Par­tis en guerre contre la gendarmerie

Les gen­darmes de Luzy contrôlent, le 1er mars, une conduc­trice cir­cu­lant dans une voi­ture non as­su­rée. Elle re­con­naît l’in­frac­tion et ac­cepte de les suivre à la bri­gade. Un peu plus tard, voi­là que dé­boulent le ma­ri et le fils de la dame, bien éner­vés.

Le Journal du Centre - - Faits Divers - Ber­trand Yver­nault

La fa­mille a sou­vent maille à par­tir avec les forces de l’ordre. Une grande ten­sion s’ins­talle à nou­veau. Les vi­si­teurs exigent l’aban­don des pour­suites.

« Un car­ton plein »

Un gen­darme vient alors en aide à la col­lègue qui s’oc­cupe de l’ac­cueil. Clé­ment, le fils de 20 ans, ne sup­porte pas qu’il se joigne à la conver­sa­tion.

« Vio­lences ver­bales, vio­lences phy­siques, me­naces, ou­trages, c’est ce qu’on ap­pelle un car­ton plein », énu­mère Alexa Car­pen­tier, pro­cu­reur au pro­cès du jeune homme, ven­dre­di, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel. Le pré­ve­nu s’est cal­mé, ce jour­là, seule­ment à la vue d’un ta­ser bran­di par les mi­li­taires.

« Il ap­par­tient à une fa­ mille qui a fait l’ob­jet d’af­faires an­té­rieures », re­late Alexa Car­pen­tier. « Ils vivent de fa­çon mar­gi­nale et iso­lée et voient l’in­ter­ven­tion de la gendarmerie comme celle d’un enne­ mi. » La pro­cu­reur fé­li­cite la vic­time d’avoir « su res­ter maître de ses nerfs » lors des faits. Et re­grette l’ab­sence de Clé­ment à la barre. « L’au­dience peut avoir une por­tée pé­da­go­gique pour peu que la per­sonne se donne la peine de ve­nir. »

Un clan vi­vant en marge et dans l’iso­le­ment

Clé­ment est con­dam­né à quatre mois de pri­son avec sur­sis et une mise à l’épreuve de dix­huit mois com­pre­nant une obli­ga­tion de soins et de tra­vail, « pour l’ex­traire un peu d’une fa­mille qui fonc­tionne en cir­cuit clos », comme l’a pré­co­ni­sé le par­quet. ■

ARME. Le pré­ve­nu ne s’est cal­mé qu’à la vue d’un ta­ser. PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION DA­NIEL GOBEROT

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