La Gran­fon­do New York

Ce mois-ci, des­ti­na­tion New York pour dé­cou­vrir une cy­clo­spor­tive pas comme les autres, un évé­ne­ment cos­mo­po­lite où se cô­toient 95 na­tio­na­li­tés.

Le Cycle - - Sommaire - Par Y. Blanc

Sous l’acro­nyme GFNY se cache un cir­cuit mon­dial de cy­clo­spor­tives qui re­groupe une ving­taine d’épreuves, avec pour vo­ca­tion d’être pré­sent dans une qua­ran­taine de pays d’ici à trois ans. Dans la ville qui ne dort ja­mais, il a fal­lu ré­gler son ré­veil à une heure à ne pas mettre un cy­cliste de­hors pour s’ex­traire au coeur de la nuit de son B & B ou de son hô­tel de luxe afin de prendre le dé­part de la 8e édi­tion de la New York Gran Fon­do. Images sur­réa­listes dans les longues ar­tères de Man­hat­tan qui voyaient dé­bou­ler de­vant les phares des taxis jaunes des hordes de cy­clistes tout de vert vê­tus en di­rec­tion de la par­tie nord-ouest de l’île. Le dé­but de l’aven­ture com­men­çait dé­jà avec quelques sur­prises ma­ti­nales pour ceux qui avaient trou­vé un hé­ber­ge­ment non loin du dé­part dans le quar­tier de Wa­shing­ton Heights avec la dé­cou­verte d’une tour mé­dié­vale ap­par­te­nant au mu­sée de Clois­ters et pour ceux qui prirent le mé­tro jus­qu’à la 168e rue des ren­contres moins ro­man­tiques… Un brouillard à cou­per au cou­teau nous pri­vant d’une vue pa­no­ra­mique sur les gratte-ciel de Man­hat­tan en­ve­lop­pait le pont George-Wa­shing­ton, l’un des ponts les plus em­prun­tés des États- Unis, avec ses 106 mil­lions de vé­hi­cules par an. À par­tir de 5 heures, les cou­reurs pre­naient pro­gres­si­ve­ment place dans leur sas de dé­part sur le ni­veau in­fé­rieur du pont, non sans avoir au préa­lable sa­tis­faits aux dif­fé­rents contrôles de sé­cu­ri­té. Compte te­nu du contexte, ces me­sures qui ont un coût cer­tain pour les or­ga­ni­sa­teurs sont de nos jours in­dis­pen­sables. Trois voies des qua­torze qu’en compte l’ou­vrage étaient donc ré­qui­si­tion­nées pour or­ga­ni­ser les sas de dé­part, la ligne étant si­tuée juste sur la fron­tière entre l’État de New York et le New Jer­sey. C’est à 7 heures pré­cises, après l’hymne na­tio­nal en­ton­né a ca­pel­la par la di­va So­nya Ro­gers que furent li­bé­rés les 5 000 hommes verts, dans

un brouillard qui se dis­si­pait au fur et à me­sure que l’on s’éloi­gnait de l’Hud­son. Le par­cours re­mon­tait le long du fleuve jus­qu’à Bear Moun­tain, dif­fi­cul­té prin­ci­pale du cir­cuit et fi­nal du pe­tit tra­cé de 71 km. Le grand par­cours re­ve­nait sur Fort Lee si­tué à l’autre ex­tré­mi­té du G.-W. Bridge. Pri­va­ti­sées ou se­mi-pri­va­ti­sées, les routes du New Jer­sey sur­prirent quelques cou­reurs eu­ro­péens car elles por­taient les stig­mates d’un hi­ver ri­gou­reux. Cer­tains cy­clistes lo­caux vous di­ront qu’été comme hi­ver, ces routes sont en pi­teux état et que pour rou­ler sur du bel en­ro­bé, rien ne vaut l’an­neau de Cen­tral Park ! Le long ru­ban vert s’éti­ra ra­pi­de­ment en di­rec­tion du nord, ré­veillant les vil­lages hup­pés du New Jer­sey. Dès le 10e km, à l’ap­proche de l’Al­pine Hills, il fal­lut jouer du dé­railleur, ce qui per­mit aux plus ex­pé­ri­men­tés et aux plus cos­tauds de se po­si­tion­ner aux avant­postes. Sur ce par­cours de mon­tagnes russes, la

Cette épreuve s’ins­crit dans le cadre d’une ex­pé­di­tion de plu­sieurs jours.

course à l’avant fut des plus ner­veuses. Le Na­mi­bien, Dan Cra­ven, ex-cou­reur pro chez Eu­rop­car en 2015 et ré­cent vain­queur du Tour du Sé­né­gal sous les cou­leurs du team al­le­mand Em­brace The World Cy­cling, re­vit le de­vant de la course qu’au bout de 20 km. Avec des pas­sages à plus de 10 % et un dé­ni­ve­lé de 2 800 m sur le grand par­cours, cette cy­clo­spor­tive fa­vo­rise da­van­tage les pun­cheurs, car la mon­tée la plus longue n’ex­cède pas les 8 km. Avan­tage ce­pen­dant aux cou­reurs lo­caux qui gèrent mieux leurs ef­forts, sur­tout sur la deuxième moi­tié du cir­cuit qui concentre une grosse par­tie des dif­fi­cul­tés ! Loin de la ba­garre pour le clas­se­ment, le ventre mou du pe­lo­ton et les par­ti­ci­pants du pe­tit par­cours prirent le temps de goû­ter les toasts au beurre de ca­ca­huète et de faire ré­vi­ser leur ma­chine aux dif­fé­rents postes de dé­pan­nage. Dans cette foule, dif­fi­cile de re­pé­rer un cou­reur fran­çais. La marque du vé­lo pou­vait être un signe de re­con­nais­sance, mais la plu­part du temps nous avions af­faire à nos cou­sins qué­bé­cois ve­nus en voi­sins. Le contin­gent fran­çais ne dé­pas­sait pas la quin­zaine de cou­reurs, soit l’un des plus faibles de l’épreuve. Par­mi eux, aux avant- postes, Vic­tor Gras, deuxième l’an der­nier et à la neu­vième place cette an­née (lire en­ca­dré ci-des­sus). Mais l’es­sen­tiel n’était-il pas de ra­me­ner sa mé­daille de fi­ni­sher en sou­ve­nir d’une sor­tie de vé­lo exo­tique et unique sur un conti­nent où le vé­lo est en pleine éman­ci­pa­tion ?

1/ Au pe­tit ma­tin, sous le cra­chin, les groupes de ni­veau se forment. 2/ Le po­dium des hommes com­po­sé de Mike Mar­ga­rite (États-Unis), Ri­car­do Pi­chet­ta (Ita­lie) et Luis En­rique Le­mus Da­vi­la (Mexique), qui posent sur le pont Wa­shing­ton dos aux tours de Man­hat­tan. 3/ Am­biance hy­per­con­vi­viale dans le vil­lage d’ar­ri­vée de Fort Lee. 1

4/ Ces cou­reuses bré­si­liennes en ont pro­fi­té pour vi­si­ter New York à vé­lo. 5/ Le po­dium des femmes, avec Ca­mi­la Cort (Co­lom­bie), Jill Pat­ter­son (États-Unis), Pao­la Mon­roy (Co­lom­bie) 6/ Outre le fa­meux maillot vert, le pack d’ins­pi­ra­tion pro­po­sait un pe­tit vin ita­lien. 5

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1/ La côte de Dy­ck­man Hill était le der­nier obs­tacle de cette épreuve « casse-pattes ». 2/ Le Na­mi­bien Dan Cra­ven, ex-cou­reur pro chez Eu­rop­car, est un vé­ri­table globe-trot­ter. 3/ Sur le fi­nal, les hau­teurs de l’Hud­son Ri­ver, of­fraient un jo­li coup d’oeil sur Man­hat­tan. 2

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