ATI, un lea­der de l’incinération

C’est une en­tre­prise pour le moins dis­crète qui se cache rue Gus­tave-Eif­fel, dans la zone in­dus­trielle de la Sau­laie à Gien. Pour­tant, son cré­neau d’ac­ti­vi­té en fait un des lea­ders eu­ro­péens voire mon­diaux : ATI est en ef­fet un spé­cia­liste dans la concept

Le Journal de Gien - - Gien - AR­NAUD CHARRIER

■ « Nous ne sommes pas l’en­tre­prise la plus fun du quar­tier mais on a le mé­rite d’exis­ter », plai­san­tait Syl­vie Tor­re­gros­sa, di­rec­trice ad­mi­nis­tra­tive et fi­nan­cière chez ATI, jeu­di soir, au mo­ment d’ac­cueillir les membres du Mou­ve­ment des en­tre­prises du Pays giennois (Mepag) ve­nus vi­si­ter ses lo­caux rue Gus­tave­Eif­fel.

Les chefs d’en­tre­prises ont ain­si pu dé­cou­vrir l’usine de 9.000 m2 où se pré­sen­tait d’em­blée une im­po­sante mac­hine bleue de près de 20 tonnes : « Il s’agit d’un in­ci­né­ra­teur de dé­chets hos­pi­ta­liers, ex­pli­quait l’un des sa­la­riés, de­ve­nu guide pour l’oc­ca­sion. Le four chauffe jus­qu’à 1.200°C et peut brû­ler jus­qu’à 350 kg de dé­chets par heure. »

90 mi­nutes pour brû­ler cer­cueil et corps

Quelques pas plus loin, le guide mon­trait un brû­ leur, une des pièces maî­tresses de l’en­tre­prise gien­noise : « On monte le four en tem­pé­ra­ture jus­qu’à 900°C­1.000° C ; une fois la bonne cha­leur at­teinte, on in­tro­duit le cer­cueil. Il y a alors l’ef­fet py­ro­lyse : la ma­tière du cer­cueil chauffe et fa­ci­lite la com­bus­tion du corps. Le bois dis­pa­raît dans les trente mi­nutes. Il faut comp­ter en moyenne 90 mi­nutes pour cette opé­ra­tion car on ne doit plus avoir de pro­duits or­ga­niques », pré­ci­sait­il. De fait, « il n’y a au­cune pos­si­bi­li­té de re­cher­cher de l’ADN. »

Au fur et à me­sure de la vi­site, les cu­rieux ques­tion­naient le ré­fé­rent sur le prix de telle ou telle mac­hine : « Pour ce pe­tit in­ci­né­ra­teur spé­cia­li­sé dans les huiles de vi­dange, il faut comp­ter près de 300.000 € », les ren­sei­gnait­on.

Chantre de la sé­cu­ri­té de ses ins­tal­la­tions et de leur im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment, ATI ef­fec­tue tous les trois mois un contrôle qua­li­té de ses fu­mées et ré­si­dus : « Nous sommes très fiers de pou­voir dire que nous ré­pon­dons aux exi­gences tech­niques ».

Une ex­per­tise et un sa­voir­faire qui per­mettent au­jourd’hui à l’en­tre­prise gien­noise de réa­li­ser « près de 80 % de notre chiffre d’af­faires à l’ex­por­ta­tion ». Et de s’ap­puyer sur la fia­bi­li­té de son ma­té­riel : « Nos ma­chines peuvent fonc­tion­ner plus de trente ans. »

ATI pro­pose aus­si des ins­tal­la­tions mo­biles, « des contai­ners ache­tés par la so­cié­té » qui fa­ci­litent l’en­voi des ma­chines « en kit » à tra­vers le monde. « Nous en avons beau­coup ven­dues de cette fa­çon en Rus­sie et en Ukraine », glisse le guide. « Et pas en Ita­lie ? », brû­lait de sa­voir avec hu­mour un vi­si­teur… en ré­fé­rence à la ma­fia.

Tous s’ac­cor­daient à l’is­sue de la vi­site sur l’im­por­tance de pé­ren­ni­ser cette en­ti­té sur le sec­teur. « On tient à res­ter à Gien le plus long­temps pos­sible », ré­pé­tait à l’en­vi Syl­vie Tor­re­gros­sa. Dé­fi­ni­ti­ve­ment une belle réus­site gien­noise pour ATI dont l’ave­nir pa­raît flam­boyant.

« On tient à res­ter le plus long­temps pos­sible à Gien »

L’in­ci­né­ra­teur de dé­chets hos­pi­ta­liers à l’en­trée du site.

Le guide avec une brique spé­ciale.

Pierre Laurent, pré­sident du Mepag et Chris­tian Bou­leau, maire, ont sui­vi avec in­té­rêt les ex­pli­ca­tions à pro­pos du fonc­tion­ne­ment du brû­leur ( en ar­rière-plan).

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