Creu­sé dans la pierre, un de­mi-cercle vi­tré in­vite le jar­din à table. Au me­nu, vue sa­vou­reuse et lu­mière na­tu­relle.

Le Journal de la Maison - - Reportage -

Entre vivre à Pa­ris ou à la cam­pagne, le match s’est joué sans états d’âme. Vic­toire pour Char­roux, ci­té mé­dié­vale au­ver­gnate clas­sée Plus beaux vil­lages de France. Pour Ré­mi Har­rel, an­cien ar­bitre de foot­ball in­ter­na­tio­nal, la dé­ci­sion a été vite prise. « Lors d’un déplacemen­t pro­fes­sion­nel dans la ré­gion, j’ai dé­cou­vert ce vil­lage, en hiver. La lu­mière du petit ma­tin éclai­rait les vieilles mai­sons en pierres blanches join­toyées à la chaux. Char­roux m’a ou­vert ses bras ! » ra­conte Ré­mi, ému. C’est le coup de foudre. Bye-bye Pa­ris. Il rac­croche son sif­flet et ses cram­pons, prêt à dé­mar­rer une nouvelle vie au coeur du Bour­bon­nais. Avec l’aide de son fils Au­ré­lien, ar­chi­tecte d’in­té­rieur char­gé de l’amé­na­ge­ment, il res­taure une vieille de­meure bour­geoise da­tant de 1804. Ré­mi pose ses va­lises et trans­forme cette mai­son en chambres d’hôtes sous le nom Les Tem­pliers. « Dans cet écrin de pierres, les ma­té­riaux nobles d’ori­gine ont été conser­vés. Les poutres et vo­liges, les par­quets de plus de 200 ans, l’es­ca­lier en chêne qui pro­vient des hos­pices de Gan­nat étaient une ex­cel­lente base de dé­part », pré­cise Au­ré­lien. L’agence ACA Ar­chi­tectes, si­tuée à Cler­mont-Fer­rand, su­per­vise le chan­tier co­los­sal qui du­re­ra deux ans. Re­struc­tu­rer les vo­lumes, per­cer de larges ou­ver­tures en rezde- jar­din, créer des lu­carnes bour­bon­naises sous les toits, ty­piques de l’ar­chi­tec­ture ré­gio­nale, amé­na­ger un jar­din pay­sa­ger… La bâ­tisse est en­tiè­re­ment ré­no­vée. Au rez-de-chaus­sée, les cloi­sons ont été abat­tues. Une belle pièce à vivre à la cir­cu­la­tion fluide réunit la cuisine et la salle à man­ger. Cô­té dé­co, l’es­prit scan­di­nave pose sa touche de so­brié­té et de dou­ceur. Au­tour d’un jeu de tables car­rées aux lignes épu­rées, des chaises conjuguent blan­cheur et bois clair, en har­mo­nie avec le par­quet en chêne mas­sif. La grande baie vitrée en de­mi-cercle per­met de pro­fi­ter plei­ne­ment de la vue sur le jar­din.

Nids d’amour sous les toits

Un es­ca­lier en chêne brut, dont le garde- corps ou­vra­gé et chi­né dans une bro­cante à Saint- Pour­çain semble avoir tou­jours été là, mène vers les trois chambres du pre­mier étage. Plus haut, sous la char­pente à vo­liges, le pi­geon­nier au charme vin­tage dé­voile un nid douillet et spa­cieux. De confor­tables cous­sins gris comme des galets, des sus­pen­sions fa­çon ori­ga­mi et de larges ca­na­pés des­sinent une chambre insolite, pleine de poé­sie. « Un cadre idyl­lique pour ren­con­trer la femme de sa vie », sou­rit Ré­mi. Sous les combles, la suite est une vraie prouesse ar­chi­tec­tu­rale ! De chaque cô­té du lit, deux es­trades re­cou­vertes de vieux car­reaux de ci­ment mettent en scène une bai­gnoire en îlot ul­tra­de­si­gn d’un cô­té, et un plan vasque aux lignes épu­rées de l’autre. La salle de bains, ou­verte et mo­derne, contraste avec le bois brut du plan­cher et de la vieille char­pente. Dans ce havre de paix, Ré­mi a trou­vé son nou­veau terrain de jeu. Ici, les règles sont fixées par la na­ture et se sa­vourent au fil des sai­sons.

Am­biance apai­sante dans la salle à man­ger blanche. Toute en sim­pli­ci­té, une sé­rie de tables car­rées s’aligne pour per­mettre les grandes réunions. L’heure est à la convi­via­li­té. Chaises, Hay. Tables, Billia­ni. As­siettes, Ve­ga. Set, Le Jac­quard Fran­çais....

La cuisine aux lignes épu­rées adopte les co­lo­ris grège (Darty). Au sol, des dalles en ar­doise marquent la fron­tière avec la salle à man­ger. Hotte, Ro­blin.

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