Le Dr Das­sas ju­gé pour viols sur des pa­tientes

De­puis lun­di s’est ou­vert le pro­cès du Dr Das­sas, ex-mé­de­cin à Argent ac­cu­sé de viols pré­su­més sur des pa­tientes dont il a fil­mé plu­sieurs d’entre elles pen­dant les exa­mens.

Le Journal de Gien - - La Une -

■ Presque quatre ans par la ré­vé­la­tion des faits, le Dr Thier­ry Das­sas, an­cien mé­de­cin gé­né­ra­liste d’Argent­sur­Sauldre com­pa­raît, libre après six mois de dé­ten­tion pro­vi­soire, de­vant la Cour d’as­sises du Cher pour viols sur ses pa­tientes dont il avait fil­mé à leur in­su les exa­mens gy­né­co­lo­giques.

« S’il n’y avait pas eu de film, il n’y au­rait pas eu d’af­faire »

Pas moins de 36 femmes ont ain­si li­vré leurs té­moi­gnages à l’is­sue de l’en­quête dont neuf d’entre elles ont pu être iden­ti­fiées sur les cas­settes vi­déos en­re­gis­trées.

C’est d’ailleurs parce qu’une des pa­tientes a dé­cou­vert le ca­mé­scope gros­siè­re­ment ca­ché sous un tor­chon dans le ca­bi­net mé­di­cal que l’af­faire s’est ré­vé­lée.

D’ailleurs, dans ses pre­mières dé­cla­ra­tions, Thier­ry Das­sas re­con­naît « le fait d’avoir fil­mé mes pa­tientes ». Et d’es­ti­mer que « s’il n’y avait pas eu de film, il n’y au­rait pas eu d’af­faire »…

Car le pra­ti­cien ré­fute en bloc les ac­cu­sa­tions de viols di­gi­taux ou avec un spé­cu­lum mal­gré les avis des ex­perts qui ont vi­sion­né les cas­settes. Pour lui, ce sont des exa­mens gy­né­co­lo­giques nor­maux.

Même ver­sion des faits pour son épouse Mi­chèle, ve­nue éga­le­ment té­moi­gner à la barre et qui n’hé­site pas à dire « que cer­taines pa­tientes y ont vu un in­té­rêt fi­nan­cier », ce qui a sus­ci­té un mou­ve­ment de ré­pro­ba­tion dans la salle par­mi les vic­times…

« Une cer­taine per­ver­si­té »…

Plu­sieurs ex­perts se sont suc­cé­dé éga­le­ment à la barre pour dres­ser le por­trait du mé­de­cin qui n’ont pas no­té « de pa­tho­lo­gie psy­chia­trique » mais une « cer­taine per­ver­si­té ». Il a été mis en exergue éga­le­ment que le couple n’avait plus de re­la­tions sexuelles de­puis deux ans et le mé­de­cin s’était mis à vi­sion­ner de nom­breux films por­no­gra­phiques à cette époque­là.

Mar­di ma­tin, ce fut le té­moi­gnage de celle qui a por­té plainte la pre­mière. Elle a raconté avec émo­tion comment le mé­de­cin fai­sait des va­et­vient dans son va­gin avec ses doigts puis avec le spé­cu­lum, alors que la jeune femme, tout juste âgée de 18 ans, était ve­nue consul­ter pour un mal de ventre et des maux de tête…

Alors qu’elle reste al­lon­gée pour re­prendre ses es­prits en rai­son des dou­leurs que le mé­de­cin lui a fait su­bir et dont elle lui avait fait part, elle dé­couvre le fa­meux ca­mé­scope ca­ché sous un tor­chon po­sé sur un car­ton… Une vi­déo qui a été vi­sion­née à huis clos ain­si que les dé­bats qui ont sui­vi par les membres de la Cour.

Mar­di après­mi­di, c’était au tour d’une amie de ce pre­mier té­moin de ve­nir dé­po­ser de­vant les ju­rés avant le dé­fi­lé des autres vic­times dans la se­maine.

En rai­son de leur nombre, le pro­cès du Dr Das­sas est pré­vu ini­tia­le­ment sur quinze jours. Il en­court jus­qu’à 20 ans de ré­clu­sion cri­mi­nelle s’il est re­con­nu cou­pable des faits re­pro­chés.

(PHO­TO : PIERRICK DELOBELLE/LE BER­RY RÉ­PU­BLI­CAIN)

Le Dr Thier­ry Das­sas à la sor­tie du tri­bu­nal de Bourges lun­di 11 juin.

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