La vie de la mine à La Mac­hine

La ville de La Mac­hine s’est créée tout en­tière au­tour de la mine de char­bon. Et la mine au­tour d’une mac­hine que l’on ve­nait voir de par­tout. Une his­toire pas si an­cienne.

Le Journal du Centre - - La Une - Ch­ris­tine Balle ch­ris­tine.balle@cen­tre­france.com

Da­niel Mi­chel a sa rue. Évi­dem­ment. C’est quand même à lui, in­gé­nieur belge, que l’on doit la construc­tion d’un en­gin dé­jà in­ven­té et im­por­té, à l’ori­gine de la créa­tion du pre­mier puits d’ex­trac­tion du char­bon. Une ex­tra­or­di­naire mac­hine, sorte de ma­nège en bois au­tour du­quel tour­nait un che­val, a ain­si don­né vie à la ré­gion, qui ne comp­tait que des champs. On est en 1689, et cette mine est une belle ré­ponse à Col­bert qui voyait, en Ni­ver­nais, la pré­sence ren­table de char­

bon. Il faut dire que Louis XIV en avait as­sez d’être dé­pen­dant des An­glais pour les be­soins hexa­go­naux en houille.

Créa­tion du ca­bes­tan. Mais quand Da­niel Mi­chel a éla­bo­ré sa tech­nique, son ca­bes­tan, un sys­tème de câbles et de pou­lies per­met­tant de faire des­cendre et re­mon­ter des ton­neaux ap­pe­lés cuf­fats, l’évé­ne­ment fut gi­gan­tesque. Grâce à ce pro­cé­dé, on pou­vait trans­por­ter les hommes, le ma­té­riel et re­mon­ter la terre et l’eau du puits. On pou­vait creu­ser pour ex­traire. De par­tout, on est ve­nu ad­mi­rer “la mac­hine”. Les gens s’ins­cri­vaient pour pou­voir la voir. De par­tout, est ar­ri­vée la fu­ture maind’oeuvre. Les mai­sons se sont construites, la vie s’est or­ga­ni­sée au­tour du ca­bes­tan. La ville de La Mac­hine est née. Une ville qui a comp­té, aux meilleures heures, jus­qu’à 7.000 ha­bi­tants, car tout le monde tra­vaillait à la mine. Des Po­lo­nais et des Chi­nois ont même gon­flé les ef­fec­tifs lors de la Pre­mière Guerre mon­diale.

Construc­tion des ci­tés. Les pre­miers mi­neurs étaient des pay­sans, dé­si­reux de se faire em­bau­cher à la mine pen­dant les mois d’hi­ver. Afin de les gar­der toute l’an­née, les com­pa­gnies ont dû ré­agir.

Pour faire sor­tir dé­fi­ni­ti­ve­ment les gens des cam­pagnes, elles ont ima­gi­né leur en­vi­ron­ne­ment sur place, en fa­vo­ri­sant des condi­tions de vie sé­dui­santes. À com­men­cer par la construc­tion des ci­tés, qui as­su­raient un toit aux mi­neurs et à leur fa­mille. Une pre­mière ci­té, puis une deuxième et en­fin une troi­sième ont été édi­fiées, dont la ci­té Saint­Eu­doxie du nom de l’épouse de M. Schnei­der.

Fer­me­ture de la mine. La mine de La Mac­hine était consi­dé­rée comme une pe­tite mine. Pour­tant, elle a te­nu bon. Dans l’Allier, cer­tains puits, plus pe­tits, ont dis­pa­ru dès la Pre­mière Guerre mon­diale, puis lors de la Se­conde. Celle de La Mac­hine a fer­mé le 31 juillet 1974. Ce n’est pas si loin­tain. La Mac­hine a conti­nué de vivre avec sa mine, grâce aux mi­neurs qui avaient an­ti­ci­pé la fer­me­ture, sau­ve­gar­dant leur ma­té­riel et tous les do­cu­ments en leur pos­ses­sion. Ce sont eux qui eurent, un peu plus tard, l’idée d’un Mu­sée de la Mine. Nous re­vien­drons sur leur tra­vail dans une pro­chaine édi­tion. ■

PHO­TOS COL­LEC­TION MU­SÉE DE LA MINE

MAIN-D’OEUVRE. Au dé­but, les mi­neurs étaient des pay­sans.

NAIS­SANCE. Gra­vure du ca­bes­tan, la mac­hine à l’ori­gine du pre­mier puits d’ex­trac­tion en 1689.

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