­verte de sites aban­don­nés, pour les vi­si­ter et prendre des pho­tos. Et uni­que­ment des pho­tos, in­sistent­ils : « C’est dom­mage que dans la plu­part des cas, ce soit illé­gal. On ne fait que prendre des pho­tos et se ba­la­der. C’est la dif­fé­rence entre l’ur­bexeur et le pilleur. Nous, on va trou­ver de la va­leur dans ce qu’on voit, dans ce qu’on prend en pho­to, c’est tout », pré­cise Ni­co­las.

Ils pré­parent bien sûr une ses­sion d’ur­bex à l’avance : re­pé­rage des lieux sur In­ter­net avec Google maps ou Street view. Par­fois ils tombent sim­ple­ment sur des pho­tos de lieux, et en­tre­prennent de les re­trou­ver. Car la pre­mière règle de l’ur­bex, c’est de ne pas dé­voi­ler ses adresses. La deuxième règle, c’est de ne tou­cher à rien, de tout lais­ser en l’état. « Les en­droits où il y a trop de pas­sage perdent en au­then­ti­ci­té », as­surent­ils.

« Il y a des en­droits forts »

« On vi­site des lieux aban­don­nés, et on y trouve de la beau­té », ex­plique Ni­co­las. « On es­saye d’ima­gi­ner les lieux, leur agen­ce­ment, avant qu’ils ne soient lais­sés à l’aban­don. Par­fois, on a l’im­pres­sion que les gens sont par­tis en un cla­que­ment de doigts, tout est res­té tel quel, sur place, comme s’ils al­laient re­ve­nir : un ti­roir ou­vert, un ba­lai dans un coin… On ne se rend pas compte, mais il y a des en­droits forts », confirme Fé­lix.

Ils ont ex­plo­ré une friche in­dus­trielle du Pi­thi­ve­rais, un sa­me­di après­mi­di. Tout ce qu’il au­ra fal­lu, c’est fran­chir une clô­ture, dis­crè­te­ment, ap­pa­reil pho­to dans le sac à dos. Une fois sur les lieux, ils n’échangent pas trois mots. Tous les dé­pla­ce­ments sont si­len­cieux, calmes. Res­pec­tueux. Il règne une am­biance de ca­thé­drale, dans cette friche in­dus­trielle. Deux heures du­rant, ils vi­sitent, dé­couvrent les lieux, s’ar­rêtent pour prendre des pho­tos, ima­gi­ner quelle était l’ac­ti­vi­té sur le site dé­sor­mais aban­don­né : us­ten­siles, cuves de sto­ckage, ate­liers, tout est cap­tu­ré par l’ob­jec­tif. Puis ils re­partent, aus­si dis­crè­te­ment qu’ils étaient ve­nus, sans lais­ser de traces de leur pas­sage.

Les seuls sou­ve­nirs se­ront les pho­tos qu’ils au­ront prises et par­ta­ge­ront sur les ré­seaux so­ciaux.

L’ou­til prin­ci­pal de l’ur­bexeur, c’est l’ap­pa­reil pho­to, pour gar­der une trace de la vi­site.

Les en­tre­pôts aban­don­nés, un lieu de pré­di­lec­tion pour les ur­bexeurs.

Les pho­tos sont re­tou­chées avant d’être pu­bliées sur les ré­seaux so­ciaux.

Les pay­sages ur­bains sont une source d’ins­pi­ra­tion vi­suelle.

Tuyaux et cuves sont à l’aban­don.

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