Vic­to­rien vin­tage

VIVRE EN FA­MILLE SANS SE GÊ­NER. AVOIR CHA­CUN SON ÉTAGE SANS SE CROI­SER. ET SE RE­TROU­VER TOUS À TABLE POUR ÉCHAN­GER ET S’AI­MER. VOI­CI L’ES­PACE DE VIE (TRÈS) RÉUS­SI DE MAI­RED.

Le Journal de la Maison - - Reportage -

Queen’s Park, c’est un peu le Am­ster­dam de Londres. Un pou­mon de ver­dure qui s’étire au bord de l’eau où quelques pri­vi­lé­giés ha­bitent de jo­lies mai­sons vic­to­riennes. De l’ex­té­rieur, elles se res­semblent toutes. Quoique. Nous avons pous­sé la porte de Mai­red, mère de trois gar­çons. Ce­la fait sept ans qu’elle ha­bite ce quar­tier ré­si­den­tiel du nord-ouest lon­do­nien. « Le rêve », dit-elle. Lors de son ac­qui­si­tion, la mai­son était dans un état épou­van­table avec onze pe­tites chambres vé­tustes. Mais le po­ten­tiel était là. Le chal­lenge ex­ci­tant. Mai­red re­pense les vo­lumes. Elle ima­gine de grandes pièces ou­vertes pour éclai­rer l’en­semble. Et tra­vaille sur les plans de la mai­son avant de se prendre au jeu de la ré­no­va­tion. Avec Phil, son com­pa­gnon, ils dé­cident de se pas­ser d’ar­chi­tecte. Un maître d’oeuvre ser­vi­ra de mur por­teur à leur pro­jet, un peu fou. Cô­té rue, l’ex­té­rieur de la mai­son a gar­dé ses belles briques rouges qui contrasten­t avec les en­ca­dre­ments blancs des fe­nêtres à guillo­tine. Quelques trans­for­ma­tions ont été né­ces­saires. Dans le toit, une ou­ver­ture en pointe est per­cée pour éclai­rer la suite pa­ren­tale au deuxième étage. Cô­té jar­din, la mai­son mord sur l’ex­té­rieur avec une vé­ran­da contem­po­raine pour ga­gner des mètres car­rés et im­plan­ter une belle cui­sine à vivre, ou­verte sur la pe­louse. Foot, hand­ball… Les gar­çons res­pirent. Mai­red aus­si.

Des es­paces ou­verts

À l’in­té­rieur, l’en­trée tout en lon­gueur, ca­rac­té­ris­tique du XIXe siècle, ac­cueille le vi­si­teur. À gauche, un sa­lon in­time, dé­vo­lu à la mu­sique. À droite, une grande pièce ou­verte di­vi­sée en trois es­paces de vie : le sa­lon avec une salle à man­ger et une im­mense cui­sine ou­verte sur une zone re­pas. C’est la pièce pré­fé­rée de Mai­red : « Quand vous avez quatre hommes à la mai­son avec leurs co­pains, c’est for­mi­dable de pou­voir cui­si­ner tout en dis­cu­tant au mi­lieu de tous ! » L’amé­na­ge­ment fonc­tionne à mer­veille. Cô­té dé­co, les murs du rez-de­chaus­sée sont en gris perle dé­li­cat, his­toire de mettre en va­leur le mo­bi­lier du sa­lon où s’ex­posent, sur des ta­pis ma­ro­cains chi­nés, des pièces de de­si­gners cultes du XXe siècle comme Saa­ri­nen ou No­gu­chi. « Je me suis ins­pi­rée de la dé­co­ra­trice Ilse Craw­ford qui mé­lange si bien des élé­ments so­phis­ti­qués avec de la soie au coeur d’in­té­rieurs mo­dernes », re­con­naît Mai­red. À l’image de la grande sty­liste, elle est par­ve­nue à créer un uni­vers bien à elle et sou­ligne d’un trait har­mo­nieux le fil dé­co de son re­fuge familial. Cet heu­reux ma­riage des styles épouse aus­si la chambre des pa­rents, pen­sée comme un loft au pre­mier étage. L’an­cien grenier est amé­na­gé avec plu­sieurs es­paces dé­diés au re­pos. La par­tie chambre se pro­longe par un pe­tit sa­lon si­tué près de la bai­gnoire avec un dres­sing ou­vert sur un pa­lier vi­tré. Le se­cond étage est ré­ser­vé aux gar­çons, Ga­briel, En­nis et Lor­can. Comme eux, il res­pire la jeu­nesse sous l’ef­fet de tex­tiles co­lo­rés et de pa­piers peints gra­phiques. Des es­paces « spé­cial ados ». Il y a même un Ba­by­foot dans l’une des pièces. Le pied pour faire ses pre­miers pas d’adulte loin des pa­rents qui ja­mais ne montent à l’étage des en­fants. En­fin, presque.

Il fal­lait oser.

À l’étage, mix sen­suel de cuir et de ve­lours sur le vieux fau­teuil club. Fon­du dans le dé­cor gris vert, l’es­pace bain douche est aus­si sobre que vo­lup­tueux.

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