Nom­breuses dif­fi­cul­tés, forte at­tente

Dans le cadre de la ré­no­va­tion du sys­tème de san­té, lan­cée par le gou­ver­ne­ment en 2016, la san­té men­tale n’est pas ou­bliée. Chaque dé­par­te­ment doit éla­bo­rer son pro­jet ter­ri­to­rial de san­té men­tal (PTSM). Dans la Nièvre, l’at­tente est d’au­tant plus grande

Le Journal du Centre - - Actualité - Pierre Des­trade pierre.des­trade@cen­tre­france.com

«La liste est longue », lance la char­gée de mis­sion de l’agence ré­gio­nale de san­té Ma­rie­Laure Le­cat, en pré­am­bule du diagnostic ter­ri­to­rial en san­té men­tale dans la Nièvre.

De­vant la qua­ran­taine d’ac­teurs ni­ver­nais de la san­té men­tale, ras­sem­blés mer­cre­di, à l’Ag­glo­mé­ra­tion de Ne­vers, Ma­rieLaure Le­cat a énu­mé­ré toutes les dif­fi­cul­tés re­le­vées de­puis qu’ils tra­vaillent à l’éla­bo­ra­tion du pro­jet ter­ri­to­rial de san­té men­tale (voir ci­contre).

Ce pro­jet ter­ri­to­rial de san­té men­tale doit amé­lio­rer la prise en charge sa­ni­taire, la co­or­di­na­tion des dif­fé­rents ac­teurs et l’ac­com­pa­gne­ment so­cial ou mé­di­co­so­cial des per­sonnes souf­frant de troubles psy­chiques. « L’idée est d’en­ga­ger ra­pi­de­ment des me­sures cor­rec­tives », ex­plique Ré­gis Din­daud dé­lé­gué dé­par­te­men­tal de l’ARS qui pré­side la séance. Dès sep­tembre et dé­but 2019 pour les plus ur­gentes.

Dé­fi­cit en mé­de­cins et en psy­chiatres

Si l’ini­tia­tive est sans pré­cé­dent, et très bien re­çue par les professionnels ni­ver­nais, le chan­tier est donc grand. D’où une at­tente à la hauteur des am­bi­tions du pro­jet : « L’écrire c’est bien, mais on l’at­tend dans la ré­ali­ té », pré­vient Lau­rence Car­lier, pé­do­psy­chiatre au centre hos­pi­ta­lier de Ne­vers.

Et con­crè­te­ment, par­mi les fai­blisses poin­tées, la prin­ci­pale reste la dif­fi­cul­té d’ac­cès aux soins de 1er et 2e re­cours. « Il y a un dé­fi­cit en in­ternes, en mé­de­cins gé­né­ra­listes et en psy­chiatres dans le dé­par­te­ment », ex­plique Ni­cole Vaillant, co­pi­lote du PTSM et pé­do­psy­chiatre à la Mai­son des Ados. « Dans un fu­tur proche, le nombre de mé­de­cins gé­né­ra­listes di­mi­nue­ra de 35 %… alors que nous sommes dé­jà en dé­fi­cit de 30 % », pré­cise le doc­teur Laurent Chau­vront.

Mieux cou­vrir le ter­ri­toire, en­jeu fort

L’autre en­jeu dé­fen­du par les ac­teurs ni­ver­nais est de mieux cou­vrir l’en­semble du ter­ri­toire ni­ver­nais, en ce qui concerne la dé­tec­tion et la prise en charge des per­sonnes souf­frant de troubles psy­chiques. Qu’ils soient jeunes, adultes ou per­sonnes âgées. « On sait faire à Ne­vers mais pas au­de­là. Que fait­on à Cla­me­cy ? Dans le Mor­van ? On a des ré­ponses bien sûr. Mais ce n’est pas suf­fi­sant », s’in­quiète Ni­cole Vaillant. Pour ré­pondre à cette pro­blé­ma­tique, une des orien­ta­tions à réa­li­ser à court terme pro­pose de ren­for­cer les équipes mo­biles dans la Nièvre.

« Des fi­nan­ce­ments par­ti­cu­liers »

Ce qui sou­lève in­évi­ta­ble­ment la ques­tion des fi­nan­ce­ments. « La Nièvre, dans sa spé­ci­fi­ci­té, bé­né­fi­cie­ra de fi­nan­ce­ments par­ti­cu­liers dans le cadre du pro­jet mé­di­cal par­ta­gé », es­saie de ras­su­rer le dé­lé­gué dé­par­te­men­tal de l’ARS. Mais pas de ré­ponse claire quant à des moyens sup­plé­men­taires, s’en re­met­tant plu­tôt à un « en­jeu dans la co­or­di­na­tion » des ac­teurs sur le ter­rain, et sur « la prio­ri­sa­tion (sic) des ac­tions ».

Ac­tions qui doivent res­ter spé­ci­fiques à la Nièvre, sou­ligne Ni­cole Vaillant : « On a l’im­pres­sion que tout est pos­sible de­puis Di­jon. Mais nous n’avons pas les mêmes pro­blé­ma­tiques sur chaque dé­par­te­ment ». ■

PHO­TO DA­NIEL GOBEROT

REN­FORT. La Mai­son des Ados dis­pose d’une équipe mo­bile. Une des ac­tions prio­ri­taires du fu­tur pro­jet ter­ri­to­rial de san­té men­tale se­ra de dé­ve­lop­per ces dis­po­si­tifs pour ré­pondre aux dif­fi­cul­tés d’ac­cès aux soins, et re­pé­rer, prendre en charge les per­sonnes souf­frant de troubles psy­chiques.

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