Le re­cours re­je­té, les tra­vaux se pour­suivent

Le juge des ré­fé­rés a ren­du son ver­dict : le re­cours dé­po­sé par le col­lec­tif de la rue Louis-Blanc est re­je­té. Les tra­vaux re­prennent leur cours nor­mal… sans tou­cher aux pla­tanes du quai Joffre.

Le Journal de Gien - - La Une - FRAN­ÇOIS BASLEY

■ Dans le match à cou­teaux ti­rés qui voit s’af­fron­ter les op­po­sants aux tra­vaux du centre­ville et les dé­fen­seurs des pla­tanes (par­fois les mêmes per­sonnes), à la ville de Gien/com­mu­nau­té des com­munes gien­noises, la par­tie a cette fois tour­né à l’avan­tage de la col­lec­ti­vi­té, lun­di.

Après que le re­cours sus­pen­sif dé­po­sé de­vant le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif a stop­pé l’abat­tage des arbres des quais, en at­ten­dant une dé­ci­sion du Con­seil d’État, la jus­tice a don­né rai­son à la com­com’, à pro­pos du per­mis d’amé­na­ger le coeur de ville. Il n’est pas sus­pen­du et les tra­vaux peuvent se pour­suivre.

At­ta­quées par le col­lec­tif de la rue Louis­Blanc, com­po­sé de ri­ve­rains ul­cé­rés à l’idée que le sens de cir­cu­la­tion soit in­ver­sé dans leur rue, la com­mu­nau­té de com­munes et la mai­rie de Gien, Ch­ris­tian Bou­leau en tête, ont ap­pris avec une sa­tis­fac­tion à peine voi­lée la dé­ci­sion du juge des ré­fé­rés : re­jet de la de­mande de sus­pen­sion les tra­vaux. Ju­ge­ment ren­du lun­di en mi­lieu d’après­mi­di. Soit trois jours après l’au­dience de­ven­dre­di.

Le juge mo­tive sa dé­ci­sion par le fait que la con­di­tion « d’ur­gence » n’est pas rem­plie, puisque les ar­rê­tés mu­ni­ci­paux régle­ men­tant la cir­cu­la­tion in­ter­disent l’ac­cès de la rue Louis­Blanc aux vé­hi­cules de plus de 3,5 tonnes et li­mitent la vi­tesse à 30 km/ h ; et que « L’état d’avan­ce­ment des tra­vaux ne per­met plus le ré­ta­blis­se­ment d’une cir­cu­la­tion à double sens sur le quai Joffre, sans re­mettre en cause les ouvrages dé­jà ef­fec­tués et la sus­pen­sion des tra­vaux com­por­te­rait des consé­quences fi­nan­cières eu égard aux contrats en cours », se­lon l’or­don­nance. Su­jet mis en avant lors de l’au­dience : se­lon la mai­rie de Gien, si l’avan­ce­ment des tra­vaux avait été sus­pen­du, 170.000 € au­raient dû être ver­sés aux en­tre­prises au titre de l’ar­rêt ; 70.000 € pour la re­prise.

Lun­di soir, soit quelques heures après que le juge a ren­du sa dé­ci­sion, le col­lec­tif ré­agis­sait sur sa page Fa­ce­book : « Cette dé­ci­sion a sim­ple­ment re­je­té la no­tion d’ur­gence mais ne pré­sage pas du ju­ge­ment sur le fond qui dé­nonce l’ab­sence de concer­ta­tion du per­mis d’amé­na­ger. Le col­lec­tif étu­die une nou­velle ac­tion pour pré­ser­ver la sé­cu­ri­té des usa­gers et des ri­ve­rains ».

« Je me suis bat­tu pour l’in­té­rêt gé­né­ral »

Un ju­ge­ment sur le fond que Ch­ris­tian Bou­leau at­tend avec « sé­ré­ni­té » : « L’ac­tion et l’in­ter­agir ne sont pas pris en compte, ce sont pour moi des fon­de­ments du ju­ge­ment sur le fond ». Sur­tout, l’élu se dit avoir « dé­fen­du les in­té­rêts des Gien­nois. Cette dé­ci­sion dé­fend l’argent pu­blic. Je me suis bat­tu pour l’in­té­rêt gé­né­ral et contre les in­té­rêts par­ti­cu­liers. Je suis très content, j’ai eu confiance en la jus­tice, on me di­sait trop lé­ga­liste… Nous al­lons pou­voir pour­suivre les tra­vaux, sans que ce­la ne coûte plus cher. Même si nous en sommes dé­jà à 100.000 € de frais de jus­tice… ». Pour Ch­ris­tian Bou­leau, la dé­ci­sion du Con­seil d’État à pro­pos des pla­tanes consti­tue­ra la pro­chaine étape im­por­tante. Leur abat­tage avait été sus­pen­du, là en­core, par dé­ci­sion du tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif et la com­mu­nau­té de com­munes a fait ap­pel.

Les tra­vaux se pour­suivent donc. Se­lon Yan­nick Rouye­ras, di­rec­teur de ca­bi­net, « Nous at­ta­quons la place Saint­Louis et re­pre­nons le cours nor­mal du calendrier, avec une phase de qua­torze mois de tra­vaux jus­qu’au 6 fé­vrier. Nous avions dé­ca­lé l’amé­na­ge­ment de la tête de pont (cô­té Cor­to­CIC) en rai­son de ce ré­fé­ré, nous al­lons voir avec les en­tre­prises comment faire. Nous ne tou­chons pas au cô­té pla­tanes, évi­dem­ment, en at­ten­dant la dé­ci­sion du Con­seil d’État ».

« Une nou­velle ac­tion », an­nonce le col­lec­tif

(PHO­TO : RÉ­MI BICHON)

Les tra­vaux pour­ront se pour­suivre nor­ma­le­ment.

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