Une consom­ma­tion plus res­pon­sable

Le Courrier du Loiret - - Au Pays - CA­MILLE COELHO

Lut­ter contre le gas­pillage ali­men­taire en­traîne bien souvent une vo­lon­té de ré­duc­tion de tous les dé­chets. Deux femmes, Émi­lie et Em­ma­nuelle, se sont lan­cées dans l’aven­ture. Même si elles ont di­mi­nué net­te­ment la taille de leurs pou­belles, elles font face à cer­taines contraintes.

◗ Émi­lie, 29 ans, vit à Échil­leuses et Em­ma­nuelle, 28 ans, à Ma­le­sherbes. Leur point com­mun : elles se sont lan­cées dans une ré­duc­tion dras­tique de leurs dé­chets. La lutte contre le gas­pillage ali­men­taire fait donc par­tie de leur quo­ti­dien. « C’est un en­semble. Ça de­vient un mode de vie qui es­saye d’être du­rable, ça ne s’ar­rête pas aux dé­chets ali­men­taires », in­dique Émi­lie. « C’est une dé­marche glo­bale », confirme, de son cô­té, Em­ma­nuelle.

Ache­ter en vrac

« Je ne jette pas de nour­ri­ture par prin­cipe. Je garde les restes et je les pré­pare au­tre­ment. J’évite d’ache­ter des pro­duits pé­ris­sables et si­non, je les consomme même après la date », ex­plique Émi­lie. Dans sa mai­son d’échil­leuses, la jeune femme pra­tique l’art de la ré­cu­pé­ra­tion. Une planche trans­for­mée en table, des pa­lettes de bois en som­mier, elle réuti­lise tout ce qui peut l’être. Cô­té cui­sine, les pla­cards sont rem­plis de bo­caux en verre qui ne contiennent dé­sor­mais plus les pro­duits que l’éti­quette men­tionnent. « J’achète peu de pro­duits condi­tion­nés. Le vrac est peu ré­pan­du par ici alors je fais en sorte qu’il y ait le moins d’em­bal­lage pos­sible », in­dique la jeune femme.

À Ma­le­sherbes, Em­ma­nuelle et son com­pa­gnon Ni­co­las re­grettent aus­si de ne pas trou­ver plus de rayons vrac dans les ma­ga­sins. « S’il faut faire trop de ki­lo­mètres, ça n’a plus de sens d’un point de vue de l’em­preinte éco­lo­gique. On fait ce que l’on peut avec ce que l’on a », dé­plore Em­ma­nuelle. « Il est cer­tain que les in­di­vi­dus au­ront moins d’im­pact que les ré­gle­men­ta­tions de l’état sur les in­dus­triels mais en tant que consom­ ma­teur, on a les moyens de faire pres­sion sur eux pour les obli­ger à s’adap­ter », ajoute­t­elle.

Ce­la fait un an que le couple s’est lan­cé dans l’aven­ture zé­ro (ou presque) dé­chets. « Quand je je­tais des choses à la pou­belle, je me de­man­dais où ça al­lait. J’en ai dis­cu­té avec des amis. Si eux y ar­ri­vaient, nous aus­si on pou­vait le faire », ra­con­tet­elle. C’est donc le 1er jan­vier der­nier, jour des bonnes ré­so­lu­tions, qu’ils se sont dé­ci­dé.

Être in­dul­gent en­vers soi-même

« Quand j’ai ex­pli­qué ma dé­marche, mes col­lègues me voyaient dé­jà avec des toi­lettes sèches dans le jar­din. Mais il ne faut pas tom­ber dans l’ex­tré­misme », confie­t­elle en sou­riant. « Cer­taines per­sonnes ont com­men­cé à ne plus rien me par­don­ner. Il faut être in­dul­gent. Bien faire de pe­tites choses, c’est mieux que rien. C’est comme un ré­gime, si on ar­rête de man­ger du jour au len­de­main, ça ne fonc­tionne pas », lance­t­elle.

La jeune femme ad­met que les dé­buts ont de­man­dé une cer­taine or­ga­ni­sa­tion : « La pre­mière fois que l’on a fait les courses, on était per­du, on a mis 1 h 30 au lieu de 20 mi­nutes mais main­te­nant on est ha­bi­tué, on ré­flé­chit aux me­nus avant ». « Plus on cui­sine, moins on jette. C’est dom­mage d’ache­ter des pro­duits in­dus­triels qui coûtent plus cher, qui sont moins bons et que l’on va je­ter quand ils se­ront pé­ri­més », es­time, quant à elle, Émi­lie.

Cui­si­ner les restes

Les deux femmes pré­parent des plats à par­tir de pro­duits frais et cui­sinent les restes : « La ra­ta­touille fi­nit en soupe, cer­tains plats en gra­tin, d’autres sont conge­lés », énu­mère Em­ma­nuelle. Au­jourd’hui, les deux foyers rem­plissent cha­cun un sac de 10 litres de dé­chets par se­maine. Em­ma­nuelle a donc di­vi­sé par trois sa quan­ti­té d’or­dures mé­na­gères en un an. Pour 2019, la Ma­le­sher­boise va pour­suivre sa dé­marche en se lan­çant de nou­veaux dé­fis comme d’al­ler ache­ter du lait di­rec­te­ment à la ferme.

Du cô­té d’échil­leuses, Émi­lie sou­haite à terme culti­ver un po­ta­ger.

La ré­duc­tion du gas­pillage ali­men­taire a fi­na­le­ment de nom­breux avan­tages : ré­duire son em­preinte éco­lo­gique mais aus­si faire d’im­por­tantes éco­no­mies et mieux se nour­rir.

Émi­lie, ha­bi­tant Échil­leuses, achète au­tant que faire se peut des pro­duits en vrac.

Un fri­go vide pour­rait faire peur à cer­tains mais chez Em­ma­nuelle, à Ma­le­sherbes, c’est le signe d’une consom­ma­tion rai­son­née de pro­duits frais.

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