N’est­il pas trop tard ?

Le Courrier du Loiret - - Au Fil Des Jours - FRAN­CIS BON­NET

Le gou­ver­ne­ment lance un plan de re­vi­ta­li­sa­tion des villes moyennes. Ce dis­po­si­tif vise, entre autres, à faire re­ve­nir consom­ma­teurs et com­merces dans les centres­villes. Et pour ce faire, une en­ve­loppe de cinq mil­liards d’eu­ros pro­fi­te­ra à 222 villes de l’hexa­gone. Dans notre dé­par­te­ment, trois com­munes, Mon­tar­gis, Gien, Pi­thi­viers se­ront bé­né­fi­ciaires de ce sou­tien fi­nan­cier, comme on le li­ra par ailleurs. Avec, comme chaque fois, tout un ar­se­nal de me­sures cen­sées re­dy­na­mi­ser le coeur des villes moyennes. Bonne nou­velle, si ce n’est qu’il est peut­être un peu tard pour se pen­cher au che­vet d’un pe­tit com­merce mo­ri­bond ! Il a mas­si­ve­ment dis­pa­ru au pro­fit des zones com­mer­ciales pé­ri­phé­riques et de la mul­ti­pli­ca­tion des grandes sur­faces, fa­ci­li­tée par l’usage de l’au­to­mo­bile et le laxisme des com­mis­sions dé­par­te­men­tales d’équi­pe­ment com­mer­cial. La France en est saturée, et pour­tant elles conti­nuent à pro­li­fé­rer. Dans ces condi­tions, il n’est pas éton­nant que les bou­tiques à vendre soient lé­gion en ville, sans trou­ver de re­pre­neurs bien sûr. C’est bien le cas à Pi­thi­viers et à Mon­tar­gis. La rue Ami­ral­gour­don pour la pre­mière, la rue Leclerc pour la se­conde en sont le triste exemple. Sans comp­ter la dis­pa­ri­tion des com­merces dits de bouche (bou­lan­ge­rie, bou­che­rie et autres), rem­pla­cés par des agences ban­caires, des as­su­reurs… Alors tant d’ar­gent dis­tri­bué par le gou­ver­ne­ment pour quoi faire au juste ? Tout a contri­bué, de­puis des dé­cen­nies, pour que les consom­ma­teurs dé­sertent les coeurs de ville. Et l’on s’étonne au­jourd’hui que le pe­tit com­merce soit à bout de souffle ? Il n’y a qu’en France que l’on a fa­vo­ri­sé à l’ex­cès la pro­fu­sion des zones com­mer­ciales et l’ins­tal­la­tion de la grande dis­tri­bu­tion. Jus­qu’à sa­tu­ra­tion ! Mon­tar­gis n’a­t­elle pas été un mo­ment l’une des villes de France où il y avait le plus de mètres car­rés de grandes sur­faces par ha­bi­tant ? Tous les ef­forts des mu­ni­ci­pa­li­tés, des unions com­mer­ciales ont été vains pour stop­per cette dé­ser­ti­fi­ca­tion du centre­ville. Qu’on nous per­mette alors de dou­ter que la seule vo­lon­té gou­ver­ne­men­tale et un sau­pou­drage fi­nan­cier puissent suf­fire à in­ver­ser la ten­dance ! Ce n’est pas avec une en­ve­loppe de quelques mil­liers d’eu­ros par ville que l’on chan­ge­ra les ha­bi­tudes de consom­ma­tion que notre mo­dèle éco­no­mique a de­puis si long­temps fa­vo­ri­sées.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.