Le Figaro Magazine

PHILIPPE VILLIN

Le banquier d’affaires de Xavier Bertrand.

- G. d. M.

Il a boudé les débats télévisés. Pourquoi regarder les autres candidats puisqu’il estime que Xavier Bertrand est le seul à avoir une stature présidenti­elle ? Ainsi fonctionne Philippe Villin, sûr de lui et sans concession­s. Banquier d’affaires devenu collecteur de fonds pour la campagne du président des hauts-de-France, cet homme de 67 ans communique chaque jour avec « Xavier », le plus souvent via l’applicatio­n telegram. « Je veux aider à faire élire un ami et me débarrasse­r aussi de Macron. C’est “kill two birds with one stone” (faire d’une pierre deux coups) », sourit-il. il assure ne convoiter aucun poste et précise soudain : « Je ne travaille pas pour Xavier Bertrand, mais avec lui. » Figure de l’establishm­ent qu’il ne cesse d’étriller, ce militant des droits homosexuel­s se révèle aussi méticuleux pour corriger ses interviews, à la virgule près, que décloisonn­é dans le reste de sa vie, croisant ses réseaux « progressis­tes » avec le plus classique des carnets d’adresses. « Dans ce travail avec Xavier, j’utilise toutes les vies que j’ai eu la chance d’avoir, explique-t-il avant d’énumérer d’un ton méthodique : haut fonctionna­ire, patron du Figaro, banquier d’affaires, entreprene­ur dans l’hôtellerie, mélomane et amateur d’arts plastiques et d’architectu­re, et gay engagé. » issu de l’inspection des finances, comme emmanuel macron, Philippe Villin avait soutenu nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite en 2016. Conforté par les sondages qui placent Bertrand en tête, il décoche souvent une flèche, avec un mauvais esprit évident, contre l’un ou l’autre des candidats, ajoutant « on l’aime beaucoup, c’est quelqu’un de charmant » au bout de sa pique. Villin ne doute de rien, moins encore d’être incontourn­able. « Xavier Bertrand n’est pas seulement un vrai candidat de droite, car il rassemble au-delà. », répète-t-il. Fin août, dans sa maison de Cavalaire (Var), il a organisé un « dîner d’amis autour de Xavier », comme il en fait régulièrem­ent. Cinquante personnes étaient présentes, des héritiers, des chefs d’entreprise mais aussi des profs d’école, des instits et toutes sortes de contribute­urs potentiels à cette candidatur­e. « Il n’y a aucun problème d’argent », affirmait-il alors à propos des comptes de campagne. À présent que son candidat est revenu dans le giron du parti, la situation n’est plus exactement comparable, mais sa confiance a redoublé : « Xavier Bertrand est un entreprene­ur en politique. C’est un autodidact­e qui considère que rien ne lui est dû – à la différence d’un Macron ou d’un Juppé – et qui travaille sans limite, comme un entreprene­ur qui a créé son entreprise, et ce jusqu’à 19 heures par jour s’il le faut. Son réseau est incroyable et complèteme­nt sousestimé. »

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