Hu­bert Bi­tault a in­ves­ti dans un pou­lailler mo­bile pour poules pon­deuses

Il se dé­place comme une re­morque. À l’ex­té­rieur, les poules gam­badent et mangent à leur guise, dans un en­clos sé­cu­ri­sé.

Le Journal du Centre - - La Une - De­nis Chau­me­reuil

Le concept est original. Un pou­lailler mo­bile pour poules pon­deuses, créé par une so­cié­té al­le­mande, a convain­cu Hu­bert Bi­tault, agri­cul­teur à Oulon. Il en a ache­té un l’an­née der­nière et le fait tour­ner sur ses terres.

Près de 250 poules pon­deuses qui gam­badent et se nour­rissent en pleine na­ture, dans un en­clos, à deux pas de leur pou­lailler mo­bile. Telle est l’ins­tal­la­tion complémentaire qu’Hu­bert Bi­tault a mise en place sur son ex­ploi­ta­tion agri­cole il y a un an. « C’est lors de va­cances en Suisse que j’ai dé­cou­vert ce type d’éle­vage de poules », ex­plique­t­il. « J’ai dis­cu­té avec le pro­prié­taire et j’ap­prends que le créa­teur de ce pou­lailler mo­bile, qui est lui­même agri­cul­teur, est al­le­mand. Le construc­teur est im­plan­té dans ce pays, à Hanovre. J’ai ré­flé­chi et dé­ci­dé d’in­ves­tir dans cet équi­pe­ment. » Il a bap­ti­sé cette ac­ti­vi­té L’oeuf qui roule.

Les avan­tages du pou­lailler mo­bile sont mul­tiples. « La poule est crain­tive par na­ture. Elle ne s’éloigne donc pas de son abri pour pou­voir s’y ré­fu­gier en cas de bruit ou d’in­tem­pé­ries », ex­plique Hu­bert Bi­tault. « Cette ins­tal­la­tion mo­bile est tou­jours très proche d’elles. » De sur­croît, c’est éga­le­ment un avan­tage sa­ni­taire pour les gal­li­na­cés. Le fait de dé­pla­cer ré­gu­liè­re­ment le pou­lailler, tous les douze jours l’hi­ver, as­sure aux poules de l’herbe fraîche riche en omé­ga 3, des in­sectes et autres vers, car elles ne res­tent pas en per­ma­nence sur un sol dont la vé­gé­ta­tion, à force de pi­co­rer et grat­ter, se fait de plus en plus rare. En plus, ces chan­ge­ments ré­gu­liers rompent le cycle pa­ra­si­taire des poules. Des pa­ra­sites dont les oeufs meurent dans le sol avant d’avoir été in­gé­rés par les vo­lailles.

Si les poules mangent des in­sectes, des vers et autres vé­gé­taux, elles ont éga­le­ment be­soin d’in­gé­rer autre chose pour la co­quille de leurs oeufs. Là en­core, Hu­bert Bi­tault a trou­vé une solution : « Ré­gu­liè­re­ment, un client m’ap­porte des co­quilles d’huîtres. On les étale sur la route et on passe des­sus avec un trac­teur pour les écra­ser. En­suite, on dis­perse le tout dans l’en­clos ». C’est simple, efficace et pas cher. Quant au ra­mas­sage quo­ti­dien de ces oeufs, il ne prend qu’une de­mi­heure.

Com­plé­ment de re­ve­nus

Ce pou­lailler mo­bile, il faut éga­le­ment le net­toyer ré­gu­liè­re­ment des dé­jec­tions des vo­lailles. Pour ce faire, l’équi­pe­ment dis­pose d’un mé­ca­nisme simple et efficace. Ces dé­jec­

tions tombent sur une longue bâche en PVC qui s’en­roule sur un tam­bour. De­puis l’ex­té­rieur, il suf­fit de tour­ner une ma­ni­velle qui en­roule la bâche qui passe sous un ra­cleur. « En 4 mi­nutes, le net­toyage est ter­mi­né. »

La vente des oeufs, sur des mar­chés et di­rec­te­ment dans son ex­ploi­ta­tion, est une réus­site, mais Hu­bert Bi­tault pré­cise : « On ne peut pas vivre de cette seule ac­ti­vi­té. C’est un com­plé­ment de re­ve­nus ». ■

➔ Contact. L’oeuf qui roule, Ferme de Ma­rolles à Oulon. 06.81.49.99.97.

La ro­ta­tion per­met de rompre le cycle pa­ra­si­taire

PHO­TOS JEAN-FRAN­ÇOIS PER­RET

LI­BER­TÉ. Les poules gam­badent à leur guise dans un vaste es­pace clos. De plus, elles entrent et sortent quand bon leur semble du pou­lailler, pour se re­po­ser ou se ré­fu­gier, no­tam­ment en cas d’in­tem­pé­ries.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.