Des ré­si­neux sans coupe à blanc

Syl­vain Ma­thieu n’est pas op­po­sé au ré­si­neux. Pour lui, la so­lu­tion est de cou­per les dou­glas après 60 ans (au lieu de 40) et de li­mi­ter les coupes à blanc.

Le Journal du Centre - - Face À La Rédaction -

Le fu­tur contrat ré­gio­nal fo­rêt­bois pré­co­nise une aug­men­ta­tion de la pro­duc­tion de 250.000 m3 par an de bois d’oeuvre pour le ré­si­neux. « C’est moins que le pre­mier ob­jec­tif fixé par l’État », rap­pelle Syl­vain Ma­thieu, « mais on pour­rait sor­tir plus sans dé­ca­pi­ta­li­ser. Il y a un tel vo­lume (de dou­glas de 40 ans) ».

Ce dou­glas cou­pé à l’âge de 40 ans et les coupes à blanc sym­bo­lisent l’en­ré­si­ne­ment et l’in­dus­tria­li­sa­tion de la fo­rêt mor­van­delle. « Un pro­prié­taire fo­res­tier est maître chez lui. Rien ne lui in­ter­dit de faire du dou­glas de 40 ans et des coupes à blanc. De­puis quinze ans, avec la charte fo­res­tière, on es­saie d’in­flé­chir cette ten­dance. Il y a eu des pro­grès. On es­saie d’en­cou­ra­ger les fu­taies ir­ré­gu­lières. »

« On est à la croi­sée des che­mins », ad­met­il. Face une syl­vi­cul­ture « in­ten­sive », il dé­fend « une syl­vi­cul­ture al­ter­na­tive, avec un al­lon­ge­ment de la du­rée de ro­ta­tion de vingt ans des dou­glas. Si on ral­longe de vingt ans, ça change tout. C’est le point d’équi­libre de la ges­tion du­rable des sols. »

Vieillir les dou­glas

« Faire du vieux dou­glas mais aus­si des éclair­cies fortes. On ra­mène de la lu­mière au sol et de la bio­di­ver­si­té. Si on est pa­tient, la na­ture re­prend ses droits sous les vieux peu­ple­ments de ré­si­neux. »

« Pré­co­ni­ser cette syl­vi­cul­ture­là, c’est in­fer­nal », convient­il. Lui dit « oui aux ré­si­neux, mais avec une syl­vi­cul­ture sans cou­ pe à blanc. » Ja­mais l’État n’a cher­ché à li­mi­ter les coupes à blanc. Même Fran­çois Mit­ter­rand qui s’in­quié­tait de l’en­ré­si­ne­ment de la fo­rêt mor­van­delle. Pour y par­ve­nir, Syl­vain Ma­thieu veut faire « abais­ser le seuil d’au­to­ri­sa­tion pour ef­fec­tuer une coupe à blanc (*). C’est dé­jà le cas dans d’autres pays et les coupes à blanc sont in­ter­dites en Suisse. Je sou­haite y ar­ri­ver par le dia­logue. »

(*) Aucune au­to­ri­sa­tion n’est né­ces­saire pour une sur­face com­prise entre 0,5 et 4 hec­tares.

DOU­GLAS. « Si on est pa­tient, la na­ture re­prend ses droits sous les vieux peu­ple­ments de ré­si­neux. »

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