Le Journal de la Maison

Le génie de la lampe

Il fonde Arteluce à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Et réinvente l'éclairage domestique. Le designer Gino Sarfatti vibrait pour la « 548 », sa lampe de table. L’éditeur italien Flos la rallume. Rien que pour nos yeux.

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Son créateur Gino Sarfatti (1912-1985) est considéré comme le plus grand designer italien de la lumière. Vénitien, issu d'une famille aisée, il était destiné à une prometteus­e carrière d’ingénieur. Mais la ruine de son père l'oblige à interrompr­e ses études. En 1939, Gino rebondit et crée la maison d’édition de luminaires Arteluce, à Milan. Ici sont fabriqués plus de 600 modèles originaux. Le créateur repense les typologies traditionn­elles des luminaires et planche sur l'invention de fonctions innovantes. Il remporte en 1954 le grand prix de la Xe Triennale de Milan pour un modèle de lampadaire tubulaire futuriste. Plus tard, il sera de nouveau récompensé pour la « 559 » et recevra le Compasso d’Oro (le Compas d’Or), la plus haute distinctio­n italienne du design. À l’époque, c'est aussi le seul designer italien à oser explorer les possibilit­és du Plexiglas pour donner corps à ses créations. Dans les années 70, il dessine la première lampe de table halogène. En 1973, il vend Arteluce à l'éditeur italien Flos. Et quitte la scène du design. Son nom Tous ses luminaires sont référencés par des numéros. La « 548 » était sa plus grande fierté. Gino a travaillé toute sa vie sur l’idée véhiculée par ce modèle. En 1984, lors d'une interview, il confiait : « Avec cette lampe, j'ai une lumière et un écran pour obtenir un éclairage réfléchi. Pour créer une source de lumière directe, je tourne le réflecteur. J’avais cette lampe chez Arteluce. J’ai fini ma vie avec. » Ses secrets Dans sa version rééditée, la forme d’origine de la lampe « 548 » est respectée mais dotée de la dernière technologi­e Led. Dans les années 50, le luminaire est coiffé d’une ampoule incandesce­nte E27 opale de 100 watts. Aujourd’hui, c'est un Led de 15 watts qui éclaire le tout. Sa lumière réfléchie est toujours diffusée par un projecteur orientable fixé sur une tige tubulaire. Une épaisse barre fait office de contrepoid­s. L’ancien bouton-poussoir a été remplacé par un interrupte­ur optique avec variateur. Un dissipateu­r thermique a été rajouté. Des années après, la ligne graphique de cette drôle de lampe conserve toute sa fraîcheur. Comme un

booster de lumière.

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en alu. Fixée sur un tube en laiton poli ou bruni. Diffuseur en méthacryla­te blanc, bleu ou orange. Barre de contrepoid­s en laiton. À partir de 1 104 €. Création Gino Sarfatti, 1951, éditée par Flos, collection Re-Lighting.
Lampe « 548 », en alu. Fixée sur un tube en laiton poli ou bruni. Diffuseur en méthacryla­te blanc, bleu ou orange. Barre de contrepoid­s en laiton. À partir de 1 104 €. Création Gino Sarfatti, 1951, éditée par Flos, collection Re-Lighting.

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