18 ans re­quis contre un Gien­nois pour com­pli­ci­té de meurtre

Tel a été le ver­dict de la cour d’as­sises de Troyes à l’en­contre de Yous­souf Bar­ro qui au­rait pro­fi­té de l’al­té­ra­tion du dis­cer­ne­ment du meur­trier.

Le Journal de Gien - - La Une -

■ C’est une bien triste af­faire qui a été ju­gée il y a quelques jours à la cour d’as­sises de l’Aube.

Elle concer­nait le meurtre d’une femme, Bri­gitte Vi­san, vi­vant dans une mai­son cos­sue à l’écart du centre­ville de Troyes, re­trou­vée sans vie le 26 jan­vier 2016 par l’un de ses fils, Oli­vier, de­meu­rant dans une autre mai­son au sein de la pro­prié­té. La vic­time bai­gnait dans son sang après avoir re­çu de vio­lents coups à la tête à l’aide d’un ob­jet conton­dant.

Des troubles psy­cho­tiques no­toires

Très vite, les soup­çons se sont por­tés sur son autre fils, Da­vid, qui était pas­sé voir sa mère le même jour. Lors du pro­cès, ce der­nier a nié les faits, al­lant même jus­qu’à ac­cu­ser son propre frère, et ré­ci­pro­que­ment. Mais le re­cou­pe­ment des don­nées té­lé­pho­niques, le dé­roule­ ment des faits et la per­son­na­li­té du pré­su­mé cou­pable ont conver­gé vers la res­pon­sa­bi­li­té de Da­vid.

Pa­ral­lè­le­ment, les ana­lyses psy­chia­triques faites par les ex­perts ont mis en avant des troubles psy­cho­tiques no­toires avec « une très très large al­té­ra­tion, voire une abo­li­tion du dis­cer­ne­ment », rap­porte notre confrère de l’Est Eclair.

C’est là qu’in­ter­vient le rôle du deuxième co­ac­cu­sé qui n’est autre qu’un Gien­nois d’une tren­taine d’an­nées, Yous­souf Bar­ro, fils d’un ma­ra­bout à Gien.

Se­lon l’ac­cu­sa­tion, l’in­fluence du Gien­nois au­rait été dé­ter­mi­nante dans le pas­sage à l’acte de Da­vid Vi­san, avec qui il était au té­lé­phone au mo­ment même du meurtre. Et les mes­sages en­voyés par Yous­souf et re­trou­vés par la suite par les en­quê­teurs vont éga­le­ment dans le sens d’une com­pli­ci­té dans cet as­sas­si­nat. D’autre part, les liens entre Da­vid et Yous­souf étaient très fré­quents, ils en­vi­sa­geaient de tra­vailler en­semble dans l’en­tre­prise te­nue par la mère alors que celle­ci vou­lait mettre son fils sous cu­ra­telle et l’avait pri­vé de ses re­ve­nus, un élé­ment pro­ba­ble­ment dé­clen­cheur du pas­sage à l’acte.

Dans ce contexte, l e man­dat cash de 67.000 € en­voyé à Yous­souf a sans doute pe­sé lourd dans la ré­flexion des juges.

« Son ma­ra­bout, c’était mon père et seule­ment mon père. »

Lors de sa garde à vue, Da­vid au­rait dit au juge d’ins­truc­tion que Yous­souf lui a « or­don­né de tuer sa mère. » Mais il se ré­trac­te­ra lors du pro­cès, pré­fé­rant s’en prendre à son frère et as­su­rant qu’il n’y avait pas de dé­pen­dance vis­à­vis de Yous­souf.

À la barre, le Gien­nois, ex­tra­dé des USA où il avait trou­vé re­fuge après le meurtre, a nié être le gou­rou ou le ma­ra­bout de Da­vid Vi­san. « Je n’ai ja­mais eu d’in­fluence sur lui. Son ma­ra­bout, c’était mon père et seule­ment mon père », a dé­cla­ré ce­lui qui a fait toute sa sco­la­ri­té à Gien et qui est ti­tu­laire d’un mas­ter en droit.

Mais pour la psy­cho­logue du pro­cès, Yous­souf au­rait cer­né les fai­blesses de Da­vid et au­rait ten­té d’en ti­rer pro­fit… Jus­qu’à l’acte fa­tal.

Pour fi­nir, après quatre jours de pro­cès, la cour a condam­né Da­vid Vi­san à 20 ans de ré­clu­sion, re­con­nais­sant ain­si l’al­té­ra­tion du dis­cer­ne­ment. Quant à Yous­souf Bar­ro, il a été re­con­nu cou­pable de com­pli­ci­té de meurtre et s’est vu in­fli­ger une peine de 18 ans de pri­son. Ils avaient dix jours pour faire ap­pel de ce ju­ge­ment.

Un man­dat cash de 67.000 eu­ros

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