“Cor­sair” contre ka­mi­kazes

La ba­taille d’Oki­na­wa (1er avril-22 juin 1945)

Le Fana de l'Aviation - - Sommaire - Par Xa­vier Méal

Troi­sième par­tie. Les ka­mi­kazes pour­suivent in­las­sa­ble­ment le har­cè­le­ment de la fl otte amé­ri­caine.

Troi­sième par­tie. Les “Cor­sair” pour­chassent sans ré­pit et par tous les moyens – par­fois à coups d’hé­lice… – les ka­mi­kazes et leurs avions de pro­tec­tion. Mais ces der­niers par­viennent néan­moins à mettre hors d’état de com­battre le na­vire ami­ral de la flotte d’in­va­sion, le porte-avions Bun­ker Hill.

Le 22 avril fut un jour re­cord pour la VMF-323 Death Rat­tlers. Pour­tant, au­cune opé­ra­tion Ki­ku­sui n’avait été lan­cée. Seules des at­taques spo­ra­diques émaillèrent cette jour­née, comme c’était ha­bi­tuel­le­ment le cas entre les opé­ra­tions Ki­ku­sui. Six pa­trouilles de “Cor­sair” étaient dé­jà ren­trées à Ka­de­na sans ré­sul­tats. La sep­tième dé­col­la à 15 heures, huit avions me­nés par le maj. George C. Ax­tell Jr, le com­man­dant d’es­ca­dron, âgé de 25 ans. Les huit chas­seurs se po­se­raient 3 heures et 15 mi­nutes plus tard, après avoir abat­tu 24,75 avions ja­po­nais.

Ax­tell et trois ai­liers pa­trouillaient dé­jà de­puis trois heures quand ils re­çurent des ins­truc­tions par ra­dio leur de­man­dant de faire mon­ter quatre avions à 25 000 pieds p (7 620 m) pour in­ter­cep­ter rcep­ter un ja­po­nais vo­lant nt à haute al­ti­tude. Mais is avant même que les “Cor­sair” aient at­teint l’al­ti­tude in­di­quée, ils re­çurent un contre-ordre de plon­ger vers des ap­pa­reils qui ve­naient t d’être dé­tec­tés à basse sse al­ti­tude. Vers 5 000 pieds (1 525 m), à 50 miles s (80 (80,5 5 km) au nord d’Ago­ni Shi­ma, une for­ma­tion de bom­bar­diers en pi­qué ja­po­nais es­ti­mée à 35 “Val” et “Nate” fut re­pé­rée juste de­vant, droit dans la tra­jec­toire du maj. Ax­tell. La for­ma­tion en­ne­mie se sé­pa­ra et les avions ja­po­nais en­ga­gèrent des ac­tions éva­sives vio­lentes. Cer­tains fi­lèrent vers les nuages se trou­vant à 2000 pieds (610 m) pour s’y dis­si­mu­ler. Du­rant le com­bat qui s’en­sui­vit, le maj. Ax­tell dé­trui­sit cinq “Val” et en en­dom­ma­gea trois. Le 1st lt Ed­ward L. Ab­ner, son ai­lier, dé­trui­sit deux “Val” et en en­dom- ma­gea un autre, en une seule passe, mais son “Cor­sair” fut abî­mé à un sau­mon et aux em­plan­tures des deux ailes, et son fu­se­lage fut per­cé par plu­sieurs balles. Il réus­sit à en­dom­ma­ger la queue d’un autre “Val” avant de ren­trer à la base. Le 1st lt O’Keefe me­nait le se­cond élé­ment de la pa­trouille d’Ax­tell. C’était sa pre­mière confron­ta­tion avec les Ja­po­nais, et son “bap­tême” du com­bat aé­rien. Il abais­sa ses vo­lets pour pou­voir res­ter der­rière les “Val” qui vo­laient bien moins ra­pi­de­ment qu’un “Cor­sair”. Il ra­con­ta plus tard : “Il y en avait tel­le­ment, il suf­fi­sait d’en choi­sir un et d’y al­ler. En lé­ger pi­qué, j’ai presque dé­pas­sé le pre­mier mais j’ai quand même réus­si à le tou­cher. Il s’est en­flam­mé et est tom­bé en mer. J’ai fait ex­plo­ser le deuxième de si près que j’ai dû ca­brer pour évi­ter d’être per­cu­té par ses dé­bris. En ca­brant et en ren­ver­sant, j’en ai mi mis un troi­sième en fla flamme. J’avais en­co core trop de vi­tesse, d donc j’ai ca­bré, suis pa pas­sé sur le dos et j’ai pu ti­rer du des­sus. Il a exp ex­plo­sé. J’avais dé­pas­sé le pel pe­lo­ton de tête, alors j’ai fait d de­mi-tour. C’est à ce mo­ment que j’ j’en ai croi­sé un qui avait des mi­trailleuses. Nous nous sommes ti­rés mu­tuel­le­ment des­sus en nous croi­sant de front. Lors de cette pre­mière passe, je pen­sais l’avoir tou­ché plu­sieurs fois. J’ai vi­ré très sec pour ne pas le perdre. Ce pi­lote jap’ était bon et ra­pide. Il avait dé­jà vi­ré et se trou­vait bien plus près que je ne le pen­sais. Il traî­nait de la fu­mée, donc je sa­vais que je l’avais tou­ché. Il de­vait dé­jà pen­ser que c’en était fi­ni pour lui, car il est de­ve­nu évident qu’il vou­lait me dé­truire en me per­cu­tant. J’avais beau faire feu de toutes mes armes sur lui,

J’ai ti­ré sur mon manche aus­si fort que j’ai pu, presque au point de m’éva­nouir

il conti­nuait d’ar­ri­ver droit sur moi, très vite. Je pense que notre vi­tesse de rap­pro­che­ment de­vait être de 600 mph [965 km/h]. Il ar­ri­vait si vite que j’étais sûr qu’il al­lait m’avoir. J’ai ti­ré sur mon manche aus­si fort que j’ai pu, presque au point de m’éva­nouir. Je ne sais pas com­ment il a pu me ra­ter. J’ai vi­ré très sec de nou­veau, de peur qu’il ne re­vienne sur moi, mais j’ai alors vu qu’il se di­ri­geait vers l’océan. J’ai pen­sé qu’il vou­lait s’en prendre à un na­vire, alors je l’ai pour­sui­vi, m’en suis rap­pro­ché, ai ti­ré une ra­fale et il a ex­plo­sé. Je me suis sou­dain sen­ti très fa­ti­gué et trem­pé de sueur. Quand j’ai re­gar­dé au­tour de moi, il n’y avait plus per­sonne, plus un avion dans le ciel. Mes gars avaient pour­sui­vi les autres avions ja­po­nais jus­qu’à épui­se­ment de leurs mu­ni­tions. Il y en avait trop pour que nous puis­sions tous les abattre.”

54 avions ja­po­nais abat­tus en une mis­sion

Après que Jer­ry O’Keefe se fut po­sé, ses ar­mu­riers com­ptèrent trois balles res­tant dans une des mi­trailleuses, et huit dans une autre. Les ca­siers à mu­ni­tions des quatre autres étaient vides. Le F4U-1D “Cor­sair” em­por­tait entre 385 et 400 balles par mi­trailleuse, ce qui pro­cu­rait en­vi­ron 30 se­condes de tir conti­nu. Sur cha­cun des avions qu’il avait abat­tus, O’Keefe avait ti­ré qua­si à bout por­tant… À son ai­lier, le 1st lt William L. Wood, furent at­tri­buées deux de­mi-vic­toires sur deux “Val” quand il s’as­so­cia à un autre “Cor­sair” pour les dé­truire. Il re­çut une autre de­mi-vic­toire pour un troi­sième “Val” abat­tu lors d’une passe fron­tale ef­fec­tuée avec un autre “Cor­sair”. L’autre pa­trouille de cette même mis­sion, me­née par le maj. Dor­roh, tom­ba sur la for­ma­tion ja­po­naise quelques se­condes après celle d’Ax­tell. En quelques mi­nutes, Dor­roh abat­tit six “Val”. L’un de ses ai­liers, le 2nd lt Nor­mand T. The­riault, fut cré­di­té de 2,25 “Val”, tan­dis qu’un autre, le 1st lt Charles S. Al­len, fut cré­di­té d’un “Val” pro­bable.

Lors de cet en­ga­ge­ment, un to­tal de 54 avions ja­po­nais abat­tus fut rap­por­té. Les Ma­rines s’en ad­ju­gèrent 33 ; les pilotes de la VMF-224 en dé­trui­sirent cinq, ceux de la VMF- 441 trois. Les pilotes de l’US Na­vy s’ad­ju­gèrent le reste des vic­toires.

Mal­gré le suc­cès de cette at­taque, les pilotes de la VMF-323 Death Rat­tlers ex­pri­mèrent des in­quié­tudes lors du dé­brie­fing, no­tam­ment sur le fait que cer­tains d’entre eux avaient le doigt lourd sur la gâ­chette et gas­pillaient des mu­ni­tions. Quelques-uns firent re­mar­quer qu’ils n’au­raient pas pu re­pous­ser

une nou­velle at­taque de chas­seurs ja­po­nais dé­ter­mi­nés si elle avait eu lieu un peu plus tard. Cinq pilotes avaient lar­gué leurs ré­ser­voirs ex­ternes trop tôt et étaient ar­ri­vés à la base très juste en car­bu­rant. Quoi qu’il en soit, cette jour­née avait été celle des Death Rat­tlers avec leur nombre de vic­toires re­cord.

Georges Ax­tell, Jef­fer­son Dor­roh et Je­re­miah O’Keefe – 19 avions à eux trois – re­çurent la Na­vy Cross pour leur bra­voure ce jour­là. O’Keefe n’était alors pi­lote au sein du Ma­rine Corps que de­puis deux ans, et était à deux mois de fê­ter ses 22 ans. Mais avant de souf­fler les bou­gies, il al­lait en­core abattre deux avions ja­po­nais avec son F4U-1D le 28 avril. La VMF 323 al­lait ter­mi­ner la cam­pagne d’Oki­na­wa avec le meilleur score de tous les es­ca­drons des Ma­rines : 124,5 vic­toires.

Le ra­da­riste an­nonce un raid mas­sif

Le 28 avril al­lait être une jour­née très char­gée pour les avions char­gés des Com­bat Air Pa­trol, en par­ti­cu­lier les “Cor­sair”. La veille, l’am. Ma­tome Uga­ki avait lan­cé l’opé­ra­tion Ki­ku­sui 4. Le ma­tin, la sé­cu­ri­té aé­rienne de la sta­tion ra­dar n° 2 (R.P. 2) fut as­su­rée par deux “Cor­sair” à la ver­ti­cale et une dou­zaine d’autres pa­trouillant aux alen­tours entre 10 000 et 30 000 pieds (3 050 et 9 150 m) pour in­ter­cep­ter d’éven­tuels raids. Mais au­cun avion ja­po­nais ne se mon­tra. L’après-mi­di, le for­mat de la CAP pas­sa à deux “Cor­sair” à im­mé­diate proxi­mi­té des na­vires et six autres aux alen­tours. Ces der­niers furent di­ri­gés vers des in­trus en ap­proche par le ra­dar du des­troyer Da­ly à 15 h 39 ; le ra­da­riste avait pré­ve­nu qu’il s’agis­sait d’un raid mas­sif. Les “Cor­sair” étaient pré­ve­nus. Ils rap­por­tèrent par ra­dio qu’ils al­laient af­fron­ter une force de 35 à 50 avions ja­po­nais, prin­ci­pa­le­ment des “Ze­ro”. Dans son jour­nal per­son­nel, l’am. Ma­tome Uga­ki écri­vit ce jour-là : “La to­ta­li­té de la force de chas­seurs a été en­voyée sur Oki­na­wa et ils ont af­fron­té des chas­seurs Si­kors­ky [“Cor­sair”] au- des­sus de le- Shi­ma et ont sû­re­ment abat­tu trois d’entre eux.” Entre 15 h 55 et 16 h 12, les deux pre­mières pa­trouilles de “Cor­sair” en­voyèrent 12 avions ja­po­nais à l’eau, et quatre à six furent éga­le­ment pro­ba­ble­ment abat­tus. Une troi­sième pa­trouille de “Cor­sair” vint prendre part à la mê­lée à 16 h 28, et rap­por­ta avoir abat­tu avec cer­ti­tude sept avions ja­po­nais, et quatre ou cinq pro­bables. À court de mu­ni­tion et de car­bu­rant, les “Cor­sair” re­ga­gnèrent leur base, ayant mis en dé­route une force qui leur était su­pé­rieure en nombre. Mais les na­vires de la R.P. 2 n’en avaient pas fi­ni pour au­tant. Ils su­birent des at­taques jus­qu’à 21 h 53.

En fin d’après mi­di, au-des­sus de la R.P.3, les lieu­te­nants Ken­neth Roy­son et Vic­tor Arm­strong de la VMF-312 in­ter­ce­ptèrent huit chas­seurs à train fixe ob­so­lètes Na­ka­ji­ma Ki-27 “Nate” se di­ri­geant vers les na­vires. Arm­strong en abat­tit deux, Roy­son un.

Deux pa­trouilles de la VMF-323 avaient dé­col­lé de Ka­de­na à 17 h 30, pour une Com­bat Air Pa­trol sur la R.P.14. Le maj. George Ax­tell me­nait trois autres avions, et le capt. Joe McP­hail trois autres. Quelques mi­nutes après être ar­ri­vés au-des­sus de la R.P.14, ils ne tar­dèrent pas à trou­ver leurs proies. Le 1st lt Jer­ry O’Keefe, qui vo­lait dans la pa­trouille d’Ax­tell, fut le pre­mier à voir l’en­ne­mi ; ac­com­pa­gné de son ai­lier, le 2nd lt De­wey Durn­ford, il se di­ri­gea vers eux et confir­ma très vite par ra­dio à Ax­tell qu’il s’agis­sait bien de Ja­po­nais. Toute la pa­trouille tom­ba par-der­rière sur une for­ma­tion de cinq chas­seurs à train fixe Na­ka­ji­ma Ki-27 “Nate” qui suc­com­bèrent sous les tirs des “Cor­sair” en quelques mi­nutes. O’Keefe et Durn­ford s’en ad­ju­gèrent deux cha­cun, Ax­tell un.

Peu d’avions per­dus mais 108 na­vires tou­chés

Vers 18 h 30, les na­vires en po­si­tion sur la R.P.1 furent à leur tour at­ta­qués. Le 1st lt Joe Dillard de la VMF-323 vo­lait alors au sud de la R.P.1 avec son ai­lier, le 2nd lt James Bier­bo­wer, de­puis trois heures et de­mie, quand il fut di­ri­gé par le ra­da­riste du des­troyer Ben­nion vers un “Kate” por­teur d’une tor­pille qui fi­lait vers lui. Une di­zaine de “Kate” avaient dé­col­lé de la base na­vale de Ku­shi­ra, près de Ka­noya, un peu plus tôt. À 18 h 45, le bom­bar­dier-tor­pilleur ja­po­nais plon­gea dans l’eau. Dillard et Bier­bo­wer n’étaient alors pas seuls dans le ciel au-des­sus de la R.P.1 ; s’y trou­vaient aus­si trois pa­trouilles de “Cor­sair” de la VMF-311 ba­sée à Yon­tan, tan­dis que trois autres de “Wild­cat” de la VC-83 étaient dans le sec­teur de le-Shi­ma. L’écran ra­dar du Ben­nion s’illu­mi­na alors de nou­veau, in­di­quant plu­sieurs raids mas­sifs ve­nant du nord, et les “Cor­sair” furent char­gés de l’in­ter­cep­tion. Quelques mi­nutes plus tard, une dou­zaine de “Val” et de “Ze­ro” furent en­se­ve­lis par la mer. Les 2nd lt Do­nals H. Clark et William P. Brown s’ad­ju­gèrent cha­cun deux “Val”, John V. Bla­ke­ney et Ralph G. McCor­mick cha­cun un. Ro­land T. Ham­mer, Ro­bert K. Sher­rill, La­wrence K. Whi­te­side, Tho­mas M. Kir­by et Theo­dore A. Brown ins­cri­virent aus­si cha­cun un avion sur leur ta­bleau de chasse. Huit autres ap­pa­reils en­ne­mis furent éga­le­ment abat­tus par des avions ef­fec­tuant un CAP sur le sec­teur. Une pa­trouille des Death Rat­tlers avait dé­col­lé de Ka­de­na à 16 h 25 pour un CAP au-des­sus de la R.P.1. Le ra­dar du Ben­nion leur avait in­di­qué d’or­bi­ter au sud de la sta­tion, au- des­sus d’Ize­na Shi­ma. Là, les 1st lt Ver­non Ball, Fran­cis Ter­rill, Bill Hood et Ed Mur­ray aper­çurent quatre “Val” fai­sant cap au sud à 15 000 pieds (4 570 m). Peu après, cha­cun des quatre pilotes de “Cor­sair” ajou­ta une vic­toire à son ta­bleau de chasse. Mais ils n’eurent pas le temps de sa­vou­rer l’ins­tant, étant aus­si­tôt re­di­ri­gés vers l’ouest où ils tom­bèrent sur quatre autres “Val” et un mo­no­plan à train fixe d’en­traî­ne­ment Ta­chi­ka­wa “Ida”. Les cinq avions ja­po­nais sans dé­fenses furent abat­tus en quelques ra­fales. La pa­trouille des Death Rat­tlers re­vint donc se po­ser à Ka­de­na ce soir-là avec 9,5 avions à son cré­dit, un “Val” ayant été abat­tu par un autre “Cor­sair” de Yon­tan.

Au 30 avril 1945, les avions de la Task Force 58 avaient ef­fec­tué 24 393 sor­ties en sou­tien du dé­bar­que­ment, dont 10 711 contre des ob­jec­tifs sur le ri­vage. Les avions ba­sés sur les porte-avions d’es­corte en avaient ef­fec­tué 18 133 dont 9 361 contre des ob­jec­tifs sur le ri­vage. Du­rant ce mois d’avril, les avions ba­sés au sol de l’USMC (Uni­ted States Ma­rine Corps) avaient ef­fec­tué 3 300 sor­ties de Com­bat Air Pa­trol et 609 sor­ties d’ap­pui sol, et les chas­seurs de nuit de l’USMC avaient ef­fec­tué 221 sor-

ties de nuit. En un mois de com­bat contre les ka­mi­kazes et leurs avions de pro­tec­tion, les pilotes de l’US Na­vy avaient re­ven­di­qué 937 avions ja­po­nais abat­tus – dont 590 du­rant les quatre opé­ra­tions Ki­ku­sui. Les pilotes des Ma­rines, au­tant ceux ba­sés à terre que ceux ba­sés sur porte-avions, en avaient re­ven­di­qué 279 pour leur part. Si peu d’avions avaient été per­dus, en re­vanche 108 na­vires avaient été tou­chés à di­vers de­grés. Du­rant ce mois d’avril, la VMF-323 avait envoyé presque tous les jours des avions pour des mis­sions d’ap­pui sol et de CAP, et les Death Rat­tlers avaient ins­crit sur leur ta­bleau de chasse 54,75 vic­toires. Du­rant le mois de mai, ils al­laient en ajou­ter 52,75, dont 24,75 ré­par­ties entre 16 pilotes pour la seule jour­née du 4 mai.

Ki­ku­sui 5 eut lieu les 3 et 4 mai avec 50 avions ka­mi­kazes de l’Ar­mée im­pé­riale et 75 de la Ma­rine.

Le 6 mai, le Ma­rine Air Group 22 (MAG-22) vint ren­for­cer les troupes d’in­va­sion d’Oki­na­wa en ins­tal­lant ses VMF-113 (F4U-1D), VMF-314 (F4U-1 C/D) et VMF-422 (F4U-1D) – sur “Cor­sair” – sur l’île de le-Shi­ma. La VMF(N)-533 sur Grum­man F6F-5N “Hell­cat” de chasse de nuit et la VTMB-131 sur TBF “Aven­ger” les re­join­draient le 10 mai de­puis l’atoll Eni­we­tok.

Le “Nick” abat­tu à coups d’hé­lice

Les raids Ki­ku­sui étaient pré­cé­dés de mis­sions de re­con­nais­sance pho­to­gra­phiques, et ce­la n’avait bien sûr pas échap­pé aux forces amé­ri­caines pré­sentes à Oki­na­wa. 12 heures après avoir été réa­li­sées, ces mis­sions per­met­taient d’in­for­mer le com­man­dant des forces ter­restres ja­po­naises des mou­ve­ments de l’US Ar­my et du Ma­rine Corps. Elles per­met­taient éga­le­ment de dé­ter­mi­ner quels na­vires les pilotes ka­mi­kazes al­laient ten­ter de frap­per. Les avions de re­con­nais­sance ja­po­nais ef­fec­tuaient à chaque fois deux tours com­plets de l’île et de la flotte amé­ri­caine – c’était la rou­tine ob­ser­vée plu­sieurs jours d’af­fi­lée par les Amé­ri­cains. In­ter­cep­ter ces avions de re­con­nais­sance n’était pas une tâche fa­cile, car ils vo­laient à une al­ti­tude su­pé­rieure à la por­tée du plus gros ca­non de n’im­porte quel cui­ras­sé. Le Ka­wa­sa­ki Ki- 45 “To­ryu”/“Nick” vo­lait plus haut que le pla­fond pra­tique des avions de chasse amé­ri­cains. Le 6 mai, deux F4U “Cor­sair” de la VMF-312 avaient dû abandonner leur pour­suite à grande vi­tesse d’un Ka­wa­sa­ki Ki- 46 “Di­nah”, nom de code amé­ri­cain de l’avion ja­po­nais Ri­ku­gun Ki- 46 ; le com­pres­seur du mo­teur du “Cor­sair” du lea­der de la pa­trouille s’ar­rê­ta net et le mo­teur de son ai­lier se fi­gea, et seul le lea­der de la pa­trouille, le 2nd lt Mer­lin O’Neal, ren­tra à la base… Le 10 mai 1945, pa­riant sur un po­ten­tiel vol de re­con­nais­sance pho­to­gra­phique ja­po­nais, le capt. Ken Reus­ser em­me­na une pa­trouille de la VMF-312 jus­qu’à 13 000 pieds (3 960 m), soit 3 000 pieds (915 m) plus haut que l’al­ti­tude nor­male des Com­bat Air Pa­trol. À la ra­dio, Reus­ser était “Rouge 1”, le 2nd lt Ro­bert “Bob” Kling­man “Rouge 2”, le capt. Jim

NA­VAL HISTORY AND HERITAGE COM­MAND

Le Bun­ker Hill ravagé par des in­cen­dies après avoir été per­cu­té par deux ka­mi­kazes le 11 mai 1945. Il est ici pho­to­gra­phié de­puis le porte-avions Ba­taan.

In­signe de la VMF-323 Death Rat­tlers.

MA­RINE CORPS HIS­TO­RI­CAL COL­LEC­TION

Trois se­maines seule­ment après avoir com­men­cé à vo­ler au-des­sus d’Oki­na­wa, la VMF-323 comp­tait sept nou­veaux as. Ac­crou­pis, de gauche à droite, le 2nd lt Ro­bert Wade et le 1st lt Je­re­miah O‘Keefe. De­bout de gauche à droite, les 1st lt William L. Hood,...

DR

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Le F4U-1D Flak Bait de la VMF-422, sur la piste de Ie-Shi­ma, en mai 1945.

VINC ENT DHO RNE

En juin 1945, le F4U-1D du 2nd lt Mer­lin E. O’Neil de la VMF-312, ti­tu­laire de deux vic­toires.

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Un F4U-1D de la VF-84 prêt à être ca­ta­pul­té de­puis le Bun­ker Hill, le 6 mai 1945.

DR

Je­re­mia O’Keefe de la VMF-323 fête sa sep­tième vic­toire.

VINCENT DHORNE

Mit­su­bi­shi G4M2E “Bet­ty” du Ko­ku­tai 721 opé­rant de­puis Ka­noya au prin­temps 1945. Il porte un Yo­ko­su­ka MXY-7 “Okha”.

DR

Le maj. Jeff Dor­roh fut un des as de la VMF-323.

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