L’Ebitda, un in­di­ca­teur clé

Le Figaro - - LA VIE DES ENTREPRISES - COM­PA­GNIE DES CONSEILS ET EX­PERTS FI­NAN­CIERS MAUD BODIN-VERALDI ET MICHEL TERNISIEN

Au fil du temps, un in­di­ca­teur de ges­tion s’est im­po­sé, y com­pris en France : l’Ebitda. Il a pour ori­gine la comp­ta­bi­li­té an­glo-saxonne et se tra­duit en : « Ré­sul­tat avant in­té­rêt, im­pôt sur les bé­né­fices, dé­pré­cia­tion et amor­tis­se­ments ». Il sus­cite plu­sieurs ques­tions.

Comment est-il cal­cu­lé ? L’Ebitda est la dif­fé­rence entre le chiffre d’af­faires et les coûts d’ex­ploi­ta­tion, sauf les do­ta­tions aux amor­tis­se­ments et aux pro­vi­sions des ac­tifs im­mo­bi­li­sés.

Existe-t-il un équi­valent dans la comp­ta­bi­li­té fran­çaise ? Non. Il est sou­vent confon­du avec l’ex­cé­dent brut d’ex­ploi­ta­tion (EBE) cal­cu­lé par les PME fran­çaises.

Mais les deux concepts ne coïn­cident pas. Par exemple, la par­ti­ci­pa­tion des sa­la­riés, ex­clue de l’EBE, est dé­duite de l’Ebitda. La comp­ta­bi­li­té fran­çaise uti­lise mas­si­ve­ment la no­tion de pro­duits et charges ex­cep­tion­nels, ex­clus de l’EBE. Ils sont in­té­grés dans l’Ebitda. C’est le cas des frais de re­struc­tu­ra­tion.

Pour­quoi l’Ebitda est-il pré­fé­ré des ges­tion­naires ? C’est avant tout un ins­tru­ment de com­pa­rai­son très per­ti­nent d’une en­tre­prise à l’autre et d’un pays à l’autre. Il est neutre d’élé­ments su­jets à cau­tion (amor­tis­se­ments et dé­pré­cia­tions) ou de dé­ci­sions propres à un pays (la fis­ca­li­té sur les bé­né­fices).

C’est un ins­tru­ment de ges­tion. Le ra­tio Ebitda/ chiffre d’af­faires ca­rac­té­rise un sec­teur d’ac­ti­vi­té : un taux éle­vé cor­res­pond à un sec­teur ca­pi­ta­lis­tique et in­ver­se­ment. L’Ebitda net des dé­penses d’in­ves­tis­se­ment me­sure le de­gré d’au­to­fi­nan­ce­ment : une dif­fé­rence po­si­tive montre que l’en­tre­prise au­to­fi­nance ses dé­penses d’in­ves­tis­se­ment. In­ver­se­ment, une dif­fé­rence né­ga­tive im­plique un re­cours aux fi­nan­ce­ments ex­ternes (ac­tion­naires ou prê­teurs).

C’est un ins­tru­ment de va­lo­ri­sa­tion. En Bourse, le mul­tiple d’Ebitda (ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière + dette fi­nan­cière nette de la tré­so­re­rie/Ebitda) est un re­père. Les in­ves­tis­seurs consi­dèrent qu’il doit être com­pris entre 8 et 10. Pour une pe­tite en­tre­prise non co­tée, le mul­tiple se si­tue plu­tôt entre 4 et 6.

L’Ebitda s’est donc im­po­sé au fil du temps comme un in­con­tour­nable. Il est pour les ges­tion­naires le « PPCD » - plus pe­tit com­mun dé­no­mi­na­teur de la com­pré­hen­sion de la vie de l’en­tre­prise.

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