La fo­rêt, ce n’est pas que le bois...

Les fonc­tions éco­lo­gique et so­ciale ont plus de va­leur mar­chande que la pro­duc­tion de bois. C’est vrai dans la fo­rêt mor­van­delle comme ailleurs. Mais la prio­ri­té est de pro­duire du bois.

Le Journal du Centre - - Face À La Rédaction -

S’ap­puyant sur les chiffres d’une étude du WWF (*), Syl­vain Ma­thieu es­time « que le bois re­pré­sente en­vi­ron 30 % » de la va­leur d’une fo­rêt. Une étude sur la fo­rêt du Mas­sif cen­tral ra­me­nait cette part du bois à 10 %. « Le reste, ce sont les va­leurs éco­lo­giques et so­ciales. »

Dans le Mor­van, « les fonc­tions éco­no­mique, éco­lo­gique et so­ciale sont éle­vées », sou­ligne­t­il. « On n’est pas dans les Landes (où l’éco­no­mique prime). Le but est de con­ci­lier ces trois en­jeux, de trou­ver un point d’équi­libre. »

Toute la dif­fi­cul­té est de prendre en compte les amé­ni­tés (les ser­vices ren­dus gra­tui­te­ment à l’homme et à son en­vi­ron­ne­ment) dans la ges­tion de la fo­rêt. Le bois et la chasse, dans une moindre me­sure, sont ré­mu­né­ra­teurs. Le rôle des fo­rêts dans la lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique ne l’est pas : en France, ce sont plus de 70 mil­lions de tonnes de CO2 qui sont cap­tées chaque an­née. Gra­tui­te­ment !

« On ne va pas payer pour avoir le droit de res­pi­rer et créer une rente », tranche Syl­vain Ma­thieu.

Le ré­si­neux « éco­lo-com­pa­tibles »

La pré­ser­va­tion de la bio­di­ver­si­té et des pay­sages ne l’est pas da­van­tage. SOS Fo­rêt Bour­gogne es­time que le fu­tur contrat ré­gio­nal fo­rêt­bois (20182028) n’est pas en co­hé­rence avec les po­li­tiques de pré­ser­va­tion de la bio­di­ver­si­té et n’in­tègre pas l’ur­gence cli­ma­tique : « Les ré­si­neux sé­questrent beau­coup de CO2. Faire des ré­si­neux ne va pas à l’en­contre des ar­gu­ments éco­lo­giques », ré­torque Syl­vain Ma­thieu. « Il ne faut pas at­tendre que ce contrat stoppe l’en­ré­si­ne­ment. »

Il veut « mettre en place un ou­til de maî­trise et de pré­ser­va­tion des pay­sages (ci­contre) et prône « une syl­vi­cul­ture proche de la na­ture où on a l’im­pres­sion qu’il n’y a ja­mais de ré­colte de bois ». Mais il n’a pas les moyens de l’im­po­ser. ■

(*) Fonds mon­dial pour la na­ture

AMÉ­NI­TÉS. « On ne va pas payer pour avoir le droit de res­pi­rer et créer une rente. »

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