SI ON SOR­TAIT.

Le Courrier du Loiret - - Au Fil Des Jours - PHI­LIPPE DE LA GRANGE

Cette se­maine, la ré­dac­tion du Cour­rier du Loi­ret vous em­mène en Nor­man­die et en Pui­saye. Pour celles et ceux qui res­te­raient dans le coin pen­dant la deuxième qui­zaine d’août, on vous pro­pose aus­si d’as­sis­ter au spec­tacle In­can­ta­tions à l’ar­bo­re­tum des Barres. Et comme tou­jours, on vous pré­sente en avant-pre­mière la sai­son cultu­relle de Pi­thi­viers, et dans cette édi­tion, on vous parle des spec­tacles pour le jeune pu­blic. Bref, il y en a pour tous les goûts !

De Caen au Cap de la Hague, une dé­cou­verte de la Basse-nor­man­die, mar­quée par le Dé­bar­que­ment al­lié du 6 juin 1944.

◗ Que les Hauts­nor­mands me par­donnent : « ma » Nor­man­die com­mence à Caen, dé­par­te­ment du Cal­va­dos (14), et elle se pour­suit jus­qu’à La Hague, dans la Manche (50), en Basse­nor­man­die. Tou­te­fois, on évi­te­ra de faire le dé­tour par Deau­ville et Trou­ville, trop af­fai­rées à ac­cueillir la meute de Pa­ri­siens en vil­lé­gia­ture.

Mi­ra­cu­leu­se­ment, les deux édi­fices les plus re­mar­quables de la ca­pi­tale du Cal­va­dos ­ dé­truite à 75 % par les bom­bar­de­ments al­liés en 1944 ­ ont échap­pé aux bombes. L’ab­baye aux Dames, fon­dée au XIE siècle, abrite tou­jours en son choeur la tombe de sa cé­lèbre fon­da­trice, Ma­thilde de Flandre, du­chesse de Nor­man­die, reine d’an­gle­terre et épouse de Guillaume le Con­qué­rant. Dans l’ab­ba­tiale de l’ab­baye aux Hommes, fon­dée en 1063, se trouve le tom­beau de Guillaume le Con­qué­rant. C’est à la même époque que fut bâ­ti le châ­teau du­cal, la ré­si­dence fa­vo­rite des ducs de Nor­man­die, rois d’an­gle­terre. Il ac­cueille au­jourd’hui le mu­sée de Nor­man­die et ce­lui des Beaux­arts. On ne quit­te­ra pas Caen sans vi­si­ter le Mé­mo­rial, ou­vert en 1988, consa­cré à la Se­conde Guerre mon­diale, au Dé­bar­que­ment et à la ba­taille de Nor­man­die. C’est le plus grand de tous les sites qui par­sèment la route vers les plages du Dé­bar­que­ment. Il en existe une cen­taine plus ou moins re­mar­quables ou « folk­lo­riques », qu’on ne pour­ra pas énu­mé­rer ici. On re­tien­dra tou­te­fois les né­cro­poles de toutes na­tio­na­li­tés dont la plus poi­ gnante est le ci­me­tière amé­ri­cain de Col­le­vil­le­sur­mer, si­tué au som­met de la fa­laise do­mi­nant la cé­lèbre plage d’oma­ha Beach où sont in­hu­més 10.000 sol­dats.

Un Jeep tour en vé­hi­cule d’époque

À Sainte­ma­rie­du­mont, l’une des com­munes re­ven­di­quant le titre de pre­mier vil­lage fran­çais li­bé­ré le 6 juin 1944, on or­ga­nise même un « Jeep tour » avec des vé­hi­cules d’époque. Une pré­ten­tion par­ta­gée par le ca­fé Gon­dré, te­nu par Thé­rèse et Georges Gon­dré à Bé­nou­ville, pré­sen­té comme la pre­mière mai­son de France conti­nen­tale à avoir été li­bé­rée. C’est dans ce vil­lage que les pa­ra­chu­tistes du ré­gi­ment Oxs and Bucks se sont po­sés à bord de pla­neurs, le 5 juin peu après mi­nuit pour prendre le pont tour­nant qui en­jambe l’orne, une scène po­pu­la­ri­sée dans Le jour le plus long. Bap­ti­sé Pe­ga­sus bridge en hom­mage aux sol­dats bri­tan­niques qui l’avaient pris et qui por­taient sur leur manche l’in­signe de Pé­gase, le pont d’ori­gine est ex­po­sé dans le parc du mé­mo­rial Pe­ga­sus. À Ouis­tre­ham, se dresse un bun­ker al­le­mand avec une re­cons­ti­tu­tion de ce qui exis­tait pen­dant l’oc­cu­pa­tion. Tout en haut, un poste de té­lé­mé­trie do­mine l’em­bou­chure de l’orne.

Entre Oma­ha Beach et Utah Beach, la pointe du Hoc fait par­tie des sites in­con­tour­nables à vi­si­ter. C’est là que les ran­gers du Co­lo­nel Rud­der s’illus­trèrent en gra­vis­sant la roche sous le feu al­le­mand. L’un des pires com­bats re­cons­ti­tué dans Le jour le plus long.

En pre­nant la route vers le Co­ten­tin, on fe­ra es­cale à Port­en­bes­sin, char­mant pe­tit port de pêche et, bien sûr, à Bayeux, ci­té mé­dié­vale, cé­lèbre pour sa ta­pis­se­rie. On s’ar­rê­te­ra aus­si à Va­lognes, « le pe­tit Ver­sailles nor­mand », et Sainte­mère­église pour voir la ré­plique de John Steele, le cé­lèbre pa­ra­chu­tiste, res­té ac­cro­ché au clo­cher de l’église.

La pe­tite Ir­lande

Une fois pas­sée Cher­bourg et sa Ci­té de la mer (avec la vi­site du sous­marin, Le Re­dou­table, et la re­cons­ti­tu­tion du Ti­ta­nic), di­rec­tion le Cap de la Hague, qua­li­fiée de « pe­tite Ir­lande », avec ses bruyères, ses mu­rets, ses che­mins et ses ports. Et aus­si la baie d’ecal­grain et le fa­meux nez de Jo­bourg qui s’élance à 128 m au­des­sus de la mer, re­fuge des cor­mo­rans hup­pés, ful­mars, goé­lands ar­gen­tés et grands cor­beaux. Des pay­sages sau­vages qui avaient sé­duit Jacques Pré­vert, dont la mai­son d’omon­ville­la­pe­tite, ache­tée en 1971 par le poète et scé­na­riste, a été trans­for­mée en mu­sée. Dis­pa­ru en 1977, il y re­pose au cô­té de son épouse et de son ami, Alexandre Trau­ner, le cé­lèbre dé­co­ra­teur de ci­né­ma.

L’un des sites du Cap de la Hague : un sen­tier doua­nier per­met de par­cou­rir l’en­semble de la pres­qu’île du Co­ten­tin à pied.

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